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Culture
Parcelles sales : il faut réagir dès la récolte

La campagne 2008 est caractérisée par une infestation importante des parcelles de céréales.

Cela est probablement lié à la difficulté de trouver les fenêtres climatiques pour bien positionner les interventions et au printemps pluvieux avec des céréales peu tallées en sortie d’hiver et des levées continues de mauvaises herbes. Dès à présent, des mesures agronomiques s’imposent pour limiter les infestations et partir du bon pied à l’automne prochain.

Réaliser des faux semis
Un faux semis consiste à faire lever des adventices pendant l’interculture puis à les détruire, pour réduire le stock semencier et limiter les levées d’adventices dans la culture. Il ne suffit pas de déchaumer pour faire un faux semis. Faire lever des adventices nécessite de créer des conditions favorables à leur germination : terre fine pour un bon contact sol-graine, profondeur de placement des graines pas trop importante, humidité du sol… Beaucoup d’adventices ont des graines de petite taille qui nécessitent une préparation fine du sol pour lever, un peu comme des semis de prairie.
La levée des adventices et des repousses de céréale est fortement conditionnée par le type d’outil de déchaumage utilisé comme l’illustre le graphique 1. Les parcelles non déchaumées sont celles où il y a le moins de levées. Des parcelles déchaumées à une profondeur moyenne et peu rappuyées ne font guère mieux ! Seul un déchaumage très superficiel (2 cm) et créant beaucoup de terre fine permet de bonnes levées d’adventices. Un déchaumage à 4 cm et bien rappuyé avec un rouleau donne des résultats intermédiaires, notamment sur repousses de céréales dont les graines sont plus grosses que celles des mauvaises herbes.
On peut classer les outils selon leur aptitude à faire lever les mauvaises herbes selon l’échelle reproduite dans le schéma 1.
L’humidité du sol conditionne aussi les levées d’adventices :
- déchaumer superficiellement dès la moisson pour bénéficier de l’humidité résiduelle ;
- ne pas déchaumer trop profondément pour ne pas dessécher le sol ;
- réaliser également des faux semis en fin d’été ou début d’automne lorsque les conditions d’humidité du sol redeviennent favorables.
La dormance des graines est un autre paramètre à prendre en compte (voir tableau 1). Un faux semis réalisé lorsque la graine est dormante sera peu efficace. Ainsi, certaines adventices (Ray-grass, parfois vulpin …) ne pourront pas lever avant le début de l’automne. Pour le vulpin, la dormance dépend des conditions climatiques durant l’épiaison et la maturation des graines. Des conditions fraîches durant cette période induisent une dormance longue, alors que des conditions sèches induisent une dormance courte. En pratique, les graines de vulpin produites durant cette campagne auront certainement une dormance plus longue que d’habitude ce qui limitera l’efficacité des faux semis d’août et de début septembre sur cette adventice. Le brome en revanche est capable de germer dès le mois d’août.

Adapter les techniques
de travail du sol au niveau d’infestation
Les faux semis doivent s’intégrer dans une stratégie plus globale de travail du sol. Après une forte infestation de graminées adventices, il est conseillé de labourer pour implanter la culture suivante, puis de ne plus labourer pendant 2-3 ans, afin de laisser le stock semencier s’épuiser en profondeur.
En techniques sans labour, les faux semis sont souvent indispensables dans les rotations avec beaucoup de cultures d’automne. Ils sont l’unique levier pour compenser l’absence de labour ! Les conditions de semis semblent aussi avoir leur importance sur les levées d’adventices. Dans un essai réalisé par Arvalis sur blé infesté de ray grass, deux techniques de semis ont été comparées : une avec perturbation minimale du sol au semis (semoir “semis direct” à disques Semeato TDNG) et une autre avec perturbation forte du sol et créant de la terre fine (semoir sur outil animé Horsch Sème Exact). La présence de ray grass était trois fois plus forte derrière le semoir sur outil animé que derrière le semoir “semis direct”. Deux stratégies sont donc envisageables en non labour :
- lorsque le semoir utilisé crée de la terre fine, comme la majorité d’entre eux (semoir sur outil animé type herse rotative, semoir rapide avec module de préparation à disques, semoir à dents, semoir sur déchaumeur…), il est impératif de “stimuler” au maximum les levées d’adventices en interculture afin de limiter les levées dans la culture. L’efficacité des faux semis dépendra de la qualité du lit de semences créé, de l’humidité (pluies) et de la dormance des adventices ;
- lorsque le semoir utilisé crée peu de terre fine (semoir dit “semis direct” à disques), on valorisera au maximum son aptitude à ne pas trop stimuler les levées d’adventices. Il est conseillé de ne pas travailler le sol dans les 3-4 semaines qui précédent le semis. Il est même envisageable de ne pas déchaumer avec ce type de semoir. Le vrai semis direct peut limiter les levées d’adventices car la paille est maintenue en surface (effet ombrage) et les semoirs bouleversent moins un sol non travaillé qu’un sol déchaumé.
La règle à respecter, quel que soit le type d’implantation, est un semis sur un sol exempt de toutes adventices levées.


Antoine Bray - Simon Doligez
ARVALIS - Institut du végétal

Récolter les parties sales en dernier et nettoyer méticuleusement la moissonneuse-batteuse

 

Après la récolte d’une parcelle ou d’une zone infestée, le nettoyage de la moissonneuse doit se dérouler selon la procédure suivante qui prend une dizaine de minutes :
- placer la machine sur un chemin ou devant une zone non cultivée. S’il y a du vent, s’orienter de manière à ce que l’arrière de la machine soit coupé du vent pour éviter la dissémination des graines ;
- nettoyer le fond de coupe par exemple en repassant de la paille ou avec une balayette si la paille est broyée trop finement ;
- ouvrir toutes les trappes des pieds d’élévateur ;
- ouvrir le bac à pierres ;
- ouvrir les grilles ;
- ouvrir si possible la trappe du pied de vis de vidange ;
- pousser le ventilateur et le batteur à leur régime maximum tout en montant et descendant plusieurs fois la table de coupe et tout en faisant tourner la vis de vidange.
Il est préférable de répéter ce dernier point deux fois (ou plus) pendant 30 secondes avec une brève interruption entre chaque opération plutôt qu’une seule fois sur un grand laps de temps.

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