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Moissons tranquilles : Stéphanie et Lucie veillent au grain

Stéphanie et Lucie ont respectivement 21 et 22 ans. Côté moisson, elles ont assuré cet été leur part de battage au sein de l’entreprise Poulain et Nicolle de Reffuvieille (50).

Moisson terminée
Moisson terminée
© TG
Stéphanie a quelque peu rongé son frein cet été. Vacataire à la DDAF, le nez dans les dossiers PAC mais la tête dans les blés, elle a dès sa mission achevée quitté la climatisation de son bureau pour retrouver celle de sa Dominator 108. 150 ha de céréales battus après, rideau sur sa 4e campagne de moisson au sein de l’entreprise Poulain et Nicolle. Une ETA (Entreprise de Travaux Agricoles), membre de l’ARETAR(1), qui n’a pas hésité a confier deux des volants de son parc de 5 moissonneuses-batteuses à la jeune gent féminine. Car Stéphanie n’est pas seule dans cette aventure, Lucie (22 ans) moissonne aussi depuis 2002. Moins têtues mais plus bavardes Stéphanie Boulé et Lucie Fortin ont d’ailleurs le même profil. L’une est du canton de Sourdeval, l’autre de Juvigny. La première est titulaire d’un BTS ACSE, la seconde d’un Bac Pro CGEA (Conduite et Gestion de l’Exploitation Agricole). Chacune son projet d’installation en poche, elles sont toutes deux filles d’agriculteurs dont les parents sont clients de l’ETA Poulain et Nicolle. C’est d’ailleurs là qu’est sans doute née la relation de confiance. Les circonstances ont fait le reste. L’entreprise a besoin de saisonniers pour les moissons et, particularisme, elle travaille en binôme sur chaque machine (voir encadré). Plus facile d’ailleurs avec cette organisation pour un jeune de mettre le pied à l’étrier. Alors pourquoi pas une fille ? Jean-Louis Nicolle et Daniel Poulain, les patrons, n’ont eu aucun état d’âme. Marie-Hélène Bréhier, secrétaire de l’entreprise depuis 21 ans et qui ferraille dur parfois avec la clientèle pour satisfaire au mieux tout le monde, encore moins. Un peu plus de féminité au sein de la Sarl a apporté une touche novatrice. Bien-sûr, quelques boutades de clients, plus surpris en fait que circonspects ou médisants, la première année. "Vous fournissez des copines aux chauffeurs maintenant", a-t-on pu entendre ici ou là. Quelques anecdotes amusantes aussi comme ce client, bières dans le panier et s’apercevant que le chauffeur était une conductrice, est reparti à la ferme pour faire le plein en jus d’orange. Mais sur le fond, pas de différence. Stéphanie et Lucie assurent une même qualité de service et les mêmes prestations que leurs homologues masculins. Yves, chauffeur au sein de l’ETA et 28 campagnes derrière lui, le confirme. Il fait équipe avec Stéphanie : "les filles apprennent plus vite. Elles sont peut-être plus bavardes mais sont aussi moins têtues !" Et quid en cas de panne ? Il suffit de l’éviter tout simplement. Stéphanie et Lucie toilettent, pompe à graisse en mains, leur engin avant chaque chantier. C’est d’ailleurs leur première tâche du jour. Et puis, du côté de l’ETA Poulain et Nicolle, on profite de la morte-saison pour réviser entièrement chaque machine. Les mauvaises surprises ne sont donc qu’accidentelles. Et la mécanique dans tout cela ? Et si le rideau vient de tomber sur cette moisson 2006, Lucie lâche qu’elle aimerait bien tâter de l’ensileuse. Une expérience plus délicate parce qu’il faut à la fois et en permanence surveiller la coupe et la goulotte. Quant à Stéphanie, elle prépare sa charrue. L’an dernier, elle a participé au concours départemental de labour organisé par les JA (Jeunes Agriculteurs) de la Manche. Cette année, elle s’attaque à un drôle de record du monde. Bon vent à Lucie et Stéphanie! Th. Guillemot (1): Association Régionale des Entrepreneurs de Travaux Agricoles et Ruraux Maison des Entreprises BP14 50600 St-Hilaire-du-Harcouët Tél. 02 33 79 33 72Fax. 02 33 79 33 77 Email. alain.hierle@aretar.com Site : www.aretar.com (2): Marie-Hélène Bréhier est par ailleurs présidente de l’ASAVPA(Association des Salariés agricolespour la Vulgarisation et le ProgrèsAgricole) de la Manche et de Basse-Normandie.Dans la Manche, plus de 80 % des agriculteurs font appel à l’ETA En février, les élèves de 1ère annéede BAC PRO Agro-équipement de l’IREO de Condé-sur-Vire (50) ont effectué une enquête pour en savoir plus sur les relations ETA - agriculteurs . Eléments de réponse. De quels moyens les agriculteurs disposent-ils pour effectuer leurs travaux ? - agriculteurs ayant suffisamment de matériels : 20%. - agriculteurs faisant appel à l’ETA : 80,85%. - agriculteurs faisant appel à la CUMA : 65,25%. - agriculteurs faisant appel à l’entraide : 29,07%. - agriculteurs ayant du matériel en copropriété : 1,42%. Le choix des agriculteurs de se diriger vers l’entreprise s’effectue en raison : - du coût d’achat du matériel pour 2/3 d’entre eux. - d’un meilleur suivi de l’exploitation pour la moitié. - du temps libre dégagé pour 28 %. La satisfaction des clients envers les ETA : - 8 personnes sur 10 sont satisfaites des services de leur ETA. Un agriculteur sur deux envisage d’ailleurs de faire davantage appel à l’entreprise, notamment pour les travaux de récolte (78%), pour l’épandage (53%) et pour le semis (45%). - 7% des exploitants attendent des améliorations au niveau des salariés de l’entreprise (en terme de compétences, de polyvalence et de conseils), au niveau du coût du chantier également.La moisson en bînome L’ETA Poulain et Nicolle a fait le choix pour la moisson d’une organisation en binôme. Chacune des 5 moissonneuses-batteuses dispose donc en permanence de deux chauffeurs. Principale raison : la dimension des parcelles dans ce coin de Bocage qui fait que chaque machine reprend la route plusieurs fois dans la journée. Et à chaque déplacement, elle doit être escortée d’où la nécessité d’être deux. Une organisation aussi qui permet aux chauffeurs de se relayer et de respecter au mieux les conditions de travail de chacun des employés tout en veillant à la sécurité des hommes et des femmes. En cas de grande parcelle bie sûr, le convoyeur a la possibilité de rentrer au bercail.
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