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Normandisation du troupeau
“Plus éleveur que céréalier”

A l’Earl des Milleries, St Germain sur Sèves, les époux Normand ont changé de race sans aucun complexe.

Pascal Orvain, président de “Normande 50” présente l’earl des Milleries et son parcours pour "normandiser".
Pascal Orvain, président de “Normande 50” présente l’earl des Milleries et son parcours pour "normandiser".
© E.C.
Malgré le froid et une bise venue du nord, une cinquantaine d’éleveurs ont investi la stabulation de M. et Mme Normand, à St Germain sur Sèves, non loin de Périers, mercredi 19 décembre dernier. Il est vrai que “Normandiser” son troupeau dans une optique de production AOC locale, en l’occurrence Réaux, mérite le coup d’œil. Démarche progressive Philippe Normand l’avoue sans complexe, “nous sommes plus des éleveurs que des céréaliers”. Bref, travailler avec du “vivant”, le couple connaît. Sous la houlette des techniciens d’Amélis, du président de Normande 50 et de la fromagerie Réaux, ils ont expliqué leur démarche progressive de “normandisation”, engagée depuis 1990. A cette date, le couple s’installe sur la ferme qui comprend 45 ha de SAU et 173 000 litres de quota sur un troupeau Holstein “dont la majorité était sans insémination ni Contrôle Laitier”. 1992, reprise de 10 ha en location avec 66 000 litres supplémentaires ; 1994, début de la mise aux normes. 1999, adhésion à l’Upra Normande. 2005? une date clé pour l’earl avec l’achat de 15 génisses normandes prête à inséminer et l’adhésion à Bovin Croissances. L’année dernière, les dernières Prim’Holstein font leurs adieux aux Milleries. Cette année, notre couple quitte “Mont-blanc” pour livrer chez Réaux. “Nous avions du lait “riche”, l’entreprise nous a proposé d’aller chez Réaux que nous avons contacté, cela nous a poussé à passer en 100% Normandes. Par ailleurs, nous avons fait un constat : la production laitière est limitée et nous souhaitions améliorer notre revenu en augmentant les produits lait et viande tout en valorisant au maximum les surfaces en herbe (prairies naturelles et marais communaux). Cahier des charges strict Sylvaine Quesnée, ARC de Réaux, estime que l’earl a toute sa place dans l’entreprise spécialisée dans les camemberts, beurre et crème AOC, qui valorise 18 millions de litres de lait collectés auprès d’une soixantaine de producteurs. “Nous avons un cahier des charges strict avec des exigences sur la race et l’alimentation”. Philippe Normand le souligne, “notre niveau de production est en hausse”. Côté alimentation, la ration hivernale, distribuée trois fois par jour, est composée de maïs, colza, colza tanné, levure, urée et de CMV (type 30) avec bien sûr du sel et du foin à discrétion. Au printemps, le troupeau prend la direction des pâtures avec toujours un peu de maïs et de colza, idem pour la ration estivale. Mieux élever les génisses L’adhésion au Contrôle de Croissance a été soigneusement réfléchie. “Nous souhaitions mieux élever nos génisses, trop de maïs dans la ration, mais également avancer l’âge au vêlage”. Deux lots ont d’ailleurs été constitués cette année. Pour les vêlages précoces, maïs à volonté jusqu’à l’insémination, prévue vers 17-18 mois pour compenser un manque de poids ; après échographie, enrubannage 50%, maïs ensilage idem, et 1 kilo de colza. Pour le second lot, les vêlages tardifs : enrubannage à volonté complémenté par 1 kg de colza, puis au cours de l’été, pâturage. Dans la foulée, l’earl élève chaque année 12 à 15 bœufs afin de valoriser les prairies éloignées et profiter de la proximité des marais communaux. Les résultats laitiers (242 000 litres de quota), parlent d’eux-mêmes. La moyenne en lait brut s’élève à 7827 kilos avec un TB à 40,7 et un TP à 35,3. Pas de bon troupeau sans sélection. L’earl joue ici la carte Amélis qui réalise conjointement le plan d’accouplement annuel. “Les objectifs ? La mamelle, la taille, les aplombs sans oublier le TP et le lait”. Le cheptel, au bilan génétique de l’UPRA, se situe notamment à + 11 en Inel et + 299 en lait par rapport à la moyenne départementale.
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