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Production laitière
Ne pas tomber en dessous de 2,2 lactations par animal

Le Contrôle Laitier tire la sonnette d’alarme : pas ou peu de stratégie de renouvellement des troupeaux.

Laurent Hédou, “le renouvellement du cheptel coûte cher aux éleveurs”.
Laurent Hédou, “le renouvellement du cheptel coûte cher aux éleveurs”.
© E.C.
Avec deux réunions sur le terrain, le Contrôle Laitier veut tirer la sonnette d’alarme : attention, sans stratégie de renouvellement du troupeau, l’éleveur pénalise son outil. Explications de Laurent Hédou, directeur de production du CL 50. - Pourquoi deux opérations de sensibilisation sur le terrain (Le Ham et Brécey) ? “Le département a un problème évident dans le renouvellement des troupeaux laitier, problème dont les éleveurs sont conscients. 110 d’entre-eux se sont déplacés à nos réunions. Par ailleurs, Vincent Jégou, technicien spécialisé de la Chambre d’Agriculture des Côtes d’Armor, a réalisé, pour la Bretagne, une étude sur le sujet; c’était notre intervenant au Ham et à Brécey. Dans la Manche, les vêlages se déroulent de plus en plus tard avec aujourd’hui un âge moyen de 32,6 mois. Quant au nombre de lactations réalisées par vache, elle se situe à 2,5. Bref, on s’aperçoit que les génisses restent plus longtemps à élever (3 ans) qu’à produire (2,5 ans). Enfin, le taux de mortalité dans les élevages manchois se situe à 12,1%. Imaginons que le nombre de lactations tombe à 2,2 ! Il n’y aura plus assez de génisses pour renouveler le troupeau laitier”. - Comment inverser cette tendance ? “Première interrogation : pourquoi réformer si tôt ? Les explications sont diverses : tout d’abord en raison de la reproduction (20 à 35% des réformes), après vient le problème des mammites/cellules (5 à 25%) puis la production de lait (15 à 25%), le reste des réformes étant lié à la fonctionnalité des animaux. Ensuite, l’on s’aperçoit que les génisses poussent les vaches en production dehors avec à la clé un renouvellement qui coût cher “. - Justement, quel est le coût actuel, moyen, de ce renouvellement ? “ 1050 euros pour du vêlage précoce, 1250 euros par vêlage tardif (au-delà de 32 mois) avec à la clé un coût respectif de 5 et 19 euros aux 1000 litres de lait”. Ce que nous, Contrôle Laitier, préconisons, c’est d’avoir un taux de renouvellement de 4 génisses aux 100 000 litres et surtout de calculer l’impact du renouvellement avec une formule toute simple, l’IER (Indice Économique de Renouvellement) : produit viande moins le coût de production des génisses élevées, divisé par le nombre d’UGB génisses, le tout étant divisé par le litrage “carrière” de la vache moyenne. Si l’IER est positif, cela montre que la gestion du renouvellement est maîtrisé”. - Une formule que l’on peut appliquer à chaque élevage ? “Oui, mais pour bien définir une stratégie, le Contrôle Laitier, par le biais de ses conseillers de terrain doit étudier, au cas par cas, la bonne solution avec l’impact économique dans chaque système”.
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