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Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA
Nous devons sortir de la doctrine et du dogmatisme

A l’issue de la présentation du projet de loi de présentation et de programmation du Grenelle de l’Environnement, Pascal Ferey reproche au ministère de l’Ecologie d’être à l’écoute du lobby écologique et de privilégier le retour à l’agriculture d’autrefois sans produits phytosanitaires, sans engrais, sans irrigation, sans OGM…

Autant à la FNSEA, nous nous inscrivons dans le développement durable, avec le souci d’utiliser moins de phytosanitaires, moins d’intrants, si c’est possible ; autant nous sommes favorables à la poursuite des expérimentations pour donner aux agriculteurs de nouveaux moyens de production en matière végétale, comme l’a indiqué la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse ; autant nous aimerions sortir de la doctrine et du dogmatisme qui ...
Autant à la FNSEA, nous nous inscrivons dans le développement durable, avec le souci d’utiliser moins de phytosanitaires, moins d’intrants, si c’est possible ; autant nous sommes favorables à la poursuite des expérimentations pour donner aux agriculteurs de nouveaux moyens de production en matière végétale, comme l’a indiqué la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse ; autant nous aimerions sortir de la doctrine et du dogmatisme qui prévaut actuellement
© E.C.

Quelle est votre première réaction à la dernière communication de Jean-Louis Borloo sur le Grenelle de l’environnement ?
J’éprouve deux sentiments. D’abord, je note un excès de précipitation législatif de la part du ministre d’Etat, Jean-Louis Borloo, avec une loi d’orientation et de programmation  sur le Grenelle de l’environnement et une loi d’application dont nous n’avons pas eu connaissance lors de la dernière réunion du 30 avril. En terme de méthode de travail, cette urgence n’est pas très pertinente car nous devrions prendre le temps de la réflexion pour émettre des avis étayés sur des textes qui engagent l’avenir de l’agriculture française.

Les objectifs du Grenelle ne sont ils pas trop ambitieux ?
Le problème ne se situe pas à ce niveau. Ce qui est en jeu, c’est que certains au ministère de l’Ecologie et dans les associations écologiques n’ont pas intégré que la France appartient à l’Europe et qu’elle ne peut faire cavalier seul en matière phytosanitaire alors que des textes sont en discussion à la Commission de Bruxelles et au Parlement européen. En France, nous devrions attendre ce qui se passe au niveau communautaire plutôt que d’anticiper sous la pression du lobby écologique.

L’application du Grenelle en matière de produits phytosanitaires ne va-t-elle pas conduire à des impasses techniques et financières pour les agriculteurs ?
Le risque bien entendu est de voir des productions disparaître faute de produits de traitement adéquats. Chez moi par exemple, dans la Manche, il n’y aura plus un hectare de carotte, si on continue ainsi. Le Gouvernement sous la pression des lobbies prend le risque d’affamer la France. Ou du moins d’importer massivement des produits alimentaires qui n’auront pas été soumis aux mêmes contraintes que les produits français. Nous avons le sentiment que dans le secteur des phytos, des biocarburants, nous nageons en pleine doctrine comme pour les OGM et que le souci de certains est de faire revenir l’agriculture française au XIXème siècle. Les lobbies sont contre les produits phytosanitaires, contre l’irrigation, contre le maïs, contre les OGM, contre les biocarburants… Bref contre tout.

Précisément, il semblerait que Jean-Louis Borloo affiche des objectifs moins ambitieux en matière de biocarburants. Qu’en est il exactement ?
Le ministre est en train de chanceler. Ce qu’il faut dire, c’est que le plan biocarburants n’a pas détourné un hectare de terres qui était destiné auparavant à l’alimentation humaine et animale. Il faut arrêter de fantasmer et que le Gouvernement cesse de se mettre à la merci des lobbies écologiques. Et je le dis fermement, il doit sortir impérativement de leurs griffes et fixer le cap.

Finalement est-ce que vous n’êtes par frustré par la tournure des évènements ?
Je n’irai pas jusque là. Nous avons devant nous des projets approximatifs en matière d’agriculture. Autant, les textes sur le transport, le logement sont précis, autant ceux qui concernent l’agriculture sont vagues. Ce que nous ne percevons pas chez le ministre, c’est l’ordre des priorités. Entre ce qui relève du court terme, du moyen terme et du long terme.
Autant à la FNSEA, nous nous inscrivons dans le développement durable, avec le souci d’utiliser moins de phytosanitaires, moins d’intrants, si c’est possible ; autant nous sommes favorables à la poursuite des expérimentations pour donner aux agriculteurs de nouveaux moyens de production en matière végétale, comme l’a indiqué la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse ; autant nous aimerions sortir de la doctrine et du dogmatisme qui prévaut actuellement
A la FNSEA, nous restons sereins, mais fermes sur nos positions. A l’heure où beaucoup de personnes dans le monde n’ont pas de quoi se nourrir, nous entendons promouvoir une agriculture à la fois productive et environnementale qui permet de nourrir les hommes et de faire vivre ceux qui travaillent.

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