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"Nous voulons des garanties pour les agriculteurs"

Le démantèlement des barrages de Vezins et de la Roche-qui-boit (sud-Manche), risque d'impacter fortement l'activité agricole. Explications.

Sébastien Amand (à droite) et Thierry Chasles, président et vice-président de la FDSEA : "A l'instar de la THT, nous voulons protéger les intérêts de l'agriculture". (ec)
Sébastien Amand (à droite) et Thierry Chasles, président et vice-président de la FDSEA : "A l'instar de la THT, nous voulons protéger les intérêts de l'agriculture". (ec)
© EC

"Nous ne sommes pas ici pour discuter de l'utilité ou non de démanteler ces deux barrages du sud-Manche puisque la décision a été prise par l'État, mais pour alerter sur l'impact de leur destruction". Sébastien Amand et Thierry Chasles, président et vice-président de la FDSEA 50 ont fait le déplacement au pont des Biards, lundi matin, accompagnés de plusieurs présidents cantonaux pour une conférence de presse menée tambour battant. D'emblée, le syndicalisme agricole réclame une convention calquée sur celle de la THT concernant de futures nuisances.

Trop d'impact
Pendant des lustres, les ouvrages de Vezins (mis en service en 1932) et de la Roche-Qui-Boit (1919) ont fait partie du paysage de St-Hilaire-du-Harcouët, Isigny-le-Buat et Ducey. On les pensait inamovibles pour l'éternité ou presque, l'État en a jugé autrement. En 2009, Chantal Jouanno, alors ministre de l'Écologie, annonçait leur démantèlement dans le cadre du plan d'action national pour la restauration de la continuité écologique des cours d'eau. Nathalie Kosciusko-Morizet a confirmé l'arasement en 2012. L'enquête publique est terminée depuis le 17 octobre dernier. La FDSEA a donc décidé de sortir de sa réserve pour "alerter sur les enjeux et risques que représente ce projet sur l'activité agricole environnante". Selon Sébastien Amand, "la suppression de ces deux barrages augmentera les phénomènes de crue dans la vallée avec des conséquences importantes sur les populations environnantes". Pas question pour autant de remettre délibérément en cause le choix de l'État, même si la FDSEA estime, "que leur disparition occasionnera nécessairement des dommages collatéraux majeurs, tant humains qu'environnementaux, et ce afin de permettre un retour hypothétique des poissons migrateurs".

Métaux lourds
Si au 20e siècle les barrages avaient inondé deux vallées, leur suppression ne va pas entraîner des hectares en plus, loin de là. "Lors de leur destruction, ce sont des milliers de tonnes de boues qui vont apparaître à l'air libre, bien souvent polluées par des métaux lourds venant d'une industrie locale. Actuellement, la gestion des déchets des barrages n'est pas suffisamment définie par le maître d'ouvrage". Mais ce que les agriculteurs ont du mal à vraiment comprendre, c'est la politique énergétique nationale. "D'un côté, on construit des éoliennes partout, de l'autre on veut supprimer une industrie hydraulique qui a fait ses preuves". A la FDSEA, pas question une nouvelle fois d'entrer dans le débat du "pour ou contre". "Boues risquant de polluer les champs, suppression d'une réserve d'eau bien utile en cas de sécheresse, nuisances dues aux travaux de destruction, notamment une altération de la qualité de l'air pour les humains et les animaux sont nos principales inquiétudes". Et la FDSEA de demander que soit mis en place, dès maintenant, un suivi des exploitations agricoles situées non seulement à proximité des deux barrages, mais aussi celles plus éloignées. "Nous serons vigilants à tous les préjudices et nous demanderons pour le monde agricole des compensations. Il est une fois de plus anormal que l'agriculture paye les pots cassés d'une politique qui a été décidée à Paris". Première étape de la lutte désormais engagée, "une étude d'impact, tout comme pour le doublement de la ligne THT, en collaboration avec la Chambre d'Agriculture, la DDTM et le SAGE pour évaluer les premiers préjudices financiers sur toute l'économie agricole".

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