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Céréales
Moisson 2007 : la pluie a cassé la baraque

A oublier au plus vite cette moisson 2007. Les espoirs printaniers avec un potentiel prometteur ont été balayés par des épisodes pluvieux à répétition. Le PS (Poids Spécifique) ne s’en est pas remis.

A quelques îlots près, dont on ne sait d’ailleurs pas s’ils seront véritablement battus, la moisson 2007 s’est achevée semaine 33. Année atypique où les machines se sont enfoncées pendant que les cours grimpaient. Une campagne qui laissera des traces dans l’assolement 2007/2008. Le colza risque quelque peu de passer de mode alors que le pois a vraisemblablement définitivement tiré sa révérence. Tour de plaine avec Yves Julien et Willy Patsouris (président et directeur de la coopérative de Creully), Francis Jourdan (directeur de Synergie) et Patrick Beauvois (chef du marché Grandes Cultures chez AGRIAL).Coopérative de Creully A la coopérative de Creully, la moisson s’est achevée vers le 15 août. Le blé a été récolté relativement sec mais il a fallu sécher les 2/3 du colza. Blé. Rendements en retrait de 15 à 30 % par rapport à l’an dernier. Les variétés tardives ont mieux exprimé leur potentiel que les variétés plus précoces récoltées à surmaturité. Les terres profondes, limons hydromorphes, ont été proportionellement plus pénalisées que les terres légères. Le PS moyen tourne autour de 72 avec un bon taux de protéines de l’ordre de 11,8. "On avait un très gros potentiel mais les conditions climatiques ont cassé la baraque", commentent Yves Julien et Willy Patouris. La pression maladie s’est révélée soutenue et l’impasse fusariose s’est payée au prix cher. Orge. "De pas terrible à pas bon du tout avec des PS catastrophiques, 61 contre 67 l’an dernier!". L’orge victime du coup de parapluie de juillet avec des volumes largement à la baisse en 2007. Avoine. Pas bon du tout : "l’avoine ne se plaît pas dans les rizières !" Colza. La culture qui s’en est sans doute le moins mal tirée cette année. Un rendement moyen de 33 q/ha de la même veine que 2006. La question des cours reste cependant posée. Pois. "Epouvantable, on évoque ici ou là des cas à 20 q/ha". C’est la culture la plus proche de terre et qui paie ainsi le plus lourd tribut à l’excès d’humidité. Les surfaces de pois étaient déjà largement en baisse mais elles pourraient quasiment disparaître des assolements 2007/2008.Coopérative AGRIAL "L’année de tous les dangers", résume Patrick Beauvois, chef de marché Grandes Cultures chez AGRIAL. L’excès d’humidité a provoqué une grosse pression maladie. Il ne fallait donc pas bricoler côté protection en 2007. Preuve à l’appui : 37 q/ha d’écart de rendement dans les essais de la coopérative menés à St-Manvieu (14) entre un blé traité et un non-traité. "Les conduites allégées et les impasses fongicides ont coûté cher !" Blé. De 15 à 20 q/ha en moins par rapport à 2006, une année qui n’était déjà pas euphorique. Ce différentiel est plus particulièrement prononcé en terres profondes. Ce ne sont pas les insectes mais les maladies qu’il faut accuser de presque tous les maux avec plus particulièrement une pression rouille brune inégalée depuis des années. Le PS chute de 5 points environ: 72,5 contre 77 l’an dernier. Pas de souci par contre sur le plan du niveau de protéines (11) et des teneurs en mycotoxines. Côté variétés et même si "on peut entendre de tout sur chacune d’elles, les variétés précoces sont assez pénalisées alors que les hybrides s’en sortent mieux" commente Patrick Beauvois. Orge. Moins bien mais pas catastrophique. Les rendements ne reculent que de 5 à 10 q/ha et les PS tournent aux alentours de 61. Ketos et Dolmen confirment le bien qu’on pensait d’elles. Avoine. PS et rendements (45 q/ha de moyenne avec de gros accidents) sont catastrophiques. "L’avoine garde cependant sa place dans certaines situations difficiles (Perche, sud du Calvados...)", tempère Patrick Beauvois. A ne pas condamner trop vite donc ! Colza. Bouleversement du côté des variétés : les premiers de l’an dernier sont les derniers cette année pendant que les hybrides s’en sortent plutôt mieux. Les rendements 2007 sont comparables à 2006 : de l’ordre de 30/31 q/ha avec des écarts de 15 à 45. A noter une énorme pression sclérotinia dans certaines parcelles. Par ailleurs, les conditions de récolte se sont avérées très délicates et il a fallu beaucoup sécher. Pois. Les bonnes surprises de l’an dernier (40 q/ha en limons profonds) ne se sont pas réitérées cette année. "Le pois a souffert dès le départ", explique Patrick Beauvois. 30, 25, voire 15 q/ha en petites terres ! Dur de s’en faire l’avocat cette année. Certains producteurs, pourtant équipés de leur propre moissonneuse-batteuse, ont préféré faire appel à l’ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) pour le battre. Ce qui en dit long sur les conditions de récolte. Le pois a sans doute signé en 2007 son arrêt de mort. Il pourrait être remplacé par du maïs ou de l’orge de printemps.Synergie Moisson finie à 80 % au 15 août. Seules quelques poches correspondant à des parcelles inondées persistaient. Blé. 20 à 25 % en moins par rapport à 2006 avec des petites terres moins pénalisées que les terres profondes. De même, les variétés tardives s’en sortent mieux que les variétés précoces. Les PS oscillent de 68 à 72 avec quelques accidents à 63/65. pas de souci du côté des protéines et de l’hagberg. Toutes les bonnes variétés de l’an dernier ne sont pas là mais satisfecit du côté des hybrides. "Une prime à tous ceux qui ont assuré une bonne protection fongicide", insiste au passage Francis Jourdan. Orge. "Moins catastrophique que le blé". De 70 à 90 avec des PS de 58 à 63. L’Arabie Saoudite a tiré le marché relayée aujourd’hui par la Bretagne pour alimenter ses usines d’aliments du bétail. Colza. Un rendement moyen de 30 q/ha avec des pointes à 42. A l’instar du blé, les variétés hybrides s’en sortent mieux. La comparaison s’arrête cependant là car côté cours, ça ne suit pas. Calculette en main, la marge brute colza par rapport à un blé est hors course. Ce qui risque de peser dans les prochains assolements. Pois. Les belles parcelles de juin qu’on pensait sortir à 60 affichent des rendements de 35 à 50 q/ha. La sole pois qui a encore diminué de moitié devrait se résumer à la portion congrue l’an prochain. Pour beaucoup, le pois: "c’est fini !"
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