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Yannick Soubien (vice-président du Conseil régional) et l'après Grenelle
Ni dupe, ni soumis mais diviser par 3 la consommation de produits phytosanitaires

Le Grenelle de l'environnement n'est qu'une première étape. Pour Yannick Soubien, vice-président du Conseil régional de Basse-Normandie, il faut le décliner à l'échelon régional mais aussi et surtout planétaire.

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© DR

Votre jugement sur ce Grenelle de l'environnement. Plutôt du côté de Nicolas Hulot pour un 18/20 ou de celui de Noël Mamère pour qui le compte n'y est pas ?

Je rejoins le second. Pas de calendrier, pas vraiment d'engagements, des intentions certes tout à fait significatives d'une volonté mais quels sont aujourd'hui les moyens en la matière ? Je n'en sais rien ! Je reste très dubitatif : ni dupe, ni soumis. L'alerte écologique est réelle. Il faut se mettre au travail et mesurer toutes les actions qui vont être conduites pour mesurer à quel point elles répondent aux enjeux.

Il a été beaucoup question d'OGM au cours de ces travaux.
Estimez-vous que le dossier a fait un pas en avant ?

Si nous en étions arrivés au stade du moratoire, nous serions sécurisés mais nous n'en sommes qu'au stade du gel. Ce n'est pas la même chose. Il faut un vrai moratoire, une vraie réflexion et que l'on écoute la population plutôt hostile à la culture des OGM. 20 000 ha ont été plantés ces derniers mois en toute illégalité si on se réfère à l'opinion publique ou au droit européen.

Mais la France sur ce dossier des OGM n'est-elle pas entrain de prendre un retard insurmontable notamment vis-à-vis des USA ?

Il ne s'agit pas de retard mais de voir les choses autrement. Un jour viendra où les Etas-Unis feront le constat qu'ils ont pris un temps d'avance qui n'était pas nécessaire. Il leur faudra alors revenir sur leur politique agricole. L'objectif de diviser par deux l'utilisation des pesticides avec un certain nombre de SI est-il de nature à vous rassurer ? J'ai été ravi dans un premier temps de cette annonce. Une vraie révolution dans les pratiques agricoles est nécessaire. , ça s'accompagne bien sûr et ça ne peut pas se passer du jour au lendemain.. On ne peut cependant pas continuer à ne pas se poser la question de la pollution en termes de nappes phréatiques, de pratiques culturales, de consommation d'eau, d'état des sols... Ce n'est pas simple mais incontournablement, il faudra sortir de cette pratique d'utilisation des produits phytosanitaires en particulier dont la France est un des plus gros consommateurs européens. Que l'on vise une utilisation qui revienne au moins à diviser par trois la consommation de produits phytosanitaires et de pesticides.

L'Agriculture Biologique a été l'une des stars de ce Grenelle.
A un moment où la planète manque de lait, manque de céréales à un point tel que le prix du beurre et du pain s'envole, ne fait-on pas fausse route en opposant AB et agriculture conventionnelle ?

Tout est fonction de la conception qu'on a de la PAC. Il faut se poser la question de quelle politique agricole on va conduire et soutenir demain en France. L'agriculture durable, l'agriculture biologique ont un avenir. Il y va de la santé publique et du maintien de l'activité dans les zones rurales et du développement d'une économie locale et non délocalisable. Même si les choses ne peuvent pas changer du jour au lendemain, ayons des messages et des intentions offensives pour que les actions soient à la hauteur. Nous sommes en mesure d'atteindre les 20% d'agriculture biologique à l'horizon 2020.

Ce Grenelle a été hexagonal. On évoque un Grenelle européen. Pourquoi pas un Grenelle normand ?

C'est une bonne question. Les régions doivent se saisir de la sortie de ce Grenelle. Nous devons engager, le Conseil régional en particulier, cette réflexion pour que toutes nos politiques soient passées au prisme de l'exigence d'une diminution par quatre des gazs à effet de serre. Je suis favorable à ce que les régions s'en emparrent. Favorable à ce que nous disposions d'un gouvernement mondial de l'environnement.

Propos recueillis par Th. Guillemot

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