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Portage foncier Safer/Région : un nouvel outil en faveur de l’installation des jeunes

En présence des JA de Normandie, la Safer et la Région Normandie ont signé une convention pour faciliter l’accès au foncier pour les jeunes candidats à l’installation.

© CH

Le 9 décembre à Rouen, la conseillère régionale de Normandie Karêne Beauvillard et le président de la Safer de Normandie Emmanuel Hyest ont signé une convention d’accompagnement destinée à alléger l’acquisition du foncier et ainsi faciliter l’installation en agriculture.
L’objectif du dispositif est de permettre des installations supplémentaires de jeunes agriculteurs en assurant le portage temporaire du foncier. La Région prend en charge le coût de ce portage (entre 3 et 5%) durant une période maximale de trois ans. Au bout de trois années, la Safer rétrocède les terres.
Sur les 31 000 exploitations normandes, plus d’un tiers des agriculteurs ont plus de 55 ans. L’installation des jeunes en agriculture est donc un enjeu fort pour la Région Normandie, notamment pour la transmission des exploitations.
« Sur le mur de l’installation, le portage foncier est une brique supplémentaire pour accéder à l’installation. Nous sommes contents que ce dispositif soit déjà effectif sur le terrain. Nous avons été écoutés. Il faut maintenant qu’il se multiplie. Aujourd’hui en Normandie, il y a 400 jeunes qui s’installent par an et il y a 1000 départs en retraite. Il faut faire vivre ce dispositif », déclare le président des JA de Normandie, Pierre le Baillif, qui en a profité pour mettre l’accent sur les montages sociétaires qui vont à l’encontre de l’agriculteur car difficiles à transmettre à un jeune.

Alléger le poids du foncier
La convention de portage foncier qui vient d’être signée a déjà permis à Florian Brisard et Mathieu Crouin de s’installer sur des exploitations économiquement viables sans avoir à investir dans le foncier.
Florian s’est installé sur une exploitation située à Ménil-Erreux, dans l’Orne. Le jeune homme de 28 ans est titulaire d’un BTS Acse et d’un CS de mécanique. Il a été durant cinq ans ouvrier agricole et a eu plusieurs projets d’installation qui n’ont pas abouti. « Sur mon projet d’installation à Ménil-Erreux, la banque était frileuse pour m’aider à investir. J’avais déjà le corps de ferme et le matériel à reprendre. Grâce au portage de la Région, j’ai pu m’installer. Mes parents m’ont loué 22 hectares pour m’installer au total sur 93 hectares en cultures céréalières ».
Mathieu s’est installé en janvier 2017 sur une exploitation à Saint Martin le Bouillant, dans la Manche. Il n’est pas d’origine agricole et a une expérience professionnelle en boulangerie à Paris. « Je suis sur une exploitation de 70 hectares dont 65 sont portés par la Safer. J’ai un atelier de 90 vaches allaitantes et de moutons. Tout est transformé à la ferme et les produits sont vendus en direct à la ferme ou sur les marchés. Mon projet d’installation a été très rapide et la banque était également réticente.  J’ai été très aidé par ma famille mais s’il avait fallu que j’investisse dans les terres, mon projet n’aurait jamais pu se faire ».
Pour ces deux installations, le portage foncier a donc été la solution. La Safer a acheté les terres et a signé un bail temporaire avec les jeunes installés.  Elle cherche aujourd’hui des apporteurs de capitaux qui s’engageront à louer les terres aux JA.
Le portage foncier peut également être utilisé pour acheter et stocker des parcelles en vue de consolider une exploitation avant transmission, pour stocker une exploitation pour un JA qui n’a pas finalisé son dossier.

Pour préserver une agriculture familiale
« Il y avait déjà des opérations ponctuelles dans ce sens », précise Emmanuel Hyest. « Aujourd’hui, nous avons une convention qui cadre bien les choses.  En Normandie, nous attribuons un hectare sur deux à des apporteurs de capitaux. Nous avions donc besoin de cette convention car nous ne trouvons pas toujours la personne adaptée au bon moment. Je suis content de pouvoir participer à la politique publique de la Région et à l’intérêt des jeunes agriculteurs. Nous défendrons toujours le modèle d’agriculture familiale, nous sommes persuadés que c’est le meilleur des modèles ».
La Safer vient de s’engager à continuer le portage même si les terres ne sont pas rétrocédées au-delà du délai initial validé avec la Région. A charge pour la Safer d’activer ses réseaux pour trouver des bailleurs plus rapidement.
Douze jeunes agriculteurs ont déjà été soutenus, à hauteur de 255 337 euros par la Région, représentant un montant total d’investissement de plus de 4 millions d’euros pour la Safer. La Région attribuera une enveloppe annuelle de 200 000 euros à ce dispositif.
« Avec cette convention, la Région est venue abonder pour préserver notre agriculture de demain. Entreprendre en agriculture c’est prendre beaucoup de risques, les investissements sont élevés, la profession vit une profonde mutation. Vous êtes courageux et conquérants et la Région continuera à vous soutenir », a conclu Kârene Beauvillard.

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