Aller au contenu principal

Pour aller au zoo de Cerza, la viande fait son safari

La mobilisation des éleveurs prend une nouvelle forme. Samedi matin, les éleveurs du pays d’Auge ont contrôlé le zoo de Cerza. Dans ce site touristique, la nourriture servi aux visiteurs a parfois un petit goût d’exotique : pas toujours simple d’y manger français.

William Langin, producteur de viande et membre de la FDSEA : Nous avons appris que Le Cerza proposait de la viande étrangère aux visiteurs dans ses restaurants. Nous allons vérifier sur place. Les consommateurs doivent savoir ce qu’ils ont dans leurs assiettes”. (DR)
William Langin, producteur de viande et membre de la FDSEA : Nous avons appris que Le Cerza proposait de la viande étrangère aux visiteurs dans ses restaurants. Nous allons vérifier sur place. Les consommateurs doivent savoir ce qu’ils ont dans leurs assiettes”. (DR)
© vm

Juché dans le godet de son tracteur lors de la manifestation de Bayeux, Sébastien Debieu l’avait promis : “on ira voir le zoo de Cerza. L’entrecôte servie aux visiteurs n’y est qu’italienne. Je ne peux pas l’accepter”. Entre temps, le secrétaire général de la FDSEA 14 a bien occupé ses journées avec le blocage de Caen. Si ce dernier est suspendu, les opérations coup de poing perdurent.

Une visite pas anodine
Samedi matin, une petite centaine d’agriculteurs du pays d’Auge ont donc visité le parc zoologique de Cerza.  Les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA maintiennent la pression. “Ce choix n’est pas anodin. Nous savons qu’on ne mangera pas forcément français ici. On se bat pour faire remonter les cours de la viande.  En parallèle, les distributeurs et restaurateurs doivent favoriser la production française”, souligne le syndicaliste.

Contrôle des chambres froides
La manifestation a retardé l’ouverture de ce site touristique. Cependant, les responsables du mouvement assurent ne pas vouloir prendre en otage les visiteurs. Il faut cependant marquer les esprits. Les touristes ont donc patienté le temps du contrôle des deux chambres froides du parc. Les éleveurs y ont trouvé des entrecôtes avec la mention «né, élevé, abattu et découpé» en Italie. Les brochettes de bœuf sont, elles, importées d’Irlande. Concernant le jambon de pays, aucune origine n’est clairement spécifiée. Mêmes problèmes pour les aiguilles de poulet mexicaines. Point positif : les lasagnes et les steacks hachés sont bien élaborés avec de la viande française.

11,30 €/kg
Les représentants des agriculteurs cherchent à remonter les filières. Ils ont notamment pu observer les factures de l’établissement. “Les entrecôtes ont été achetées 11,30 €/kg. Avec des produits français, il faudrait au moins compter 15 €/kg”, note William Langin de la FDSEA du pays d’Auge.
Le zoo de Cerza respecte la loi. Les produits sont achetés dans le cadre du marché communautaire. Les agriculteurs demandent néanmoins plus de transparence et de jouer le jeu de l’élevage français. “Ne trompez pas le consommateur, affichez clairement l’origine des viandes sur vos menus”, souhaite Sébastien Debieu. Afin de les informer, quelques agriculteurs ont échangé avec les clients des restaurants du parc.

Message entendu
De son côté, le directeur du zoo de Cerza dit “avoir entendu le message des producteurs”. Acheter 100 % français est compliqué. “Quand j’achète du jambon de pays dans une salaison française, je pense que le porc est français. Il n’est pas toujours simple d’acheter local. D’ailleurs sur vos exploitations, privilégiez-vous les fabrications locales lorsque vous investissez dans du matériel ?”, interroge Guillaume Lemarinel. Et de poursuivre : “je gère une entreprise. Nous avons des contraintes de prix ou de logistique. Aucun groupe de producteurs locaux pouvant répondre à nos attentes n’est venu me voir”. Les restaurateurs doivent cependant jouer le jeu. Le cahier des charges des éleveurs français est plus strict et représente un surcoût. De l’ordre de 20 % pour une entrecôte sur la facture d’un restaurateur. Quelle sera leur réaction au moment de passer commande, sans la pression du syndicalisme agricole ?


Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Florian Lemasson (à droite) est technicien cultures à la Coopérative linière du nord de Caen. Il est intervenu à la réunion hivernale de l'AGPL en décembre 2025.
Un agriculteur dans le stade
Florian Lemasson, technicien cultures dans le Calvados, jouera mardi 13 janvier 2025 contre... L'Olympique de Marseille (OM) lors…
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
"Nous demandons aux autorités compétentes de renoncer à tout projet de prise en charge de cadavres infectés par la DNC sur le site de Saint-Langis-lès-Mortagne".
Des animaux euthanasiés pour cause de DNC traités par Atemax dans l'Orne ?
Le 19 décembre 2025, un communiqué de presse demandant de ne pas accepter le traitement des cadavres infectés par la DNC sur le…
Lison étant en proximité de la Manche, 20 communes sont ainsi placées sous surveillance suite à la découverte d'un cas d'influenza aviaire.
Grippe aviaire : un cas dans le Calvados, 20 communes de la Manche sous surveillance
Suite à la découverte d'un cas d'influenza aviaire hautement pathogène (grippe aviaire) dans un élevage de volailles à Lison (…
Cédric Dréano est JA à Messei. Il était accompagné de ses enfants (Louane, 9 ans ; Judith, 7 ans ; et Noé, 3 ans) à l'occasion des parades de Noël à Flers.
[EN IMAGES] La parade des tracteurs a illuminé le centre-ville de Flers
Vendredi 19 décembre 2025, les JA des cantons à proximité de Flers, ont participé à la parade des tracteurs de cette ville.
Publicité