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Sanitaire
Pomme de terre : de la prophylaxie avant tout !

De par son incidence sur les rendements et la qualité, le mildiou est actuellement la principale maladie des cultures de pomme de terre. Une lutte active contre cette maladie ne peut s’envisager que de manière préventive grâce à une prophylaxie efficace.

Pour limiter le développement de la maladie et les risques de transfert de matières actives phytosanitaires vers les tubercules et les eaux, on veillera à limiter le nombre de traitements anti-mildiou effectués sur les cultures en combinant à la lutte chimique raisonnée des mesures prophylactiques et des méthodes culturales de contrôle de la mala-die.
Pour limiter le développement de la maladie et les risques de transfert de matières actives phytosanitaires vers les tubercules et les eaux, on veillera à limiter le nombre de traitements anti-mildiou effectués sur les cultures en combinant à la lutte chimique raisonnée des mesures prophylactiques et des méthodes culturales de contrôle de la mala-die.
© S. Dévé
Pour limiter le développement de la maladie et les risques de transfert de matières actives phytosanitaires vers les tubercules et les eaux, on veillera à limiter le nombre de traitements anti-mildiou effectués sur les cultures en combinant à la lutte chimique raisonnée des mesures prophylactiques et des méthodes culturales de contrôle de la mala-die.

Limiter les sources d’infection primaire
Ces mesures prophylactiques sont essentielles. Si elles ne sont pas mises en œuvre, le raisonnement de la protection des parcelles avoisinantes devient très difficile. Elles visent à réduire les sources d’infection primaire que sont les tas de déchets et les repousses de pomme de terre dans les champs. Cette problématique est un sujet récurrent lors de chaque campagne mais il n’est malheureusement pas superflu de rappeler quelques règles de base pour tenter d’éviter de revivre en 2008 une campagne mildiou comme 2007. Le problème de la prophylaxie réside dans le fait qu’il s’agit de mesures collectives, pas toujours faciles à réaliser. Ainsi, c’est très facile de ne rien faire et de rejeter la faute sur le voisin…

Deux méthodes pour détruire les tas de déchets
Aucun tas de déchets (rejets issus de triage lors de la mise en conservation ou à la mise en marché) ne doit se trouver à proximité d’une parcelle, d’un fossé ou d’un cours d’eau.
Deux méthodes peuvent être employées pour la destruction de ces déchets :
- le bâchage sans traitement (possible uniquement si le tas contient beaucoup de terre et s’il n’y a pas de problème d’écoule-ment de jus). Il s’agit de poser une bâche plastique en bon état (type ensilage) avant l’apparition de toute végétation  en prenant soin de bien la maintenir au sol ;
- l’application de chaux vive est à préférer si le tas contient beaucoup de tubercules ou si le risque d’écoulement de jus est important. Cette solution oblige le producteur à mélanger de la chaux aux pommes de terre, à raison de 10 % du tonnage à traiter. C’est une pratique qui exige plus de technicité et de savoir-faire compte tenu des précautions à prendre pour la manipulation du produit (port de masque respiratoire, gants, lunettes…).
Tous les tas de déchets devront être traités au plus tard au moment des plantations.
Une solution alternative de gestion des déchets est parfois utilisée. Il s’agit alors d’épandre en faible épaisseur sur terre nue à l’automne ou dans le courant de l’hiver ces déchets, sans les enfouir afin de bénéficier de l’action du gel. La douceur de l’hiver 2006-2007 a montré qu’il s’agit d’un pari assez risqué et que l’épandage est à proscrire après le mois de janvier car la probabilité de gel suffisant diminue.

Limiter la présence de repousses dans les autres cultures
Il n’existe pas de solution efficace à 100 % pour détruire en une seule intervention toutes les repousses de pomme de terre présentes dans les cultures suivantes. Il sera donc nécessaire d’associer un ensemble de pratiques culturales afin de limiter leur effet vis-à-vis du mildiou.
1 - Le Fazor, appliqué sur pomme de terre comme antigerminatif de végétation (5 kg/ha), a un effet intéressant sur les repousses (efficacité de 40 à 80 % selon les variétés) dans les cultures suivantes. Cette solution est onéreuse, mais elle permet de retarder la date de première thermonébulisation de CIPC en cas de conservation de longue durée.
2 - Lors de l’arrachage, il im-porte de récolter le maximum de tubercules. De même, il convient de ne pas épandre de déchets de pomme de terre au printemps.
3 - Les techniques d’implanta-tion sans labour doivent être privilégiées pour la culture suivante, afin de laisser le maximum de tubercules en surface ; ils seront alors plus sensibles à l’action du gel.
4 - La lutte contre les repousses s’effectue à l’échelle de la rotation, par le respect du temps de retour de la pomme de terre (au moins 4 ans), le choix de cultures appropriées et l’emploi d’herbicide. Les céréales ont une action étouffante sur les repousses de pomme de terre et permettent de mener une lutte chimique efficace avec des produits à base de fluroxypyr seul (exemple Starane 1 l/ha) ou associé à des hormones (Bofix/Ariane 4 l/ha). Il convient d’intervenir sur de jeunes repousses et sans dépasser le stade 1-2 nœuds de la céréale pour les produits type Ariane/Bofix. A l’opposé, l’élimi-nation des repousses dans les cultures de betterave est très contraignante (arrachage manuel). En culture de maïs, l’action de Mikado et de Kart est intéressante. L’interculture est aussi une période propice à la destruction des repousses. Sur repousses levées et avant tubérisation, il est possible d’utiliser du glyphosate à 1440 g m.a/ha. Sur des repousses plus développées (tubérisation) cette dose est insuffisante pour détruire les tubercules.

