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Willy Patsouris, directeur de la coopérative de Creully (14)
Nous nous sommes construit une image sur le marché de la féverole

La féverole, c’est un peu la tasse de thé de la coopérative de Creully. Son savoir-faire technique est reconnu et la coopérative a su prendre sa place sur le marché. Objectif affiché désormais : développer de 20 % par an les surfaces sans aucune concession sur la qualité. Rencontre avec Willy Patsouris, son directeur.

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© TG
Le marché de la féverole a connu des hauts et des bas ces dernières années. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?
Historiquement, certaines zones du nord de la France s’étaient spécialisées dans la culture de la féverole. Le marché export absorbait tout mais il n’était pas structuré sur le plan de la qualité. C’est ainsi que la France a vendu aux Egyptiens des lots très hétérogènes. Ces mêmes Egyptiens ont alors relevé leur niveau d’exigences avec pour conséquence le tassement du marché. Les surfaces ont alors reculé.

Mais vous n’avez pas lâché le morceau ?
Nous étions convaincus que le marché allait s’assainir et devenir porteur à terme. Nous avons donc continué à miser sur la féverole avec un accompagnement technique de plus en plus pointu. Parallèlement, des opérateurs comme In Vivo ont soutenu ce travail à l’export.

Pour en arriver où aujourd’hui ?
La coopérative de Creully s’est construit une image de marque. Nous sommes un point de références. Cultiver, alloter et commercialiser de la féverole, ce n’est pas comme avec du blé. Notre savoir-faire est désormais reconnu.

Quel est votre objectif ?
Nous ciblons le marché de l’alimentation humaine. La plus-value oscille de 30 à 50 e par rapport au marché de l’alimentation animale. Notre objectif est donc de répondre au cahier des charges drastiques établi par les Egyptiens.

Quelles sont les grandes lignes de ce cahier des charges ?
Ils exigent une féverole non bruchée et  de couleur homogène. Sur le premier point, nous avons mis en place avec Arvalis un sytème d’avertissement de nos producteurs au jour le jour.
Sur le second point, la constitution de lots de couleur homogène avec des féveroles sans tache nous oblige à trier et à alloter de façon rigoureuse. Nous avons développé une structure adéquate et formé nos collaborateurs. Chaque benne livrée est agréée à son entrée en silo. Nous prenons des photographies des lots que nous envoyons aux intermédiaires et aux clients finaux pour validation. Nous agréons à nouveau les lots en sortie. Aucune improvisation d’autant plus que ces opérations se déroulent à un moment où nous ne disposons que peu de place et à un moment où une partie du personnel est en congés d’été.

Dans la mesure où la sole pois protéagineux baisse et que les perspectives du marché de la féverole sont bonnes, les surfaces vont exploser ?
Rappelons tout d’abord que la féverole en France, c’est 60 000 ha dont 45 000 dans le nord de la France. A périmètre de la coopérative, nous représentons 65 % de parts de marché.
Vu l’enthousiasme, il y a fort à parier que les surfaces vont augmenter. Cependant, il faut le faire de manière progressive afin de devenir de vrais spécialistes de la féverole et prendre le temps d’adapter notre logistique. Nous ne devons faire aucune concession sur la qualité. L’objectif de + 20 % par an me paraît raisonnable.
Propos recueillis par Th. Guillemot
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