Négociations commerciales : la FDSEA et les JA de la Manche mettent la pression sur la distribution
Le 6 novembre, les centrales d'achats seront invitées sur une exploitation du Calvados pour jouer franc jeu sur la construction du prix à l'approche des négociations commerciales. Dans la Manche, la FDSEA et les JA ont porté l'invitation en mains propres à Intermarché.
" Mission remplie ", lâche Ludovic Blin, président de la section lait de la FDSEA de la Manche, le 30 octobre à la sortie d'Intermarché à Saint-Lô. Avec quatre autres producteurs, il a remis au responsable de la grande surface une invitation pour une action syndicale le 6 novembre, dans une exploitation du Calvados, en pleine période de négociations commerciales qui débute le 1er novembre. Les syndicats des autres départements normands ont fait de même en ciblant d'autres enseignes. L'objectif est de réunir le plus de distributeurs possible pour jouer franc jeu autour de la table sur le prix accordé à la MPA (matière première agricole). " On souhaite faire appliquer la loi Egalim ", avance Ludovic Blin.
550 €/1 000 l attendus
" On veut de la transparence ", note le responsable syndical, parce que les producteurs de lait sont dans la panade face à l'augmentation des charges (énergie, carburants, fertilisants, aliments), aux sécheresses, au manque de fourrages... " Les trésoreries sont au plus bas. Les réserves de fourrages aussi. Des éleveurs vont être obligés de décapitaliser ", insiste-t-il." Il nous faut un prix du lait prenant en compte nos coûts de production pour que, demain, des jeunes puissent s'installer. Avec un prix qui dépasse à peine les 400 €/1 000 l, les banques ne s'engageront pas ", dénonce Tom Danguy, responsable de la filière laitière chez les Jeunes Agriculteurs de la Manche. C'est sans compter sur les besoins en main-d'œuvre de la profession. " Il nous faut un prix pour embaucher ", ajoute Tom Danguy. Un prix estimé à 550 €/1 000 l.
Une démarche constructive
Or, selon les données du Cniel, le prix moyen du lait toutes qualités confondues est passé de 487 €/1 000 l en 2025 à 439 €/1 000 l en août 2026. Alors, le bras de fer commence par la distribution. " Nous sommes là pour mettre la pression sur le terrain, prévient Ludovic Blin. La démarche est constructive. L'enseigne sera présente à la rencontre des centrales d'achats. Nous allons faire remonter le message ", assure-t-il, tout en pointant du doigt la restauration hors domicile ou encore Lactalis. " Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne ", dénonce-t-il. Du côté des producteurs, l'absence de certains acteurs de la distribution à ce rendez-vous serait perçue comme un signal très négatif à l'aube des négociations commerciales.