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Biocarburants
Ne pas rater le train du juste retour de la valeur ajoutée

Face aux 3 pétroliers français, la filière biocarburants doit être organisée juge Xavier Beulin, président de la FOP.

Colza. Objectif : 230 euros payés au producteur. On est pas loin d’y arriver.
Colza. Objectif : 230 euros payés au producteur. On est pas loin d’y arriver.
© TG
La section "céréales" de la FDSEA s’est réunie lundi soir. L’occasion d’un point biocarburants avec Xavier Beulin, président de la FOP (Fédération des oléoProtéagineux) et de Sofiproteol. Variable d’ajustement Alors que Thierry Breton, Ministre de l’Economie et des Finances, vient d’annoncer le lancement de "pompes vertes" partout en France, comment les agriculteurs doivent-ils s’organiser pour répondre à cette demande sociétale tout en gardant la main sur la valeur ajoutée ? L’enjeu est de taille puisque les biocarburants devraient représenter 1,5 Mha en 2010, 2 Mha si on y ajoute la chimie verte. "En faisant de la fiscalité la variable d’ajustement en lieu et place de la matière première agricole", répond Xavier Beulin. A ce titre, la FNSEA demandera pour 2007 la reconduction de la fiscalité 2006. Autre élément à prendre en compte : arriver groupés et en ordre de bataille pour faire face aux 3 pétroliers français et au 2 réseaus de grande distribution. "A-t-on la volonté d’assurer la maîtrise d’ouvrage ? De faire en sorte que commercialement, on ait la capacité de parler d’une seule voix et de préparer la seconde génération des biocarburants ?", interroge le patron de la FOP. Une réponse à l’OPG (Organisation des Producteurs de Grains) et à la CR (Coordination Rurale) pour qui "une bonne politique de bioénergie rationnelle et durable passe par les circuits courts qui permettent les meilleurs bilans énergétiques, environnementaux mais aussi économiques" (1). Pour autant, Xavier Beulin ne balaye pas d’un revers de la main les circuits courts. "Le sujet de l’huile végétale brute n’est pas un sujet tabou. On a d’ailleurs obtenu, dans la Loi d’Orientation Agricole, que les agriculteurs puissent utiliser leur propre HVP. De là à vouloir la commercialiser demain autour de soi et auprès du grand public, on va se heurter à un problème technique et fiscal !" Fiscal car Bercy n’attend sans doute que cette occasion pour passer d’une fiscalité réduite à une ficalité à l’Allemande. Et Jean-Pierre Langlois-Bertehlot, responsable de la section céréales, de rappeler "qu’il est toujours facile de vivre en marge d’un secteur à condition que celui-ci existe". Filière longue et circuit organisé Pour ne pas que l’agriculteur redevienne un simple producteur de matière première à qui échappe le développement d’une technologie d’avenir, il faut travailler en filière longue. "On échappera pas à un circuit organisé", martèle Xavier Beulin. Une organisation qui profitera aux éleveurs "en faisant par exemple du stockage de tourteau dans les régions d’élevage. Ce qui permettra de tirer à la baisse le prix de revient des coproduits". Une réponse à la question de Patrice Lepainteur qui s’interroge sur les conséquences d’une pression sur les prix dans les stabulations. "On ne réussira le dossier bioénergies que si on apporte une réponse au végétal et à l’animal", rassure Xavier Beulin. Il faut mettre en place un système équitable entre les lieux de production (Ndlr: zones céréalières) et ceux de consommation (Ndlr: les coproduits en zones d’élevage). Par ailleurs, quand je plaide un avoir fiscal sur les biocarburants, je plaide pour une fiscalité qui va favoriser un meilleur rapport économique et une plus grande compétitivité de la filière élevage". Ne pas opposer l’alimentaire au non alimentaire "En augmentant les surfaces réservées à la production de biocarburants, on oublie la fonction première de l’agriculture qui est de nourrir la population". A cette affirmation de la Coordination Rurale, le vice-président de la FNSEA rétorque "qu’on est pas en train d’affamer la planète". Produire des biocarburants, c’est produire aussi des coproduits transformés pour la plupart indirectement en produits carnés ou laitiers. Quant au poids du non alimentaire en termes de niveaux de prix sur l’alimentaire, force est de constater qu’on bascule d’un marché directeur alimentaire vers le non alimentaire. Parallèlement en oléagineux par exemple, on s’affranchit de plus en plus du marché mondial. "Il y a beaucoup moins de volatilité qu’auparavant"Th. Guillemot (1) : interrogé sur le sujet, Michel Legrand (président de la Chambre d’Agriculture du Calvados et élu sur la liste URDAC Coordination Rurale 14) indique seulement que "toute filière doit être exploitée".
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