Aller au contenu principal

Désherbage maïs
Plus de précision pour une plus grande efficacité

Le retrait de plusieurs spécialités commerciales et l’évolution de la flore requièrent une plus grande précision dans les opérations de désherbage du maïs.

Lors de la prochaine campagne, le désherbage du maïs va connaître de nouvelles évolutions en matière des produits utilisés. Les spécialités commerciales à base d’alachlore ou à base de diméthénamide sont dorénavant interdites d’utilisation. Ce qui implique une diminution des solutions envisageables en désherbage de prélevée. Par ailleurs, l’Eclat (Bromoxynil phénol et Prosulfuron) bien qu’il soit encore autorisé, ne sera plus disponible à la vente. Ce retrait risque de poser des problèmes sur les contrôles des renouées des oiseaux ou sur celui des mercuriales. Les solutions de remplacement proposées pour le moment sur ces adventices, semblent efficaces seulement dans le cadre d’interventions précoces accompagnées de bonnes conditions d’application.
La complexification de la flore rend quasiment obligatoire un désherbage en deux passages que ce soit dans des programmes basés sur du désherbage de prélevée ou sur du désherbage de post-levée.

Désherbage en prélevée, interdiction de l’alachlore et du diméthénamide
Les traitements de prélevée permettent un premier nettoyage de la parcelle. Ils assurent une certaine sécurité notamment sur des terrains où la portance n’est pas garantie au cours du printemps. En présence de graminées estivales ou de véroniques, ils présentent également un certain intérêt. Parmi les produits encore autorisés, certains visent soit plutôt les graminées (Trophée, Harness) soit plutôt les dicotylédones (Prowl 400, Lagon). Des produits comme Camix (utilisable également en post-levée précoce) présentent une efficacité mixte. Il est également possible d’associer certains antigraminées à des antidicotylédones.
Les désherbants de prélevée sont des produits racinaires. Cela implique, pour la réussite de cette technique, la présence de pluies conséquentes dans les jours suivant l’application. En 2007 et 2008, les conditions humides du mois de mai ont induit une bonne efficacité de ce type de programmes. Mais, attention aux printemps secs ! Un second traitement de post-levée ciblera les adventices restantes. Il doit s’adapter à la flore encore présente. La période à laquelle il s’effectue, dépend des repousses des adventices. Les produits employés sont choisis en fonction de celles-ci.
Voici quelques programmes possibles : voir tableau 1.

Désherbage en post-levée : ne pas intervenir trop tard !
Le grand intérêt des programmes de post-levée est de pouvoir adapter les produits à la flore présente et aux stades des mauvaises herbes. Mais attention, dans la majorité des situations, la diversité des adventices et l’échelonnement de leur levée rend très insuffisant un seul passage au stade 6-8 feuilles du maïs. De plus, le maïs peut déjà être pénalisé par un salissement trop important à ce stade. Deux passages sont donc nécessaires : le premier se réalise après les 1res levées d’adventices au stade 1 à 2 feuilles (3-4 feuilles du maïs) et est suivi d’un second passage 15 jours après environ, permettant la destruction des adventices qui auront relevé. Le premier traitement associe souvent un antigraminées type Milagro ou Pampa ou Equip à un antidicotylédones type Callisto ou Mikado (renforcement mutuel des produits). Le second passage sera à adapter en fonction de la flore présente.
Les adventices difficiles à contrôler seront à désherber à un stade très jeune (1 à 2 feuilles). A noter, le retrait des ventes de l’Eclat qui risque de poser des problèmes sur les contrôles des renouées des oiseaux ou sur celui des mercuriales. Les solutions de remplacement demandent des interventions précoces. Ne vous laissez pas déborder !
L’ajout d’une hormone est également possible, mais vu les conséquences sur la santé du maïs, nous vous conseillons leur emploi seulement en présence de vivaces comme le liseron.
De façon générale, la reconnaissance des adventices aux premiers stades et la possibilité d’intervention au moment propice (stade des adventices et conditions météorologiques) sont nécessaires à la réussite des traitements.
Voici quelques programmes possibles : voir tableau 2.
Arnaud LANGLOIS
Chambre d'Agriculture du Calvados


Attention à bien vérifier l’usage des spécialités commerciales et la possibilité de mélange de celles-ci. Vous pouvez vous référer à votre technicien ou vous rendre sur le site internet de l’administration : http://e-phy.agriculture.gouv.fr

Réussir son désherbage passe par de bonnes conditions d’application
Elles sont au moins aussi importantes que le choix des produits et de leurs doses pour assurer une bonne efficacité et une sélectivité acceptable.
- En pré-levée
Les herbicides à action racinaire doivent être pulvérisés aussitôt après semis sur un sol encore suffisamment humide, assez fin, sans grosses mottes, bien rappuyé (attention toutefois à ne pas trop affiner les terres battantes). Une pluviométrie conséquente (10-20 mm) est indispensable dans les jours qui suivent l’application pour obtenir une efficacité optimale.
- En post-levée
Les herbicides à action foliaire sont surtout efficaces en conditions poussantes :
- hygrométrie au moins égale à 70 %, soit le matin tôt ou le soir tard pendant les périodes ensoleillées et chaudes ;
- températures suffisantes comprises entre 12 et 15 °C sans variation importante au delà de ces extrêmes ;
- temps calme sans vent ou orage et fortes pluies annoncées ;
- éviter de réaliser des traitements sur maïs au stade pointant ou chétifs, peu poussant de couleur pâle ;
- éviter également de désherber des maïs au delà de 8 feuilles pour ne pas augmenter les risques de phytotoxicité et “l’effet parapluie” des plantes qui protègent les adventices de la pulvérisation.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fossé traité : l’agriculteur ne nie pas mais regrette la procédure
Début juin, un agriculteur reçoit un appel de l’Office français de la biodiversité du Calvados pour avoir traité un fossé. Lundi…
Une éleveuse ornaise sur les marches du festival de Cannes
Jeudi 15 juillet, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice à Mauves-sur-Huisne (61), a monté les marches du Palais des festivals à…
Session de la Chambre d’agriculture de l’Orne lundi 21 juin 2021, sans les représentants de l’Etat qui ont fait valoir leur droit de réserve en raison du second tour des élections le 27 juin 2021.
La récolte 2021 s’annonce belle dans l'Orne
La dernière session de l’Orne, lundi 21 juin, a été marquée par l’absence, pour cause d’élections, du personnel administratif d’…
Pour la Préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, Maxime Le Jeanne décrit l’équipement de l’unité de méthanisation installée en 2011 au Gaec des Fossés à Moussonvilliers dans le Perche et agrandie en 2016.
La préfète appréhende le cycle complet de la méthanisation
Sur l’invitation de la FDSEA et de JA, Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, s’est rendue mardi 6 juillet 2021, dans l’élevage de…
« Marc Vandecandelaere (président de la coopérative Linière du Nord de Caen : « St-Manvieu-Norrey est le site idéal, pas de voisin et pas de consommation de terres agricoles » . DR
Le site de teillage à Saint-Manvieu-Norrey opérationnel en septembre 2022
Le permis de construire est déposé. Si tout va bien, la nouvelle usine de teillage de St-Manvieu-Norrey  (14) devrait être…
Les rendements en orges sont au rendez-vous de la moisson
En date de lundi 19 juillet 2021, les organismes de collecte saluent une belle avancée dans les orges et attendent les premières…
Publicité