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Portes ouvertes sur la culture de colza avec des plantes compagnes dans le Bessin

Mardi 19 janvier, la Chambre d’agriculture, en partenariat avec le Syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable (Siaep) du Molay-Littry, organisait un après-midi portes ouvertes chez Arnaud Pignolet, à Saon. L’exploitant a lancé une série d’essais sur la culture de colza avec des plantes compagnes.

n Promouvoir des actions dont l’impact est modéré sur la qualité de l’eau. Voilà l’objectif sur lequel planchent, en partenariat, la Chambre d’agriculture, le Siaep du Molay-Littry et des agriculteurs. « Nous menons un programme d’actions depuis les années 2000, animé par la Chambre et soutenu par l’Agence de l’eau », introduit Laurent Boissel, président du syndicat d’eau. C’est dans ce cadre qu’Arnaud Pignolet, agriculteur à Saon (150 ha, 800 000 l de lait), a conduit une série d’essais sur la culture du colza associée à des plantes compagnes. Mardi 19 janvier, l’heure était à la restitution (après un report dû à la situation sanitaire).


Une bonne rosée

« Je suis en Maec depuis 2016. L’un des objectifs est de baisser mes IFT tout en gardant mes cultures en place », contextualise Arnaud Pignolet. S’il pensait au début que le colza lui plombait sa moyenne, il se rend compte qu’en avançant sa date de semis, la culture lui permet d’améliorer son score. « Je sème entre le 15 et le 20 août et je ne passe plus d’insecticide. » Cette année, il tente une nouvelle expérience : la culture de colza associée, toujours dans l’optique de réduire les intrants. L’idée, c’est que la plante compagne rende service au colza en perturbant les ravageurs, en couvrant le sol et en lui restituant de l’azote. Six bandes d’essais sont recensées : colza lupin ; colza féveroles de ferme ; colza féverole trèfle d’Alexandrie fenugrec; mélange préfait colza fenugrec trèfle d’Alexandrie ; colza fenugrec trèfle d’Alexandrie ; colza lentille fenugrec. Précédent de la parcelle : blé ou orge de printemps à cause des conditions hivernales. Apport de lisier le 13 août. Travail du sol : un déchaumage superficiel puis un décompactage à 50 cm. Semis le 18 août. « Les conditions de semis étaient super cette année. Il y a eu de l’eau avant puis après. Quatre années sur cinq, il y a plus d’eau en août qu’en septembre », glisse Clément Chevalier, conseiller agronomie à l’antenne Chambre de Bayeux. « L’absence d’eau n’est pas un frein. Ici, on a besoin d’une bonne rosée », complète Arnaud Pignolet.


Après pesées

Parmi les éléments étudiés, les vols d’altises. Si la pression chez Arnaud Pignolet n’a pas été forte, Clément Chevalier a constaté qu’ « au 15 septembre, le colza avait déjà 4 feuilles et était assez robuste pour compenser les morsures et ne pas être pénalisé dans son développement. Les plantes compagnes, dont la féverole, ont également joué leur rôle ». Jean Lieven, de Terres Inovia, complète : « la plante compagne n’affranchit pas le recours à l’insecticide mais fait le maximum pour éviter les risques ». Autre atout de la plante compagne : « capter l’azote de l’air et le restituer au colza ou à la culture suivante ». Après pesées de biomasse et des éléments fertilisants, celles qui s’en sortent le mieux sont : la féverole d’abord, puis le trèfle d’Alexandrie. En revanche, les lentilles, le lupin et le fenugrec ne tirent pas leur épingle du jeu. Cette année, toutes les plantes compagnes ont été rapidement détruites par le gel, même les féveroles, mais il est possible de sélectionner des plantes compagnes à cycle court et très sensibles au froid comme la variété Tabor du trèfle d’Alexandrie. Côté finance, la question du coût de semence se pose. « C’est un poste supplémentaire mais on peut s’attendre à gagner 20 voire 30 points de fertilisation si la plante compagne s’est bien développée au départ », avance Clément Chevalier. Et Jean Lieven de conclure : « normalement, la plante compagne ne fait pas perdre de rendement mais, au contraire, en gagner ». La suite après la moisson.

Ça fissure dans la prairie
François Beaussire est éleveur de vaches allaitantes en système 100% prairies permanentes. « Il y a quelques années, j’avais des problèmes de santé animale. Je me suis rendu compte que, si le sol trinque, c’est tout le cheptel qui subit », retrace l’éleveur. Après analyses, il détecte des carences en oligo-éléments. « J’ai commencé à détasser le sol grâce à l’Actisol. Les plantes vont plus profond et tout va mieux d’année en année. » Nicolas Niol, inspecteur commercial de la marque, a présenté la machine : « l’Actisol décompacte par micro fissures. Les disques avant coupent le plateau racinaire, les dents entrent puis le rouleau rappuie la ligne de passage ». L’Actisol est utilisable sur un sol bien ressuyé, à 15-20 cm de profondeur et à la vitesse de 5 km/h. « Après un passage en juillet, on constate une prairie plus homogène dans sa biomasse, décrit Clément Chevalier. Nous poursuivrons les mesures au printemps. » L’outil est estimé à 10 000 € (3 m de large, 5 dents, 60 cm d’écartement). Clément Chevalier insiste sur l’utilité de régénérer les prairies permanentes, surtout dans un secteur comme le bassin de Saon où elles tiennent une place importante, pour la préservation de l’eau.
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