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Municipales l  A St-Mard-de-Réno (61) : Anne-Marie Guérin maintient la flamme communale

Anne-Marie Guérin est maire de Saint-Mard-de-Réno depuis 2008. L’ancienne agricultrice et la secrétaire de mairie se démènent pour conserver un village vivant malgré la baisse inéluctable de population.

© DB

Dans le cœur du Perche, à quelques encablures de Mortagne, Saint-Mard-de-Reno. Le village se niche dans une forêt vallonnée qui lui donne tout son charme. L’église romane Saint-Médard structure un centre bourg qui vient juste de retrouver sa boulangerie. L’autre lieu de vie, c’est indéniablement la mairie, ouverte trois jours par semaine. Une grande salle accueillante où Anne-Marie Guérin, maire de la commune depuis 2008 et candidate en mars, nous accueille. Un café, quelques chocolats et « de la brioche si vous avez encore faim ? » Elle est comme ça la maire de Saint-Mard-de-Réno : aux petits soins. « J’aime beaucoup ma commune, dit-elle simplement, et j’aime les gens ».
Durant notre entretien, elle fait la bise aux administrés qui passent en mairie, s’enthousiasme avec celle qui va bientôt être grand-mère et invite à déjeuner les ouvriers qui enfouissent les réseaux téléphonique et électrique, premier chantier de l’année.

Population en baisse
Ancienne agricultrice en polyculture et élevage laitier, Anne-Marie Guérin ne milite pas spécialement pour la cause agricole, « ce sont des citoyens comme les autres », juge-t-elle. Ses deux adjoints sont anciens agriculteurs, comme elle. Et elle reste très attachée à la section des anciens de la FDSEA. Mais elle n’apprécie pas l’utilisation des phytos ni l’agrandissement des parcelles qui efface les haies. A Saint-Mard-de-Reno, cinq exploitations subsistent. « Il y en avait 74 en 1972 », déplore-t-elle. L’effondrement de la population du village l’inquiète. L’enjeu pour la prochaine mandature : « se maintenir et essayer d’investir encore et encore ».

A distance de Paris
Sur les 440 habitants de la commune, plus de la moitié sont des résidents secondaires, « des Parisiens qui ne s’investissent pas dans la commune, et ça peut se comprendre ». Elle est fière d’avoir accueilli un célèbre comédien à ses vœux début janvier. Il vient de s’installer officiellement à Saint-Mard-de-Réno. « Les maisons ne coûtent pas cher, les Parisiens viennent se reposer le week-end ». Une poignée d’habitants travaille à Paris, mais pas tous les jours parce que le trajet est long, 1h30 aller, et le train le plus proche passe à La Loupe, à vingt minutes en voiture.

Accompagner
Dans la grande salle de la mairie, rénovée durant le mandat d’Anne-Marie Guérin, Cécile Maignan, la secrétaire, arrive. Avec l’agent d’entretien, elle est son bras droit. La maire a été secrétaire de mairie durant vingt-cinq ans, c’est pourquoi « je connais tous les habitants ». Le rôle de Cécile Maignan est bien plus que du secrétariat : « je suis au service des habitants, je prépare les documents pour la demande de carte grise, du permis de construire, je les aide à créer leur identité numérique puisque tout est dématérialisé aujourd’hui ». C’est le cheval de bataille de la maire, « face au numérique, les personnes âgées sont démunies. Certains administrés paniquent à l’idée d’avoir à faire à l’administration, il faut les dorloter, les accompagner ». Anne-Marie Guérin se reconnaît dans ce désarroi, « depuis que tout est dématérialisé, j’ai du mal à faire certaines tâches administratives ». Elle s’en remet à sa secrétaire.
A la mairie, ils sont onze à faire vivre la commune. « Beaucoup de compétences sont parties à la communauté de communes, regrette la maire, mais il nous reste l’entretien du patrimoine, l’aménagement
des trottoirs ». Le plus gros chantier du prochain mandat sera la réfection de la toiture de l‘église pour laquelle elle a trouvé des financements

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