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« Nous sommes quatre trayeurs » au Gaec du Pays de Flers

Le Gaec du Pays de Fers (61) est né en avril 2014. Les quatre associés ont placé l’humain au cœur du projet : organisation, communication, travail partagé sont, pour eux, les maîtres mots d’une vie professionnelle épanouie. Jeudi 7 décembre, l’exploitation accueille la journée Les Pieds dans les bottes, organisée par la Chambre d’agriculture.

Chacun des associés a la charge d’un atelier : Mickaël Rohée (au milieu) s’occupe du suivi des vaches ; Pascal Rohée (à gauche), des cultures ; Philippe Rohée (absent sur la photo) de l’élevage et de l’administratif ; et Hubert Letellier (à droite) des porcs. Mais les associés se voient surtout comme « quatre têtes pensantes. Aucun emprunt n’est validé sans l’accord de tout le monde ». DR
Chacun des associés a la charge d’un atelier : Mickaël Rohée (au milieu) s’occupe du suivi des vaches ; Pascal Rohée (à gauche), des cultures ; Philippe Rohée (absent sur la photo) de l’élevage et de l’administratif ; et Hubert Letellier (à droite) des porcs. Mais les associés se voient surtout comme « quatre têtes pensantes. Aucun emprunt n’est validé sans l’accord de tout le monde ». DR
© JP

« On a travaillé le côté humain avant celui financier », explique d’emblée Hubert Letellier, 36 ans. Pascal Rohée, 54 ans, Philippe Rohée (frère de Pascal), 53 ans, Mickaël Rohée (fils de Pascal), 24 ans et Hubert Letellier ont créé, en avril 2014, le Gaec du Pays de Flers. Au départ, il n’y avait pas de raison qu’ils se mettent ensemble.
Les quatre hommes se connaissent des corvées d’ensilage. En 2012, Pascal et Philippe Rohée, associés depuis trente ans à Flers, réfléchissaient à faire évoluer leur système de traite. Hubert Letellier se retrouvait tout seul à La Chapelle-Biche, à la suite du départ à la retraite de son père. Quant à Mickaël Rohée, il cherchait à s’installer. L’idée de grouper les deux exploitations et de travailler ensemble leur semble être une solution. Mais tous les quatre sont d’accord : « socialement, nous sommes toujours au boulot. Alors on ne fait pas un Gaec avec n’importe qui », traduit Hubert Letellier.

Deux ans pour cerner les attentes
Ils murissent alors leur projet pendant deux ans. Ils veulent, avant de se lancer, s’assurer de leur compatibilité de travail. Pour cela, ils font appel au CER. Isabelle Maillou se charge du dossier. « Nous avons rempli un questionnaire chacun pour cerner notre mode de fonctionnement », se souvient Hubert Letellier. Puis Isabelle Maillou les reçoit individuellement. « Elle a établi notre profil, nous a demandé ce que l’on attendait du Gaec et de la vie en général. » Ont suivi des journées de synthèse, tous ensemble. « Nous avons parlé de tout, face à face. Il n’y a pas de non-dit. Nous avons les mêmes attentes en ce qui concerne les horaires de travail. Cela nous a beaucoup aidés. » Le Gaec du Pays de Flers peut se monter.

Marqué dans les statuts
Les associés créent leur emploi du temps : traite en binôme à 5 h 30 et 16 h 30 ; ceux qui ne traient pas travaillent de 7 h à 17 h. Le binôme qui trait le soir assure celle du matin. Du lundi au vendredi, chaque binôme assure quatre traites. « Nous nous réunissons le vendredi pour organiser la semaine suivante. » Car, d’une semaine sur l’autre, rien n’est figé, les besoins privés de chacun sont pris en compte.
A l’inverse du week-end, où les tandems ne changent pas. Le père et le fils traient ensemble. « On a trouvé que c’était plus simple sur le plan familial », justifie Pascal Rohée. Les éleveurs se dégagent ainsi un week-end libre sur deux, « du vendredi, 17 h, jusqu’au lundi matin. Nous avons aussi quatre semaines de vacances, dont deux l’été. C’est marqué dans les statuts », détaille Pascal Rohée. L’organisation permet que tous traient le même nombre de fois dans l’année. « Nous sommes quatre trayeurs », assure Hubert Letellier.

Des vêlages toute l’année
Les deux sites se trouvent à 6 km l’un de l’autre. Celui de Le Chapelle-Biche est le siège social, car c’est là que se trouvent les laitières et le bureau. Le site de Flers accueille les vaches taries, les vêlages, la nurserie, les génisses et les bœufs. Les trois Rohée habitent à Flers, ce qui facilite la surveillance des vaches. « Il y en a toujours
une à surveiller car nous avons lissé la production laitière, et donc les
vêlages, sur l’année », dit Pascal Rohée. Travailler sur deux sites présente aussi ses avantages : « il y a des journées où on ne se voit pas, et cela fait du bien d’avoir du temps tout
seul ».


Anticiper la retraite
Le nom du Gaec, quant à lui, se réfère à la situation géographique. « Nous ne voulions pas qu’il contienne un nom de famille », dit Hubert Letellier. Car Pascal et Philippe Rohée, à dix ans de la retraite, anticipent : « nous avons vu, dans cette association, une forme de transmission », avance Pascal Rohée. Tous les ans, les associés refont un point avec Isabelle Maillou afin de toujours être bien dans leurs bottes.

Pratique
Jeudi 7 décembre, journée Les pieds dans les bottes, de 14 h à 17 h :
• au Gaec du Pays de Flers, à La Chapelle-Biche dans l’Orne. Contacts : Bruno Gautier, 02 33 31 48 91, Laurence Bignet,
02 31 70 25 06
• au Gaec Grard, à Fervaques, dans le Calvados. Contacts : Agnès Lebéhot, 02 31 70 25 26 ; Laurence Bignet, 02 31 70 25 06
• au Gaec BB, à Hauteville-la-Guichard, dans la Manche.
Contact : Sylvain Kientz, 02 33 06 45 03 ou 06 42 35 51 63 ; Laurence Bignet, 02 31 70 25 06

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