La variété et les conditions de traitement, un autre levier
Le choix d’une variété peu sensible au mildiou, une plantation suffisamment profonde et un bon buttage permettent de limiter les risques d’attaque et de protéger les tubercules fils contre la mala-die. La prise en compte de la résistance variétale au mildiou du feuillage est un critère essentiel pour limiter le nombre de traitements fongicides. La résistance au mildiou du tubercule de certaines variétés permet, en outre, de tolérer, sans problème de qualité des tubercules, quelques traces de mildiou du feuillage en cours de culture.
D’autre part, il convient d’assurer une bonne protection de l’ensemble de la parcelle, y compris les fourrières, bordure d’obstacles divers, coin de champs… L’utilisation d’un pulvérisateur en bon état, contrôlé régulièrement et le choix des périodes de traitement les plus favorables permettent d’assurer une qualité de pulvérisation optimale.

Quand traiter ?
Seule la présence, dans l’environnement, d’une source d’infection primaire à proximité de la parcelle (tas de déchets, jardin particulier, repousses contaminées), conduira à déclencher les traitements plus précocement que ce que préconisent les outils d’aide à la décision
(Mildi-LIS®par exemple) ou les Avertissements Agricoles®‚ de la Protection des Végétaux. Les mesures prophylactiques de choix de la parcelle ou de gestion des tas de déchets doivent conduire à éliminer bon nombre de ces situations. En phase épidémique, les systèmes d’aide à la décision à la parcelle ou, à défaut, les Avertissements Agricoles® sont indispensables car ils simulent l’évolution de l’épidémie pour en déduire les meilleures dates de traitements.
Ils doivent être associés à une observation attentive de la parcelle et de son environnement proche.

Une campagne 2006/2007 exceptionnelle qui ne doit pas engendrer l’immobilisme


Le Comité interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT) a dressé un bilan particulièrement positif de la campagne 2006/2007 que le directeur général de l’organisation interprofessionnelle, Jean-Luc Gosselin, qualifie d’exceptionnelle. En effet, si la production 2006 n’a pas dépassé la moyenne de ces dernières années, avec 4,4 millions de tonnes, du moins a-t-elle échappé à la baisse de récolte qui a affecté la plupart des grands pays producteurs de l’Union européenne : - 4,4 % pour les cinq  plus importants du Nord de la Communauté, dont - 11,5 % chez le premier,  l’Allemagne.
Ce déficit de production européen, aggravé de problèmes qualitatifs, a encore élargi le débouché à l’exportation pour la France (déjà premier exportateur mondial de pommes de terre) et lui a permis d’établir un nouveau record avec 1,8 Mt de  sorties, soit quelque 40 % de la production nationale. Autre résultat encourageant : le coup d’arrêt à la baisse de la consommation des ménages, cette reprise se confirmant depuis le début de l’actuelle campagne avec + 6,7 % pour la période de juillet à novembre 2007. Enfin, cette conjoncture des prix élevés qui a profité à l’ensemble de la filière.
Si les responsables du CNIPT se félicitent de cet excellent bilan de la dernière campagne, ils reconnaissent la part de certains facteurs conjoncturels qui n’interviendront pas à chaque campagne. Ainsi, la récolte européenne sera sans doute, cette année, plus élevée qu’en 2006. C’est déjà le cas en France où, selon les dernières estimations, la production atteindrait 4,73 Mt, soit 7,3 % de plus que l’an passé. Pour le moment, ces bonnes disponibilités n’ont pas entamé le rythme des exportations françaises.  En revanche, elles font pression sur les prix qui, après la forte hausse de 2006/2007 retrouvent le niveau de 2005.  Enfin, il faut encore attendre l’avancée dans la campagne pour juger de la solidité de la reprise des achats des ménages : on avait assisté à ce même phénomène en 2003/2004 avant que la consommation ne se dégrade à nouveau.
Le CNIPT recherche donc des stratégies nouvelles pour enrayer  la baisse de consommation intérieure, stratégies qui ne peuvent se développer que dans le cadre de la filière, de l’obtenteur de variétés jusqu’au consommateur, avec un partage équitable de la valeur ajoutée.


L’exportation, débouché majeur
De même pour l’exportation qui constitue maintenant un débouché aussi important que la consommation intérieure pour le marché du frais de la pomme de terre (1). Pour le CNIPT, la stratégie de l’ordre dispersé paraît condamnée. Pour maintenir des performances élevées, il faudra adapter nos exportations à chaque pays client car les attentes de leurs consommateurs ne sont pas partout les mêmes, estime-t-il.  Ce travail d’approfondissement de la connaissance de la demande des consommateurs chez nos clients extérieurs fait déjà l’objet d’un travail en commun avec les opérateurs espagnols, ce pays étant de loin notre premier client, avec 660 000 tonnes de tubercules achetés en 2006/2007. Les relations se sont établies entre le CNIPT et une nouvelle organisation espagnole qui, sous le titre de CIPP, Club Ibérique des Professionnels de la Pomme de terre, regroupe neuf entreprises espagnoles de commercialisation. Son président, Roberto Ruiz, est venu le rappeler, à la tribune de l’Assemblée générale : « Le lien qui existe aujourd’hui entre la production française et le marché espagnol est si fort qu’il est désormais impossible de les comprendre l’une sans l’autre (…). L’interaction entre nos deux secteurs est devenue si symbiotique que le terme même d’import/export commence à nous paraître comme un anachronisme » a-t-il indiqué.

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