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A Pont-Farcy (14) : les experts sont dans le maïs

Après la mini tornade du 10 août qui a provoqué des dégâts importants, notamment dans les maïs de Thierry Hue (éleveur à Pont-Farcy - 14 - Gaec des Thuyas), les experts de la compagnie d’assurances sont venus le 3 septembre faire un premier état des lieux. 

A ceux qui auraient pu penser qu’à travers les propos tenus par Thierry Hue, dans notre édition du 28 août, que les experts des compagnies d’assurances jouaient parfois la montre, Lionel Hébert (expert conseil Groupama Centre Manche) et Michel de Beaucoudrey (expert foncier et agricole) répondent fermement “non. A chaque déclaration de sinistre, nous établissons un constat de survenance. En d’autres termes, une photographie des lieux à l’instant T. Dans le cas particulier de Thierry Hue, il n’y avait pas urgence à passer dès le lendemain du sinistre”. Et force est de constater que si la physionomie du maïs a changé par rapport au 10 août, les dégâts sont encore parfaitement visibles en ce 3 septembre.
Autre élément à prendre en compte dans cette chronologie, les experts fonciers et agricoles n’ont pas chômé en cet été 2014 avec les excès d’eau sur blé provoquant des germinations et des épisodes de grêle, notamment dans l’Eure. “Nous devons dans de telles circonstances prioriser nos interventions”, insiste Lionel Hébert.

Des coûts supplémentaires d’ensilage
Accompagné des responsables locaux de la FDSEA, Thierry Hue a guidé tout l’après-midi les experts à travers champs. Selon les parcelles concernées, les niveaux de perte oscilleraient de 20 à 50 % environ. Dans la plus touchée, c’est un passage de semoir sur deux qui est au sol. Pour MM. Hébert et de Beaucoudrey, le sinistre ne prête pas à contestation. “Dans toutes les parties à terre, il faudra lever le bec hacheur. Il faut mieux laisser la merde au sol plutôt que prendre un risque mycotoxine ou butyrique”, conseille-t-on du côté de la compagnie d’assurances. Et Thierry Hue de rebondir : “ça va compliquer le chantier d’ensilage et générer des coûts supplémentaires.” Pas de litige sur ce point entre les protagonistes. Les éventuels surcouts sont pris en charge et sans franchise. 

Cuber les silos
Au terme du passage des experts, Thierry Hue fait pourtant grise mine. Le chiffrage des pertes ne constitue qu’une première estimation et c’est par cubage des silos, après récolte, que les chiffres définitifs tomberont. Mais les différents échanges ont permis à notre éleveur de comprendre que le mécanisme de l’assurance récolte, en cet été 2014, ne plaiderait pas en sa faveur.
Une parcelle touchée à 50 % ? Il pensait être couvert même s’il faut tenir compte de la franchise. “Non, répondent les experts. C’est l’ensemble de la sole maïs de l’exploitation qui sera prise en compte”. Pour faire simple, le Gaec des Thuyas a ensemencé au printemps 34 ha dont 15 ha ont été touchés. Cette année, les maïs sont exceptionnels et certains font état d’une hausse des rendements de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale. 
Il est donc possible, qu’après cubage des 34 ha de maïs, la hausse des rendements dans les parcelles indemnes compense en partie la perte due à l’aléa climatique. Et in fine, avec un taux de franchise de 25 %, le Gaec des Thuyas pourrait se retrouver le bec (à maïs) dans l’eau. “Mais j’ai bien subi des pertes. Il va me manquer du fourrage..., insiste Thierry Hue. Comment je fais pour en racheter ? J’attends quoi ?” Notre éleveur s’attendait à un traitement particulier de son cas. Du côté de la compagnie d’assurances, on applique les termes du contrat en insistant sur le fait que ce n’est pas elle qui en a fixé les règles. Elles sont régies par le droit français et même européen. Elles ont fait l’objet de négociations avec la profession agricole. “L’assurance récolte, c’est une assurance coup dur. Elle fonctionne parfaitement quand, à cause d’un aléa climatique, l’avenir économique d’une exploitation est directement menacé”, résume Lionel Hébert.

S’assurer ou pas ?
Un sermon qui fait mal à entendre pour notre éleveur mais la messe n’est pas totalement dite. Michel de Beaucoudrey refera avec Thierry Hue un tour des parcelles, après récolte, pour quantifier de visu la quantité de fourrage restée au sol. La date d’ensilage est fixée au 4 octobre. En attendant, le Gaec des Thuyas s’interroge sur le bien-fondé de s’assurer. Le curseur penche aujourd’hui plus du côté du “stoppe” que du “encore”. D’autres éleveurs ont d’ailleurs fait ce choix. L’assurance récolte n’est pas une obligation. Un choix que respectent Lionel Hébert et Michel de Beaucoudrey. “Un choix de gestion, un choix de chef d’entreprise !”
Mais qu’il convient cependant de raisonner sur le moyen et le long terme. Les liniculteurs pourraient en parler.
En attendant, rendez-vous en octobre pour les experts... Episode 3.

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