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Azote sur prairie
Pas d’urgence pour le premier apport

En 2010, les nombreux jours de gel enregistrés depuis le 1er janvier vont décaler la date optimale du premier apport d’azote sur prairie, bien après le 1er février.

Cette année, avec les nom-breux jours de gel, les cumuls de températures depuis le 1er janvier n'ont pas encore atteint 200 °C, somme requise pour fixer la date optimale du 1er apport sur prairie. Les dates pour cumuler 200 °C depuis le 1er janvier devraient s’écarter de la médiane, présentée sur la carte, de 20 à 30 jours selon les secteurs ! (Figure 1).

Estimation du 1er apport en 2010 : mi-février à Cherbourg et début mars à L’Aigle
Pour estimer la date où les 200 °C seront atteints, sur plusieurs stations météo de Basse-Normandie, nous avons calculé le cumul de température réel entre le 1er et le 31 janvier, puis utilisé les données météo fréquentielles pour les semaines à venir. Ainsi, si les températures redeviennent proches de la normale, les 200 °C devraient être atteints vers la mi-février à Cherbourg, entre le 20 et le 25 février à Caen, Vire, Lisieux et Saint-Hilaire du Harcouët, le 1er mars à Argentan et Alençon et la première décade de mars à L’Aigle, où il a fait le plus froid en janvier Ces dates seront à confirmer en fonction des données climatiques réelles que nous allons enregistrer.

L'importance de la fertilisation azotée sur prairie
La fertilisation azotée de la prairie à la sortie de l’hiver doit permettre d’assurer l’alimentation de la plante depuis le démarrage de la végétation jusqu’à la première exploitation. Les besoins en azote sont très importants à partir du démarrage de la croissance, mais l’absorption d’azote est déjà active lors de la mise en place de l’appareil foliaire. A cette époque, compte tenu de la température du sol, la minéralisation de la matière organique ne permet pas d’assurer une alimentation suffisante en azote. En conséquence, si l’on veut assurer le potentiel de production d’herbe au printemps, il faut apporter de l’azote, surtout pour les prairies de graminées pures.

Pourquoi 200 °C ?
A la différence du blé, pour les prairies il n’existe pas de stade physiologique “repère” pour décider de réaliser l’apport d’azote. Pour estimer la date de départ en croissance, et donc la date optimale d’apport d’azote, on préfère utiliser la somme de température base 0 °C depuis le 1er janvier de l’année(1). Ce critère présente l’avantage de prendre en compte le contexte climatique de l’année et le lieu de la prairie.
De nombreux essais conduits par Arvalis - Institut du végétal au début des années 1980 mettent en relation le rendement de l’herbe au printemps et la date d’apport d’azote, exprimée en somme de températures base 0 °C depuis le 1er janvier. Les résultats obtenus sur trois sites, sur 4 années, avec trois types d’exploitation et 2 doses (70 et 140 unités) montrent que la date optimale d’apport de l’azote est de 200 °C à compter du 1er janvier. Avant cette somme de température et après, le rendement diminue. Pour les apports tardifs, les risques de perte augmentent très vite !

Sabine BATTEGAY et Anne-Sophie HERVILLARD
ARVALIS - Institut du végétal



(1) Pour calculer une somme de températures :
- enregistrer la température minimale et maximale sous abri ;
- faire la moyenne journalière : (Tmin + Tmax)/2 ;
- cumuler ces moyennes journalières en ne tenant compte que de celles supérieures à 0 °C.

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