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Jean-François Le Meur et Patrick Hichard président et directeur d’Elvup (61)
Elvup : Nous avons toujours été aux côtés des agriculteurs et nous continuons à l’être

Malgré les mesures de confinement, Elvup réussit à maintenir 75 % de son activité en instaurant des règles de sécurité. Point de situation.

© DR

>> Comment Elvup s’est adapté aux mesures de confinement annoncées le 16 mars ?

Jean-François Le Meur : L’annonce du confinement a été soudaine. Nous avons décidé de suspendre les services dès le 17 mars pour analyser la situation et prendre des décisions concernant la poursuite de nos activités. Des pesées avaient été effectuées le 17 mars au soir dans des exploitations laitières, mais nous avons interdit aux agents d’y retourner le lendemain matin. Dans les jours qui ont suivi, les conseillers ont appelé tous les éleveurs chez qui ils interviennent pour évaluer leurs besoins.

Patrick Hichard : Nous avons maintenu 75 % de notre activité tout en respectant et en faisant respecter les barrières de sécurité. Les agriculteurs n’ont pas cessé de travailler, nous ne l’avons pas fait non plus car c’est notre rôle de les aider et de les accompagner à faire des produits de qualité. Nous avons toujours été à leurs côtés et nous continuons à l’être malgré cette période difficile.

 

>> Avez-vous continué d’assurer les contrôles de performances laitières dans les exploitations ?

J-F LM : Nous avons suspendu nos interventions la première semaine du confinement. Nous avons ensuite repris les pesées dans les élevages où les salles de traites permettent de respecter une distanciation physique d’au moins un mètre. Pour les salles de traites les plus étroites, nous proposons aux éleveurs de déposer le matériel nécessaire pour qu’ils réalisent eux-mêmes leurs prélèvements de lait. Nous appelons cela le protocole B. Un tiers des adhérents bénéficiait déjà du protocole B avant le confinement. Evidemment, nous sommes dépendants des laboratoires d’analyses, mais ceux-ci continuent leur activité.

P.H : Certains éleveurs ont refusé que les agents interviennent chez eux et vice-versa. Avant chaque passage en exploitation, les agents téléphonent à l’exploitant pour lui demander d’une part son accord, puis expliquer les modalités de l’intervention, vérifier si le respect des mesures de distanciation sont possibles, et si l’éleveur n’a pas de problèmes de santé particuliers. Si lors du contrôle, l’agent se rend compte que les règles de sécurité ne peuvent être appliquées, il peut décider d’interrompre l’intervention.

 

>> Quels moyens avez-vous mis en place pour assurer la sécurité des agents et des éleveurs ?

J-F LM : Nous avons équipé le personnel de visières et nous avons acheté des masques en tissus fabriqués par une association locale. Notre fédération s’est également procurée et nous a livré des masques chirurgicaux pour pouvoir intervenir chez tous nos adhérents et en toute sécurité. Nous fournirons également des masques aux éleveurs lorsque la distanciation physique sera difficile à garantir. Autrement, nous communiquons et rappelons régulièrement les gestes barrières et les règles de sécurité à respecter.

 

>> Quid de vos autres activités ?

J-F LM : Les rendez-vous dans les espaces confinés sont proscrits. Les interventions chez les éleveurs sont possibles uniquement en extérieur et avec l’accord de l’exploitant. Nous continuons le conseil aux éleveurs, notre cœur de métier, que ce soit à distance ou sur le terrain. Notamment en ce qui concerne la PAC, nous essayons de remplir le maximum de dossiers avant le 15 mai pour ne pas prendre le risque de décaler le paiement des aides européennes.

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