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Syndicalisme
Philippe Court, un préfet attentif

Lundi 29 juin, la FDSEA du Calvados invitait le préfet du département à visiter une ferme du Pays d’Auge. Tour à tour, les élus ont plaidé pour une série de dossiers à l’oreille d’un préfet plutôt à l’écoute.

PREFET
Dans la cour de la cidrerie Desvoye, à Beaufour-Druval, Géraldine Desvoye présente l’atelier cidricole, entourée des élus de la FDSEA du Calvados.
© DR

C’est un préfet intéressé et curieux du monde agricole qui s’est présenté dans les fermes voisines de Thierry et de sa sœur, Géraldine Desvoye, lundi 29 juin, pour une visite à la fois professionnelle et politique. Philippe Court, préfet du département depuis le 6 janvier, a écouté Thierry Desvoye décrire son exploitation laitière AOP, s’est informé du prix du lait, des différentes appellations locales. Face aux mélanges pour l’aliment, celui qui arrive d’Ardèche et des Hautes-Alpes, a entendu les différentes explications sur l’autonomie protéique et la difficulté de se passer du soja importé. A voulu connaître les caractéristiques de la Normande, ses qualités, laitière et bouchère. Dans la cour de la ferme cidricole voisine, Géraldine Desvoye l’a initié aux pommiers hautes tiges et évoqué la croissance de la filière, « les marchés du cidre sont en augmentation, on s’en sort bien. Enfin, jusqu’au confinement ». La ferme a perdu 73% de chiffre d’affaires en mars, 90% en avril et en mai. « Est-ce que c’est reparti ?  s’inquiète-t-il, « oui ça reprend, en juin, on ne fait que moins 20% ».

Relancer le cidre

Parmi les nombreux élus de la FDSEA présents, Thomas Pelletier, président de la FNPFC*, en profite pour lui demander de « transmettre des messages » : les cidriculteurs demandent une aide à la destruction de la prochaine récolte, un report de charges sociales pour les non-salariés. Le préfet évoque les garanties de prêt. « 650 millions d’euros en tout ont été engagés dans le Calvados pour l’activité partielle, le report des charges, le fonds de solidarité. Le pays est à genou pour deux générations. » « On le sait », réplique Thomas Pelletier qui évoque des aides pour « reparler de notre produit. C’est intéressant de relancer la communication ».

Abattoir, Douvres, sanglier…

Le préfet se montre enthousiaste à l’esquisse du projet d’abattoir en cuma dans le Pays d’Auge, porté par l’éleveuse élue à la Chambre d’agriculture, Aurélie Mournaud, « ça me paraît être une bonne idée, comme toute initiative qui tend à améliorer la valeur ajoutée ». Il se dit « intéressé » par le projet d’usine de retraitement à Cagny. Il « regardera » le dossier de demande d’utilité publique déposée par le maire de Douvres pour la Zone d’aménagement concerté des Hauts prés sur 30 ha de terres agricoles, mais se dit déjà « peu enclin » à signer celle de la zone d’aménagement commerciale de la même commune. Il envisage de sensibiliser les élus locaux à la limitation de la consommation d’espaces naturels et agricoles. Il estime que « la Safer pourrait être plus insistante » et relève que certaines parcelles sont vendues par des agriculteurs eux-mêmes à des promoteurs immobiliers. Pour le sujet épineux des dégâts de sanglier, il se dit favorable à des solutions comme le piégeage, les tirs de nuit lorsque c’est possible, les battues administratives. « La chasse est indispensable, elle participe à l’équilibre du milieu naturel ». Et veut utiliser la procédure civile pour « rappeler au propriétaire qui n’entretient pas son terrain, qu’il a une responsabilité financière ».

Voyageurs

L’été approchant, les élus évoquent la problématique des installations sauvages des gens du voyage dans leurs champs. L’agriculteur ne peut récolter que deux mois après leur passage, souvent, c’est trop tard, la récolte est perdue. En outre, les agriculteurs sont contraints de nettoyer eux-mêmes les ordures et déjections. Ils demandent aux pouvoirs publics d’anticiper les arrivées et de trouver d’autres solutions, des terrains de football par exemple. Philippe Court admet que la situation est délicate. Parfois, en raison du grand nombre de véhicules, il est plus simple de les laisser stationner dans le champ. Il invite la profession à mettre quelques terres à sa disposition, « je vous avoue que ça m’arrangerait », et propose un conventionnement avec prise en charge du nettoyage.

Monter en gamme

Sensible à l’amélioration du revenu agricole, le préfet du Calvados croit à la montée en gamme : millésimer le cidre, créer de nouvelles AOP, IGP. « Il faut redonner au bien sa véritable valeur », plaide-t-il. Le préfet insiste aussi sur le tourisme, « les Parisiens ne repartent-ils pas avec une part de Normandie dans leur valise ? ». « La clientèle parisienne n’est pas fidèle, elle est aléatoire », répond Fabienne Ferré. Il se dit « prêt à travailler avec vous sur les éléments de notoriété ».
Puis le Montpelliérain repart avec un peu de Normandie dans son sac, du cidre et du fromage, évidemment.

* Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre

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