Négociations commerciales : les supermarchés boycottent la réunion
Convoqués le 2 novembre à Bercy pour lancer la préparation des négociations annuelles - qui fixent 44 % des ventes en valeur -, les grands distributeurs ont choisi la chaise vide. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD, représentant E. Leclerc, Carrefour ou Intermarché) et Lidl ont fait défection. Pour justifier cette désertion, les enseignes brandissent une étude du cabinet Asterès : 33 multinationales cotées (Coca-Cola, Nestlé, PepsiCo) affichent 13 % de marge nette entre 2017 et 2025, contre 3,5 % pour l'agroalimentaire français, et reversent 101 % de leurs bénéfices aux actionnaires. En ciblant ces géants, la grande distribution se pose en bouclier du pouvoir d'achat (marges nettes comprimées à 0,9 % en 2022, 0,6 % en 2023) - un paravent pour masquer le refus de répercuter les surcoûts subis par les agriculteurs et les transformateurs, alors que la loi Égalim impose une construction des prix " en marchant avant ".
La réaction a été quasi unanime. Dans une déclaration commune du 2 novembre, la FNSEA, l'ANIA (industriels agroalimentaires), La Coopération agricole (70 % de la collecte) et l'Ilec (entreprises de grande consommation) ont souligné l'urgence : " La hausse des coûts de production doit être prise en compte dans les négociations commerciales. À défaut, c'est la chaîne alimentaire et notre capacité à produire en France qui en paieront le prix. "