Vœux du président de la Chambre d'agriculture de la Manche
Pour 2026, François Rihouet espère plus de sérénité pour les agriculteurs de la Manche
Un an après son élection à la tête de la Chambre d'agriculture de la Manche, François Rihouet, fait le point sur les enjeux de l'agriculture de la Manche pour l'année 2026. Il souhaite plus de sérénité pour ses collègues.
â" Je ne peux pas m'engager sans les autres ", débute François Rihouet, président de la Chambre d'agriculture de la Manche depuis près d'un an, succédant à Pascal Férey en fonction pendant douze ans. Les autres, ce sont d'abord sa maman, Chantal, et son salarié, qui l'accompagne dans la conduite de son exploitation à Périers (une centaine d'hectares, 100 Normandes, deux robots de traite, lait livré aux Maîtres laitiers du Cotentin en AOP beurre crème d'Isigny, avec une alimentation sans OGM). Ce sont aussi les entreprises de travaux agricoles, le réseau des Cuma, les voisins et les copains.
S'appuyer sur le collectif
Les autres, ce sont également les collaborateurs et les collègues élus à la Chambre d'agriculture de la Manche, et à la Chambre régionale, " un bon groupe ", affirme-t-il. Des élus répartis sur le territoire avec des parcours différents et des compétences complémentaires. " Je peux m'appuyer sur Madame formation, Monsieur eau, Madame agronomie... ", et sur l'aide des anciens élus qui facilitent " la transition et la transmission ". C'est aussi par exemple nouer des partenariats pour être efficient. C'est le cas avec la Fédération des Cuma qui permet aux agriculteurs de bénéficier du conseiller machinisme. Mais " être président, ça change ! ", reconnaît-il. Sa mission : porter " une vision politique de l'agriculture ", sur le terrain, auprès des organismes professionnels mais aussi des collègues, des élus locaux... Un rôle " agréable et constructif ", qui nécessite du temps. " Quand je sème, je ne récolte pas le lendemain ", relève-t-il.
Savoir attirer
Agriculteur installé depuis 2012, engagé à l'échelle nationale au sein des Jeunes agriculteurs de 2014 à 2018, puis président de la Manche de 2018 à 2020, François Rihouet porte un intérêt à la transmission pour favoriser l'installation. " On doit être en mesure d'attirer ", reconnaît-il, d'autant plus que des projets de développement économique naissent dans le département, comme Aval du futur. " Je suis pour le développement économique mais il doit se faire en portant un œil sur la consommation foncière, la mobilité des agriculteurs avec leur matériel, l'emploi ", souligne-t-il. " C'est une question d'équilibre pour nos territoires ", concède-t-il.
De Saint-Lô à Paris
Pour 2026, le vœu premier de François Rihouet, c'est de " pouvoir faire son travail sereinement ". Économiquement en premier lieu. " En production laitière, on a des nuages qui arrivent ", prévient-il, avec une baisse de 10 % du prix du litre de lait annoncée. Il reste proactif sur le dossier de la gestion de la haie, la ressource en eau, l'entretien des cours d'eau, la durée des prairies temporaires. Autant de sujets qu'il a portés auprès de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard ou encore le ministre délégué à la transition écologique, Mathieu Lefèvre, venus dans la Manche les 22 et 26 janvier derniers. À chaque fois, les ministres sont repartis avec des dossiers en main. " Ces deux visites soulignent l'importance des actions locales et l'engagement de nos élus agricoles ", souligne François Rihouet.
Se former pour s'installer
L'installation des jeunes reste un enjeu fort. Depuis quelques mois, les porteurs de projets doivent passer et obtenir le Certicrea, c'est-à-dire la certification pour la création ou la reprise d'une entreprise agricole. " Un porteur de projet sur 4 ne le valide pas au premier passage. Cela les incite à retravailler leur projet. Et au 2e passage, rare sont ceux qui ne l'obtiennent pas. Il faut avoir conscience qu'il y a beaucoup de variables à maîtriser quand on s'installe ", assure l'agriculteur de Périers qui n'hésite pas à conseiller aux jeunes de passer par la phase de salariat. " Il faut prendre ce temps pour faire des stages ou encore intégrer le service de remplacement. C'est très formateur. Et cela permet de tester avant de prendre trop de risques ", affirme-t-il.
Le Gaec à l'essai est aussi une piste, déjà développé dans d'autres départements. " Se tester est important tout en ayant un statut. On ne veut pas être dans l'ubérisation de l'agriculture ", ajoute-t-il.
Garder les pieds dans les bottes
Si le mois de janvier a été intense entre l'épisode neigeux, la tempête Goretti, les mobilisations à Bruxelles et Strasbourg contre le Mercosur, les visites ministérielles, les cérémonies de vœux, François Rihouet garde les pieds dans les bottes aussi souvent que possible. "C'est ma ferme qui me fait vivre", conclut-il.
Avant la prochaine session de la Chambre d'agriculture de la Manche, il se rendra au Salon de l'Agriculture fin février en pensant aux éleveurs bovins privés de concours en raison du contexte sanitaire et en défendant le slogan "Venir, c'est soutenir". C'est aussi dans les allées que des dossiers sont évoqués, partagés et solutionnés.