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Envolée des prix des engrais
Optimisez les apports

Situation tendue sur le marché des engrais au niveau mondial. La demande accrue et le prix du gaz naturel entraînent une augmentation constante des prix des engrais. Faisons le point sur les engrais azotés et les pratiques culturales pour optimiser les apports.

Augmentation du prix du pétrole et demande accrue : les prix des engrais s’envolent
Les prix des engrais augmentent fortement depuis la fin 2007. Le prix de l'ammonitrate est passé de 226 euros la tonne en octobre 2007 à environ 350 euros en janvier 2008.
Cette hausse des prix s'expli-que par la montée du prix du pétrole et du gaz. A cela s'ajoute un manque de disponibilité. La demande mondiale est de plus en plus importante. En Asie, la consommation de viande et de produits laitiers s'accroît. Parallèlement, il faut produire plus de céréales et donc apporter des engrais. Aux USA, au Brésil et en Europe, les surfaces cultivées augmentent (fin des jachères, biocarburants). Il faut aussi ajouter les coûts de transport avec un prix du fuel en augmentation.
Le marché du pétrole et du gaz influence le cours des engrais azotés. Une des raisons est que l'utilisation du gaz naturel représente 60 % du coût de production des engrais azotés. Le gaz naturel associé à l'air et à l'eau produit de l'ammoniac.
L'ammoniac sert de matière première à tous les engrais azotés. Combiné à l'acide nitrique il donne l'ammonitrate. Combiné au gaz carbonique, il donne l'urée.

Optimiser les apports
Face à cette conjoncture, il est important d'ajuster au mieux la fertilisation. Cela passe par :
- le calcul des doses à apporter par le plan prévisionnel de fumure. Pour les céréales, la méthode des bilans indique la dose totale à apporter sur la culture en fonction du rendement et des fournitures par le sol. La mesure du reliquat azoté sortie hiver est alors indispensable pour ajuster la dose ;
- l'optimisation des périodes et des conditions d'application des engrais minéraux : le blé valorise mieux l'azote apporté au stade épi 1 cm (mi-mars). Avant, limitez l'apport à 40 unités/ha au moment du tallage. Les apports précoces augmentent le risque de verse et de maladies. Le réglage des épandeurs d'engrais est aussi primordial pour ajuster la dose et assurer l'efficacité de l'engrais ;
- la valorisation maximum des engrais de ferme : la première chose est d'estimer la valeur fertilisante de l'engrais de ferme et la quantité apportée sur la parcelle. Puis, il faut épandre au bon moment. Par exemple, pour le fumier, mieux vaut épandre au moins 1 mois avant le semis de maïs. S'il est épandu trop tard, le fumier libère son azote après l'absorption par le maïs. Préférez le fumier mûr au fumier frais. Les microorganismes utilisent l'azote du sol pour dégrader la paille enfouie du fumier frais. L'azote minéral du sol est bloqué dans les premières semaines qui suivent l'épandage ;
- un bon état calcique du sol pour permettre une bonne utilisation des engrais épandus. A pH 5, l'engrais est assimilé à 43 % alors qu'à pH 6,5, il est assimilé à 95 %. Un chaulage régulier avec au minimum l'équivalent d'1 tonne/ha de carbonate tous les 2 ans entretient l'état du sol ;
- une structure correcte du sol : les plantes absorbent d'autant plus les éléments minéraux que les racines prospectent le sol. Une semelle de labour peut limiter le rendement puisque la profondeur du sol est artificiellement réduite. Il est important de travailler un sol ressuyé et si nécessaire de passer un ameublisseur pour fissurer la semelle de labour.


Laëtitia CHEGARD
Chambre d'Agriculture
de la Manche
lchegard@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr

Pour écrire à l'auteur :

lchegard@manche.chambagri.fr

 

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