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« Mon engagement, un enrichissement »

Les femmes du milieu rural se mobilisent le 15 octobre à Rouen pour échanger sur leur engagement. Une journée où Catherine Guérault, présidente de la commission agricultrice de la FDSEA de la Manche, s’investit. Rencontre.

© SB

Catherine Guérault est agricultrice avant tout. Mais son métier l’a conduite à s’engager, surtout pour défendre la cause des femmes dans le monde agricole. « Une agricultrice m’a entrainée avec elle. C’est comme cela que j’ai poussé une porte par curiosité », se rappelle celle qui est aujourd’hui présidente de la commission des agricultrices de la FDSEA de la Manche, vice-présidente au niveau régional et national. Mais son engagement prenait du sens à condition de le faire pour le métier. « C’est une forme d’épanouissement. Certes, en restant chez soi, on est plus tranquille, mais en participant à un collectif, c’est valorisant. Ce qui me réjouit le plus, c’est de voir toutes ces compétences réunies pour la défense de la profession », reconnaît-elle. Au sein de la FDSEA, elle se retrouve dans les valeurs, tout comme au sein de la Commission nationale des agricultrices (CNA). « Les dossiers sont parfois longs à faire évoluer mais on avance », assure-t-elle.

Se faire remplacer
Catherine Guérault fait allusion au dossier des retraites ou encore à la constitution des Gaec entre époux. Le dernier dossier concerne le congé de maternité pour lequel le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis des avancées, notamment sur le passage de la durée minimum de deux à six semaines. Aujourd’hui, un tiers des agricultrices ne sollicite pas le congé de maternité. Un pourcentage encore trop élevé aux yeux de Catherine Guérault. « On voudrait que toutes les femmes puissent en bénéficier, qu’elles se fassent remplacer. Il en va de la santé de la maman et de l’enfant », note-t-elle, tout en reconnaissant les avancées du gouvernement. D’ailleurs, les agricultrices s’étaient rapprochées de la MSA et du service de remplacement national pour travailler ensemble sur le dossier. Le reste à charge reste trop élevé. « C’est un point négatif », reconnaît-elle. 

Une journée de la femme rurale
Quel que soit le dossier, Catherine Guérault met un point d’honneur comme ses collègues de la CNA à ce que la voix des femmes soit entendue. « C’est très important pour faire avancer les dossiers », précise-t-elle. Cette voix, ou plutôt ces voix seront représentées le 15 octobre prochain à Rouen dans le cadre de la journée internationale de la femme rurale. « Comme la préfète de Région, nous sommes sensibilisées à la cause féminine. Il nous a semblé important de définir un programme en région sur cette thématique de manière à mettre en valeur des femmes de la région, et à sensibiliser les agricultrices à la prise de responsabilités dans les OPA », explique Catherine Guérault, qui ne minimalise pas la voix des hommes « parce qu’ils participent à notre avancée ». Quand un homme est mis à l’honneur, il est de coutume de dire qu’il y a toujours une femme derrière. Pour les femmes qui s’engagent, il en va de même.
Différentes femmes témoigneront lors de l’après-midi du 15 octobre à Rouen. Mais d’ores et déjà Catherine Guérault reconnaît l’ouverture qu’apporte un engagement. « J’ai eu la chance de participer avec l’AFDI (Agriculteurs français et développement international) à un déplacement au Bénin en 2016, afin d’accompagner un groupe de femmes à réfléchir à leur positionnement sur leur métier, et à aller devant les OPA pour démontrer. C’est un véritable enrichissement », conclut-elle.

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