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A la FDSEA de l'Orne
PAC : mettre localement les chantiers en discussion

Le devenir de la PAC se présente sous de meilleurs augures qu’il y a deux ans. “Quand on aura la copie européenne, on reviendra sur l’application en France. Il faudra répondre aux questions au niveau national. Mettons localement les chantiers en discussion”, propose Xavier Beulin.

Xavier Beulin a évoqué aussi le sujet de la méthanisation : “un moyen de gagner quelques centimes au litre de lait ou au kg de viande à condition de travailler sur des unités moyennes réunissant 5 à 10 agriculteurs”. 
Xavier Beulin a évoqué aussi le sujet de la méthanisation : “un moyen de gagner quelques centimes au litre de lait ou au kg de viande à condition de travailler sur des unités moyennes réunissant 5 à 10 agriculteurs”. 
© TG

Après la visite de François Fillon à Mortagne-au-Perche (lire en pages 3 et 5), la FDSEA a profité de la présence de Xavier Beulin (président de la FNSEA) pour tenir un conseil décentralisé. Olivier Borel lui a imposé le sujet : quel positionnement syndical sur le dossier PAC 2013 ?

La donne a changé
Avant d’échafauder la feuille de route syndicale de la saison 2011/2012, Xavier Beulin a établi un état des lieux. “Il y a deux ans, on était pessimiste sur le devenir de la PAC à cause du budget et des prises de décisions de Mariann Fischer Boel (1). Depuis le changement de commissaire, la conviction qu’il faut maintenir une PAC est acquise”. Autre élément tangible, son budget sera à peu près “étal”. En tenant en compte ou pas l’inflation ? “Ce n’est pas gagné”, reconnaît le président de la FNSEA. Côté porte-monnaie toujours, la répartition du budget avec les nouveaux entrants qui réclament des moyens financiers pour assurer leur propre développement n’est pas tranchée non plus.
Quand au contenu, le verdissement de la PAC ne fait plus de doute. Reste cependant à connaître le degré de nuance de ce coup (et coût) de peinture. Là encore, Xavier Beulin laisse poindre un peu plus d’optimisme qu’il y a quelques mois. “On ne peut pas avoir des contingences françaises plus importantes qu’en Europe. On ne peut pas être sur un marché unique et avoir des règles différentes”. Le travail de persuasion du syndicalisme agricole porte ses fruits. “Le G 20 agricole, avec quelques mesures ciblées, a changé l’attitude de la commission, revendique Xavier Beulin. On prend conscience, à l’échelle européenne, qu’il faut produire et qu’on a besoin d’une PAC. On ne peut plus traiter l’agriculture comme les produits industriels à l’OMC”.

Quelle application hexagonale ?
La pilule européenne s’annonce donc moins amère que prévu. Une fois dévoilée, c’est un chantier franco-français qu’il faudra mener pour une application hexagonale des orientations européennes. “Il faut mettre localement les chantiers en discussion”, invite Xavier Beulin.
Avec la fin des quotas, comment gérer la politique laitière ? Quel va être le rôle de l’interprofession ? C’est sur ce genre de sujets qu’il faut dès aujourd’hui plancher. C’est d’ailleurs ce que propose la FDSEA de l’Orne avec ses réunions “lait” . 
Une réflexion vertueuse qui renvoie une vraie responsabilité aux producteurs et aux transformateurs”, juge le patron de la FNSEA avec pour enjeu : “redonner aux agriculteurs leurs places  dans les filières”.
Producteurs et transformateurs qui doivent œuvrer main dans la main car en face “la connivence entre la grande distribution et les pouvoirs publics (de droite comme de gauche) est réelle car le pouvoir d’achat du consommateur est sanctifié”.
“On a du chemin à faire, résume Xavier Beulin. Les pouvoirs publics aussi avec des avancées dans les règlementations. Nous devons être dans une démarche de coresponsabilité”. Sentiment partagé par Olivier Borel : “il y a des endroits où l’on peut être acteur de notre filière”. L’année syndicale s’annonce riche en réflexions.

(1): Commissaire européenne de l’agriculture et du développement rural de 2004 à 2009. C’est Dacian Ciolos (ancien ministre roumain de l’Agriculture) qui l’a remplacée. Sa vision de la PAC est en rupture totale avec celle de son prédécesseur. Il défend une politique qui répond à la volatilité des prix. Il défend également le système des paiements directs et la contractualisation dans les filières.

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