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Alain Pelluet, producteur de lait à St-Honorine-la-Chardonne (61)
Plaidoyer pour une OP “musc’lait”

“Plus nous serons nombreux, plus nous serons forts”. Alain Pelluet, producteur de lait à St-Honorine-la-Chardonne (61), prône la macro plutôt que la micro-OP (Organisation de Producteurs). Question d’équité et de rapport de forces.

Alain Pelluet : “nous devons être collectivement solidaires et unis. Seul, et même avec un million de litres voire plus, on ne pèsera rien dans le débat”.
Alain Pelluet : “nous devons être collectivement solidaires et unis. Seul, et même avec un million de litres voire plus, on ne pèsera rien dans le débat”.
© TG
A son installation il y a 18 ans, Alain Pelluet était livreur Vallée (Clécy-14). L’appétit du géant Lavalois en a fait depuis un Lactalis. Comme ses pairs, il a reçu en avril dernier une proposition de contrat qu’il a immédiatement décliné par courrier suivant ainsi les recommandations de la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait). S’il fallait résumer en quelques mots l’esprit de la première mouture de contrat du leader mondial, notre ancien responsable lait du CDJA lâche “de l’intégration pure et simple”. 

Une porte qui s’ouvre
Quelque 4 mois plus tard, Alain Pelluet vient de recevoir une autre proposition  l’invitant à rejoindre le groupement de producteurs Lactalis Domfront. Dans un courrier daté du 20 juillet, Jean-Luc Guillais (président de l’association) explique en effet qu’il a été “décidé d’ouvrir notre groupement qui compte 612 adhérents aux producteurs Vallée qui le souhaitent. Afin d’assurer une représentation des producteurs Vallée (hors association AOC et association bio), des délégués seront élus pour siéger au conseil d’administration dans les mêmes proportions que celles existantes aujourd’hui, à savoir un délégué pour 25 à 30 producteurs, rééligibles tous les 3ans. Nos objectifs sont de réunir un grand nombre de producteurs quelle que soit leur sensibilité afin d’être plus représentatifs face à notre acheteur”. Une initiative qui n’a rien de condamnable puisqu’elle vise à fédérer des producteurs face à un acheteur mais qui ne séduit pas pour autant Alain Pelluet.

L’aval de Laval
Pour justifier ce peu d’emballement, notre éleveur jette un coup d’œil dans le rétroviseur. “Les politiques nous ont laissé tomber en détricotant les interprofessions. Or, l’interprofession est le seul outil garant de l’équité de traitement entre tous les producteurs. Que ce soit en termes de droits à produire, de fixation de recommandations d’évolutions des prix, de fixation des critères de qualité...” C’est donc sur des OP puissantes qu’il faut s’appuyer pour défendre les intérêts de la profession. “Il faut massifier collectivement dans un premier temps l’offre. Ensuite, on pourra discuter. Plus nous serons nombreux, plus nous serons forts”, résume-t-il. Une OP, même à un millier de producteurs face à un géant mondial, c’est le pot de terre contre le pot de fer.
Par ailleurs et sans porter aucun jugement de valeur, Alain Pelluet souligne le risque d’accointances. C’est son laitier qui lui a déposé ce courrier avec sans doute l’aval de Laval. A terme, qui tiendra les ficelles ?
Attention au risque de manipulation et au délit de faciès”, avait dénoncé en son temps Olivier Borel, président de la FDSEA de l’Orne.  

Qui tiendra les ficelles ?
Combien de producteurs vont-ils franchir le pas de cette porte ouverte ? Du côté de la FDSEA et de JA, le mot d’ordre est clair: “ne vous précipitez pas.”
FDSEA/JA qui insistent par ailleurs : “malgré les courriers envoyés et un entretien, l’OP Lactalis Domfront est toujours restée sourde au projet FNPL 2015”. En attendant, chacun propose ses réunions d’informations. “Vers le 20 septembre. Les producteurs Vallée qui auront choisi d’adhérer au groupement Lactalis Domfront y seront naturellement invités”, précise le courrier signé par Jean-Luc Guillais. Autre stratégie à la FDSEA, ce sera “open”.
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