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Coopérative de Creully
Normes environnementales : la qualité en suspens

Sur l’exercice 2012-2013, la coopérative de Creully a collecté 222 000 tonnes. Un nouveau record. Ce résultat permet de proposer une ristourne de 2 % sur les produits phytosanitaires. Soit 610 000 euros redistribués aux adhérents.

© VM

Une collecte de 222 000 tonnes et un résultat net de 1 130 000 €, la coopérative de Creully a affiché des résultats sains, lors de son assemblée générale le 26 novembre dernier. L’entreprise doit ensuite trouver le juste équilibre entre la confortation des fonds propres et la redistribution
vers les adhérents. Cette année, 610 000 euros sont proposés en ristournes. Mais, 520 000 € sont également affectés aux réserves.

Trouver l’équilibre entre redistribution et fonds propres
“Le fait économique marquant du dernier exercice aura été le besoin important de financement à court terme, à l’automne 2012. Sous l’effet combiné de plusieurs paramètres : collecte record, prix élevés, décalage des ventes de céréales à l’export, la coopérative a dû faire appel à des financements extérieurs. Au plus fort des besoins, c’est un encours de 34,5 M€ (soit 14,8 M€ de plus de l’an dernier), qu’il a fallu mobiliser. A titre de comparaison, ce besoin global représente le double de nos fonds propres”, indique le rapport du conseil d’administration. Dans ce contexte, la crise a parfois du bon. La faiblesse des taux de financement s’est révélée salutaire. “Les frais financiers sur cette période ont donc été inférieurs à ceux de l’exercice précédent : 178 k€ contre 204 K€”.

Caliters en sommeil
Fortifiant la vitalité de la coopérative, l’activité agro-fournitures affiche une progression de 14,5 %. Soit un chiffre d’affaires de 30,24 millions d’euros. Le rachat des établissements Née (basés dans la Manche) confirme également cette dynamique. “C’est pour nous une opération réussie qui nous a permis de doubler notre activité aliment du bétail, de la réorganiser et de nous adjoindre de nouvelles compétences”, souligne Yves Julien, président.
Dans ce concert de bonnes notes, la coopérative de Creully doit cependant s’adapter à la conjoncture. C’est le cas avec Caliters, son outil de trituration de tourteaux de colza. Après un bon premier trimestre 2012, la situation s’est de nouveau dégradée.  Les responsables ont donc acté l’arrêt à long terme de Caliters. Depuis le 1er juin et pour une durée d’un an, l’outil reste en pause. “Nous ne voulons pas toucher au prix de la graine de colza qui rémunère l’agriculteur. Tant que nous ne retrouverons pas notre marge, Caliters demeurera en sommeil. L’outil a été construit quand les prix des graines étaient bas et que les cours de l’huile étaient assez forts. Aujourd’hui, nous n’avons pas une taille suffisante pour assurer un équilibre financier”, détaille Stéphane Carel, directeur de la coopérative.

Viser le 11 % de protéines
Outre la conjoncture, la coopérative de Creully observe le débat environnemental. Au cœur des interrogations : “la qualité des céréales avec le droit de les vendre ou non”. Le taux de protéines de la récolte 2011 s’établit à 11,20 %. Un bon résultat, supérieur à 11 %, un critère pour assurer des débouchés à l’export. Les contraintes environnementales ont un impact sur la compétitivité des céréaliers. A ce titre, Yves Julien redoute l’exemple des Danois. “Ils ont interprété et appliqué de manière rigide les recommandations européennes sur les nitrates. Ils doivent aujourd’hui faire machine arrière car leurs blés ne sont plus panifiables et dévalués sur le marché de la nutrition animale”. Dans le Calvados, les aires d’alimentation de captage (AAC) représentent 27 000 hectares. Cette surface pourrait être multipliée par 3. “Et la principale préconisation concerne la limitation de l’azote”, rappellent les représentants de la coopérative. Yves Julien se montre particulièrement incisif sur la gestion du dossier départemental. “Aujourd’hui, je regrette le manque d’engagement des syndicats, tous les syndicats sauf les Jeunes Agriculteurs. Souvent les plus réactifs, ils ont bien compris que ce dossier « qualité de l’eau » est un enjeu majeur pour leur avenir”.

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