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Interview Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Écologie
“OGM ? Toutes les données seront publiques !”

Après le Grenelle de l'Environnement , Jean-Louis Borloo passe la surmultipliée. Il répond à nos questions et aux interrogations des agriculteurs.

Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Écologie, “Le projet de loi OGM revoit de fond en comble notre système d’expertise pour garantir aux Français et aux exploitants agricoles, une information fiable”.
Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Écologie, “Le projet de loi OGM revoit de fond en comble notre système d’expertise pour garantir aux Français et aux exploitants agricoles, une information fiable”.
© DR Ministère Ecologie
Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, comment analysez-vous le rôle de l’agriculture française, notamment à travers la valorisation de la biomasse ? C’est un sujet sur lequel nous travaillons ensemble avec le Sénateur Jean Bizet. Le Grenelle Environnement a été l’occasion d’engager une vraie rupture en matière d’énergies renouvelables. L’objectif, c’est qu’en 2020, celles-ci représentent 20% de notre consommation d’énergie ce qui implique de faire passer notre production de 16 millions de tonnes à environ 36 millions de tonnes équivalent pétrole. La biomasse sera donc absolument capitale dans les années à venir puisque le bois, les cultures énergétiques et la valorisation des sous-produits végétaux fournissent environ les 2/3 de nos énergies renouvelables. Pour aller plus loin, nous devons adapter nos infrastructures grâce à la construction de réseaux de chaleur en milieu urbain, de chaufferies en milieu rural, de centrales électriques fonctionnant à base de biomasse. Les projets ne manquent pas ! Nous avons lancé récemment un appel d’offre pour la production de 300 méga watts. Les propositions que nous avons reçues atteignaient plus de 700 méga watts. L’autre grand objectif du Grenelle Environnement, c’est de garantir l’autonomie énergétique des exploitations agricoles pour leur permettre de produire, de consommer et pourquoi pas de vendre leur propre énergie grâce au solaire, à l’éolien ou à la biomasse. Les agriculteurs qui souhaitent investir dans les énergies renouvelables disposeront d’un vrai complément de revenu. Le durable c’est rentable ! Les énergies renouvelables, tel que le bioéthanol, demandent des infrastructures coûteuses. La vente directe de carburant “huile de colza”, notamment, produite par les agriculteurs avec des unités de pressage mobile ne répondrait-elle pas à une attende de la population rurale, tout en mettant une image de marque plus positive sur le monde agricole ? La France a lancé en 2004 un plan “biocarburants”. Pourquoi ? D’abord, les biocarburants permettent de réduire nos émissions de gaz à effets de serre. Ensuite, ils constituent un nouveau marché pour les agriculteurs. Cependant, nous devons veiller à ce que les biocarburants soient absolument exemplaires : cela ne sert à rien de développer un carburant alternatif si, au lieu de CO2, il rejette plus de produits polluants ou de composés organiques. Pour l’instant, la recherche continue sur les huiles végétales. Elles constituent une piste intéressante car elles ne sont pas chères et directement utilisables mais les techniques ne sont pas encore tout à fait au point pour envisager une production de masse. Dans le cadre de la future loi sur les OGM, qu’attendez-vous, concrètement, du comité de préfiguration à la haute autorité ? Depuis la fin du Grenelle Environnement, le temps s’est considérablement accéléré. Nous avons pris un arrêté de suspension de la culture commerciale des OGM pesticides pour laisser le temps au comité de préfiguration de la future haute autorité de produire une nouvelle expertise. Il devrait rendre son avis au cours du mois de janvier 2008. C’est sur la base de cet avis que le Gouvernement prendra ensuite une décision. Après l’adoption de la loi OGM, au mois de février prochain, le comité laissera sa place à une Haute autorité, indépendante et pluridisciplinaire dont le but sera de se prononcer sur toutes les questions relatives aux OGM. Le projet de loi revoit de fond en comble notre système d’expertise pour garantir aux Français et aux exploitants agricoles, une information fiable, objective et transparente. Désormais, en matière d’OGM, toutes les données seront publiques : les parcelles cultivées, les avis des experts, les discussions de la Haute autorité,…Il s’agit d’une condition indispensable pour un débat serein, confiant et constructif.
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