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Peste porcine : des mesures de précaution s’imposent

Mi-septembre, les premiers cas de pestes porcines africaines (PPA) sont apparus en Belgique à seulement 15 km de la frontière française. En 15 jours, la zone s’est étendue puisque des sangliers atteints ont été retrouvés à 5 km du territoire français. Le GDS comme la Fédération de la chasse veulent alerter aussi bien les éleveurs, les chasseurs que le grand public sur les conséquences. Sans être alarmistes, ils veulent rester vigilants.

Hervé Marie, président du GDS de la Manche et Thierry Chasles, vice-président de la Fédération de la chasse, veulent sensibiliser les éleveurs, chasseurs et grand public aux causes et conséquences de la peste porcine africaine. DR
Hervé Marie, président du GDS de la Manche et Thierry Chasles, vice-président de la Fédération de la chasse, veulent sensibiliser les éleveurs, chasseurs et grand public aux causes et conséquences de la peste porcine africaine. DR
© SB

llll Le GDS ou la Fédération départementale de la chasse (FDC) de la Manche sont mobilisés contre la peste porcine africaine (PPA). Et pour cause, elle est apparue en Belgique à seulement 5 km de la frontière. Une convention avait été signée le 2 septembre dernier entre les deux structures pour alerter leurs adhérents respectifs. Mais les responsables, Hervé Marie, président du GDS et Thierry Chasles, vice-président de la FDC, veulent rappeler la précaution nécessaire pour éviter tout drame dans les élevages porcins de l’hexagone et donc de la Manche.
Comme le dit Paul Auffray, président la fédération nationale porcine, « il est urgent de prendre des mesures afin de stopper le développement de la maladie qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’élevage français. » Un point de vue partagé par les deux hommes qui, s’ils ne veulent pas être alarmistes, restent vigilants face à une éventuelle évolution. « La PPA avançait de manière régulière. Mais on voit bien qu’elle peut faire des sauts importants », lâche Hervé Marie.

Laisser les bottes sur place
Les chasseurs sont également mobilisés. Une centaine d’entre eux
n’hésite pas à pratiquer leurs loisirs en dehors des frontières nationales. « Si la PPA n’est pas chez nous, il ne faut pas pour autant minimiser la situation », souligne Thierry Chasles, vice-président de la FDC. Sans leur interdire de se déplacer dans les Pays de l’Est, il leur est demandé de bien « désinfecter les véhicules, laisser les bottes sur place, ne pas ramener la venaison », poursuit-il.

Appeler la FDC
En cas de découverte d'un cadavre suspect et dont les possibilités de mort par tir ou collision ont été écartées, il faut éviter tout contact avec le cadavre, éloigner les chiens et contacter la Fédération de la chasse. Des analyses seront établies pour confirmer ou écarter tout risque.  « Au niveau de la FDC, nous bénéficions du réseau Sagir (surveillance des maladies de la faune sauvage). Comme sur le plan national, nous sommes au niveau le plus bas », explique David Guérin, conseiller technique de la FDC, qui rappelle que le schéma de gestion cynégétique interdit « tout lâcher de sangliers et lâchers hybrides et de porcs vietnamiens. »

Obligé de se déclarer
A la fois les éleveurs de porcs en plein air sont concernés comme les éleveurs de porcs sur paille par cette menace de la PPA. Les premiers vont devoir installer des clôtures électriques « fiables et robustes », sans que ce soit du fil barbelé, à 5 voire 10 mètres de leur élevage. « Pour les élevages sur paille, il est demandé que la paille reste en quarantaine pendant environ cinq semaines avant d’être utilisée dans les exploitations, sachant que le virus vit quatre semaines », précise Hervé Marie. Tous les intervenants dans les exploitations porcines sont également appelés à être vigilants.
Au-delà des éleveurs répertoriés au GDS, il reste les éleveurs qui peuvent avoir quelques porcs « de loisirs ». A compter du 1er novembre, ils devront se déclarer en mairie.

Une origine inquiétante
Ce virus aurait circulé au travers de résidus alimentaires. Par conséquent, il est demandé aux travailleurs détachés d’être vigilants, tout comme aux touristes de maitriser leurs déchets alimentaires, ou encore les transporteurs.  Si la PPA ne touche pas la santé humaine, il n’en reste pas moins que « c’est une maladie qui ne se maîtrise pas. C’est un virus costaud. Cela peut être dramatique pour les éleveurs de porcs. En moins d’une semaine, l’élevage peut être décimé », note le président du GDS. 
Aujourd’hui, la production porcine représente 6% du revenu de la Ferme Manche. « Ce n’est pas une paille », réagit Hervé Marie. Ce qui explique l’intérêt de la mobilisation des acteurs agricoles face à cette maladie animale

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