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Pois chiches normands : bilan mitigé

Vendredi 15 novembre, l’heure était au bilan des essais de pois chiches menés par six agriculteurs, conduits par la Coopérative de Creully, Terres Innovia et la Chambre régionale d’agriculture de Normandie. Résultat mitigé : positif techniquement mais ça coince financièrement.

© JP

lll Six agriculteurs adhérents de la Coopérative de Creully ont semé six parcelles de pois chiches, entre le 15 mars et le 10 avril. Surface : 17 ha. L’essai de culture, que l’on trouve davantage dans le sud-ouest de la France, était encadré par la Coopérative de Creully, la Cran et Terres Innovia. Plusieurs raisons à cet essai: trouver une nouvelle tête d’assolement dans un contexte de fin de betteraves, allonger une rotation, prendre un créneau local d’alimentation humaine. Fin mai, un tour de plaine avait pour objectif de repérer la présence ou l’absence de l’ascochytose du pois chiche.
« C’est le point noir de la culture, chez nous, en Normandie, expliquait alors Jean-Philippe Chenault, responsable agronomique à la coop de Creully. Le champignon se développe très vite, sous forme de foyers, surtout en milieu humide. »

Moisson
Les exploitants ont récolté le pois chiche pendant la première quinzaine de septembre. « La moisson est un peu tardive », reconnaît Jean-Philippe Chenault. Le risque : « le pois chiche est une plante indéterminée. Si le mois d’août est pluvieux, la parcelle peut repartir en fleurs », décrit Agathe Penant, référente protéagineux chez Terres Inovia. Les rendements normands se situent entre 17 et 28 q/ha, avec une moyenne des six parcelles à 21q/ha. Contre 18q/ha en moyenne nationale. « C’est pas mal dans le contexte climatique », souligne Jean-Philippe Chenault. Agathe Penant complète : « si le pois chiche souffre du froid, il n’aime pas non plus les températures au-dessus de 35 °C. Les coups de chaud dans le sud ont fait baisser le rendement ». Elle explique en partie les bons résultats en Normandie par l’effet nouveauté.  « Le pois chiche a encore peu de bioagresseurs et pas d’ascochytose». Si deux exploitants en AB et un en conventionnel ont choisi de garder leur récolte pour la vendre en direct, le reste de la production est parti sur le marché du pois chiche. « Nous avons récolté 28 tonnes. J’espérais bien qu’on allait remplir au moins un camion », souffle Jean-Philippe Chenault. Le gros hic sur cette campagne : le prix. « Il y a moins de cinq ans, le cours du pois chiche était autour de 600 E/t. Aujourd’hui, il est divisé par deux. Le marché a été inondé. Comme les besoins sont faibles, ils sont vite comblés. » Pour être davantage rentables, « nous aimerions viser 25 q/ha l’année prochaine ».

Perspectives
Selon la Coopérative de Creully, certains agriculteurs reconduisent l’essai. D’autres, déçus, arrêtent : « il ne faut pas comparer avec les bénéfices du lin textile, sourit-il. La culture doit s’intégrer dans la marge de la rotation et se raisonner sur le plan de gestion des graminées et de l’azote». Plusieurs pistes d’amélioration ont été présentées sur l’ITK : « trouver des techniques d’implantation pour limiter les charges sur ce poste, en passant par une Cuma par exemple; conserver des dates de semis comprises entre le 15 mars et le 10 avril ; adapter la variété semences : le levier génétique est important et cette année nous n’avions pas la variété adaptée au contexte climatique ». Économiquement quelques pistes seraient envisageables : « le plan protéine, à condition qu’il soit à la hauteur, la vente directe ».
Agathe Penant insiste : « l’année prochaine, le suivi économique de la culture sera important. Les agriculteurs doivent trouver un équilibre entre l’intérêt agronomique et la rentabilité de la culture ». Pour que l’essai soit reconduit, la Coopérative de Creully aimerait atteindre 20 ha.

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