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Coopération
Normandie Bovins : + 8 % d’apports

Avec 28 534 bovins apportés en 2010, Normandie Bovins voit croître son activité de 8,2 %. Début 2011 suivait un même bon rythme de croissance mais la sècheresse perturbe l’offre sans doper le demande.

L’assemblée générale de Normandie Bovins s’est déroulée le 8 juin dernier à Monts-en-Bessin (14). “La situation est en très nette amélioration depuis 2005. On se sort d’une situation difficile”, s’est félicité Rodolphe Leroy. Un jeune président qui n’a pas manqué de souligner les bons choix stratégiques entrepris il y a quelques années par son prédécesseur, Pierre Brohier, et son équipe. Adossée à TERERENA au sein de Ter’Elevage, union de coopératives qui regroupe également ARCO GIBEV (35), GERAG (85) et TELDIS (79), Normandie Bovins a retrouvé des couleurs. “Notre appartenance coopérative nous permet de produire une offre globale, de mutualiser nos moyens et de capter ensemble la valeur ajoutée”, insistent les dirigeants.

Un effet sécheresse
Dans un contexte chahuté par l’augmentation des coûts de production et l’incertitude sur l’évolution des cours, l’activité 2010 de Normandie Bovins s’accroche à la croissance. Plus 2 171 bovins pour un total de 28 534 (16 713 provenant du Calvados, 6 705 de la Manche, 4 313 de l’Orne et 803 de l’Eure) par rapport à 2009. Soit + 8,2 % assurés par 1 105 producteurs .
Le début 2011 affiche un bon rythme de progression avec de grosses semaines pouvant atteindre les 1 600 animaux. Des apports massifs fin mai/début juin qui s’expliquent par un effet sécheresse. On sature parfois en vache à viande et l’offre n’est pas en adéquation avec la demande. “Il faut s’attendre à des soucis du côté de l’appro en JB (Jeune Bovin) à la fin de l’année”, prévient-on du côté de l’encadrement. On peut penser cependant que la pluie, tombée parfois en abondance ces derniers jours,  aura freiné ce qui s’apparente à un “début de décapitalisation".

20 % des abattages à Villers-Bocage (14)
56 % des gros bovins et 59 % des jeunes bovins sont abattus par ELIVIA. ELIVIA est la nouvelle identité de la filière TERRENA  Viande et SOVIBA née en 2010.  Avec 770 Me de chiffre d’affaires, 210 000 t commercialisées et 2 000 salariés, l’entreprise veut s’imposer comme le numéro deux sur le marché français. Elle regroupe 14 sites industriels dont l’abattoir de Villers-Bocage qui voit passer 23,3 % des gros bovins et 21,8 % des jeunes bovins du groupe. Le gros faiseur étant le site du Lion d’Angers (avec respectivement 43,6 % et 47,8 %).
Gérard Cladière, directeur commercial d’ELIVIA, était présent à l’assemblée générale de Normandie Bovins. Cet ancien de chez Bigard a largement évoqué les nouvelles tendances de consommation en viande. “On mange de plus en plus de produits élaborés dont du steack haché”, a-t-il expliqué. Un steak qui perd de l’embonpoint passant en 10 ans de 150 à 80 g. Une façon de faire passer un message aux éleveurs : “faites des carcasses moins lourdes”. Autre message délivré : une confiance affirmée en l’avenir. “Baisse du cheptel laitier en Europe, affaiblissement de la production en Amérique du Sud, hausse de la consommation dans le monde... Il faut s’attendre à un réaffermissement des prix en tendance structurelle”. Avant d’ajouter prudement le risque “d’aléas conjoncturels”. Il a vu juste. Quelques jours après, la bactérie Escherichia Coli s’invitait dans les steaks distribués par Lidl. Un mauvais coup pour la filière viande bovine dans sa globalité.

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