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Autoroute
Pour empêcher toute sortie de route

Président de la commission aménagement de la Chambre d’Agriculture de l’Orne, Thierry Clerembaux suit depuis 7 ans les chantiers de l’A 28 et de l’A 88. Un travail d’équipe, notamment en lien avec la SAFER. 

Certes, l’heure n’est pas encore au bilan mais Thierry Clerembaux, agriculteur à Fleuré (61), est affirmatif : “au bout du compte, les choses ne se sont pas mal passées”. Pas de sortie de route donc dans le cadre de ces chantiers, toujours titanesques, que constitue la construction d’autoroutes. Bien sûr, la Ferme départementale ornaise a perdu de la SAU (Surface Agricole Utile), “mais à titre individuel, aucun agriculteur n’a perdu d’hectares”, se satisfait celui dont la mission constitue “à mettre de l’huile dans tous les rouages”.

260 agriculteurs concernés
L’agriculture, première utilisatrice d’espace, est aux premières loges de tout aménagement routier. “160 agriculteurs concernés par l’A 28 et une centaine par l’A 88”, estime à la louche Thierry Clerembaux. Pas toujours facile de concilier l’intérêt individuel avec l’intérêt collectif d’autant plus qu’il n’existe pas, dans ce cadre, de guichet unique. Etat, région, département, intercommunalité, communes (avec leurs services administratifs et techniques), entreprises privées, associations (environnementales, de riverains...), chacun défend son pré carré au sein duquel parfois la politique l’emporte sur le pragmatisme. Dans cette problèmatique, la SAFER n’est qu’un outil, mais un outil efficace. “Même s’il n’est pas toujours facile de convaincre de l’intérêt d’une réserve foncière pour un projet à plus de 10 ans”, reconnaît Thierry Clerembaux, réserve mise à disposition temporairement à un agriculteur. Et d’ajouter : “sur l’A 28 et grâce à la SAFER, nous avons pu reconstituer plusieurs sièges d’exploitations”. 

Intérêt agricole et intérêt public
En favorisant le regroupement des exploitations et des propriétés, la SAFER veille à l’intérêt agricole. Une mission qu’elle concilie avec la défense de l’intérêt public comme le veut sa feuille de route. Concrètement, elle réalise des réserves foncières pour des aménagements collectifs (équipements publics, tourisme, zones artisanales, bandes cynégétiques...). “Entre Falaise et Sées, cette réserve foncière concerne 550 ha”, explique Hubert Séjourné, directeur de la SAFER de Basse-Normandie. Une opération financée par le Conseil régional. “450 ha (80 acquisitions) servent à compenser l’emprise publique par le truchement de remembrements et une centaine d’ha est destinée à élargir les voiries communales et départementales, à constituer l’assiette de plantations de haies, à mettre en place des bandes cynégétiques, à créer des zones d’activités...” Reste à trouver un concessionnaire à l’A 88. Une autre affaire mais pas l’affaire de la SAFER !
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