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Philippe Bas : une main de fer dans un gant de velours

Philippe Bas s’est installé vendredi dernier dans le fauteuil laissé vacant par Jean-François Le Grand. Premières paroles, “pas question d’apporter les dissensions de débats nationaux dans la Manche”.

© EC

L’installation du nouveau Conseil départemental de la Manche, remplaçant le Conseil général, s’est effectué tout en douceur la semaine dernière à St-Lô. Le postulant au siège de Jean-François Le Grand était d’ailleurs connu de longue date. A peine, Bernard Tréhet, doyen de séance, accompagné de Sébastien Fagnen benjamin des élus, a-t-il demandé “quels sont les candidats au poste de président ?” que notre homme, ancien ministre UMP, sénateur, en charge du nouveau canton de Villedieu-les-Poêles lève la main, suivi dans la foulée par Yveline Druez, au nom du groupe des élus socialistes et républicains. Si la déclaration d’intention de Philippe Bas dure à peine deux minutes, Mme Druez, sans illusion sur sa défaite, lit une profession de foi soigneusement préparée soulignant, “nous aurons, soyez certains, une approche positive de principe”.

36 voix sur 54
Le suspense n’a donc été que de circonstance. Philippe Bas l’a emporté avec 36 voix, contre 16 à Yveline Druez et deux blancs. Visiblement ému, le nouveau président a d’abord mentionné qu’il n’était pas un “homme de discours”. Il a pourtant tenu le devant de la scène pendant une demi-heure afin de présenter ses orientations. “Nous devons nous mettre au travail dans le choix et la conviction de chacun en cherchant un maximum de consensus. Notre seul but doit être l’intérêt général”.
Reste que le Conseil départemental aura une marge de manœuvre déterminée par ses finances. “Nous devons justement trouver l’équilibre entre les exigences et les ressources. N’oublions pas que nos dépenses sociales progressent plus vite que nos rentrées d’argent”. L’objectif à maintenir reste 75 millions d’euros d’investissements ; cette ligne sera dure à suivre, Philippe Bas ne l’a pas caché, “nous devrons aussi inscrire nos actions dans la future grande Normandie. N’y allons pas à reculons pour contrer l’attractivité, proche, de l’Île-de-France. La Manche ne doit devenir en aucun cas le parent pauvre de la grande région”.
Que l’on ne s’y trompe pas. Si l’homme est affable, prévenant, consensuel, il fait partie de la majorité départementale qui entend mener la danse. Le nouveau bureau ne comprend pas de membres de la “gauche” traditionnelle ; l’ouverture s’est plutôt faite sur la parité hommes-femmes. On retrouve ainsi Christine Lebacheley (Val de Saire), Marc Lefevre, premier vice-président qui aura la main sur les finances et la réforme territoriales, de nouvelles têtes comme Valérie Nouvel (Pontorson), Catherine Bruneau-Rhyn (Avranches), Anne Harel (Coutances), des vieux routiers comme Bernard Tréhet (Brécey), Patrice Pillet (Bricquebec) ou François Brière (Saint-Lô), puis des valeurs éprouvées à l’instar de Marc Julienne (Granville), Marie-Pierre Fauvel (Condé-sur-Vire) ou Jean Morin (Créances). Pour Philippe Bas, un impératif, “pas question de blanchir sous le harnais avant d’entrer au bureau. Toutes les classes d’âges doivent être représentées”. A noter et la nuance a son importance, pas de numéro pour les autres vice-présidents, sauf évidemment le premier. Même démarche sur la commission permanente où de nouveaux élus entrent de plain-pied, à l’instar de Maryse Hédouin (Quettreville sur Sienne) ancien membre de la Chambre d’agriculture. L’opposition a cependant décroché quelques postes à la cette commission permanente et notamment la challenger de Philippe Bas, Yveline Druez ou encore Sébastien Fagnen (Cherbourg).

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