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Un nouveau collectif contre la Ligne THT Manche
"Nous ne voulons pas être sacrifiés pour raison d'État"

« Nous sommes sacrifiés sur l’autel de RTE au nom de la raison d’État ». 10h, lundi dernier. La ferme de Thierry Charuel, située sur Isigny-le-buat (Manche), résonne, non pas des bruits familiers du tracteur ou de la désileuse, mais des flashs et des caméras. Un collectif contre la THT (ancienne et nouvelle) donne de la voix. Ils regroupent aussi bien des gens de la Manche que de la Dordogne ou des Pays de Loire. « Nous portons plainte contre RTE et demandons des dommages et intérêts ». Pour les agriculteurs concernés par le surplomb de l’actuelle ligne THT (en service depuis près de 30 ans), le déplacement des exploitations est indispensable. Ils demandent à êtres reçus par le Préfet, vite, très vite.

Thierry Charuel (à droite) et Régis Leprovaux, éleveurs dans la Manche, “nous voulons que les nuisances soient reconnues par la justice”.
Thierry Charuel (à droite) et Régis Leprovaux, éleveurs dans la Manche, “nous voulons que les nuisances soient reconnues par la justice”.
© ec
Thierry Charuel, qui accueille cette conférence de presse, raconte. « Installé en 2000,j’ai contacté RTE, en 2004, pour l’agrandissement d’un bâtiment d’élevage situé à 60 mètres de la ligne THT. RTE a donné son accord sous réserve d’équipotentialité ». En 2006/2007, les choses se gâtent. « RTE a mandaté une société pour effectuer des mesures inexploitables puis ses techniciens ont eux-mêmes effectué les mesures ». En 2008, Thierry Charuel s’équipe d’un robot… et d’une cage de Faraday au-dessus de l’engin de traite. Les choses ne s’améliorant pas malgré d’autres équipements, Thierry Charuel reçoit des dédommagements pour « pertes d’exploitation ». Reste que les animaux sont toujours touchés par des inflammations mammaires ou des montées de Leucocytes. « En 2011, RTE nous a laissé tombés, d’autant plus qu’une étude mettait en évidence 95 milliampères dans les tubulures de la stabu. Au-delà de 5, cela pose des problèmes sur les animaux ». Thierry Charuel a donc entamé une procédure contre RTE cette année. Plus intéressant dans ce contexte, la ligne THT en service a été coupée le 3 août dernier pour une vingtaine de jours. « Un rapport d’expert mentionne 0 milliampère dans les tubulures. Lors de la remise en charge de la THT, le 26 août, de nouvelles mesures ont remis en évidence entre 40 et 60 milliampères dans mon installation laitière ».
D’autres agriculteurs ou particuliers, présents à la conférence de presse, et dont les habitations ou exploitations sont à proximité de la THT évoquent des « maux de tête depuis des années qui ont disparu lors de la coupure de la THT en août 2012, puis sont revenus avec sa réactivation ». Si « l’ancienne » ligne fait donc parler d’elle, l’implantation de la nouvelle 400 000 volts suscite carrément de l’hostilité dans plusieurs exploitations. Régis Leprovaux, exploitant sur Buais (entre Le Teilleul et St Hilaire du Harcouët), s’oppose à l’implantation de pylones. « Je préfère protéger la santé humaine des habitants de la commune et des animaux. En tant que propriétaire, j’ai toujours refusé les conventions, cela n’a pas empêché RTE de pénétrer dans une de mes parcelles en mai dernier » . Avec l’aide d’un avocat, le nouveau collectif espère faire reconnaître les nuisances de l’actuelle ligne et, si possible, arrêter la construction de la nouvelle. La semaine dernière RTE, filiale d’EDF, était condamnée à stopper la construction de pylones dans la parcelle d’un éleveur manchois.
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