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Max Vié, président de l’OPNC
“Nous sommes des partenaires, pas des adversaires”

La construction se poursuit. Max Vié, président de l’OPNC, répond à nos questions. L’occasion de faire le point sur l’organisation des producteurs en Basse-Normandie.

© TG

Où en êtes-vous sur la construction de l’OP ?

L’Organisation des Producteurs Normandie Centre (OPNC) est constituée depuis un mois. Elle regroupe les producteurs de six associations de la Sarthe, de l’Eure-et-Loir, de l’Eure, de l’Orne et de la Manche. Notre objectif est maintenant d’obtenir la reconnaissance avant la fin de l’année 2012. Pour cela, nous sommes en train de constituer notre dossier pour passer en Commission Nationale Technique en décembre prochain. Celle-ci évalue les demandes et accorde ou non la reconnaissance.
Un des éléments clés pour obtenir la reconnaissance est d’avoir au moins 200 mandats de négociation. Tous les adhérents de l’OPNC vont recevoir cette semaine les mandats de négociation. Nous leur demandons de les compléter et de nous en renvoyer un exemplaire le plus rapidement possible.

Pourquoi avez-vous choisi de rentrer dans une démarche régionale ?
Au vu des textes précisant les conditions de reconnaissance et considérant que l’union fait la force, il nous a semblé opportun de se réunir et de construire une démarche régionale.
Pour qu’une OP soit reconnue, il est nécessaire qu’elle compte 200 producteurs ou qu’elle rassemble plus de 60 millions de litres de lait. Mais il est également indispensable qu’elle justifie d’1/2 équivalent temps plein pour assurer l’animation et la gestion. Nous regrouper nous permet donc de partager les frais. Mais l’argument le plus fort, c’est que nous avons pour mission principale de défendre les producteurs et dans ce cadre, de négocier avec les industriels privés les modalités de détermination du prix et des volumes. Il est évident que nous n’avons pas le même poids face à l’entreprise lorsque l’on compte plus de 1000 adhérents ou lorsque l’on est 200.

Que conseillez-vous aux producteurs de lait qui ne sont pas encore adhérent à une OP ?
La fin des quotas approche à grand pas. Il est absolument nécessaire que chaque producteur de lait adhère à une OP qui pourra défendre ses intérêts. Chaque producteur est libre d’intégrer l’OP de son choix. Après, c’est une question de conviction personnelle… Chaque producteur de lait est un chef d’entreprise et, dans ce cadre, il doit savoir faire les bons choix !

Allez-vous suivre une démarche nationale ?
L’intégration de l’OPNC à une démarche nationale est indispensable. Nous ne pouvons pas nous cantonner au niveau départemental et régional. C’est en nous massifiant que nous pourrons rétablir les rapports de forces dans la négociation avec notre acheteur ; tout en nous sécurisant vis-à-vis du droit de la concurrence. L’OPNC adhérera donc à une Association d’Organisation de Producteurs qui aura pour mission d’être la garante des intérêts des producteurs qu’elle représente ainsi que de l’exécution du contrat.

Comment voyez-vous l’avenir ?
Je pense que nous avons encore beaucoup de travail, nous sommes au début de l’organisation des producteurs et nous devons continuer à nous construire. Nous faisons tout notre possible pour avancer rapidement, mais nous sommes avant tout “Agriculteur” et concilier les responsabilités et notre métier n’est pas toujours aisé, comme vous pouvez l’imaginer. Encore beaucoup de producteurs n’ont pas adhéré à une organisation de producteur, nous nous devons de ne pas les laisser “au bord de la route”. Une fois la reconnaissance acquise nous pourrons réellement être reconnus par notre entreprise. Nous souhaitons pouvoir construire un avenir serein où le dialogue sera la clé du succès. Nous souhaitons un avenir où les producteurs de lait et l’entreprise puissent trouver des accords “justes pour chacun” car nous sommes des partenaires, pas des adversaires.

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