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Agri’Aide
Pour ne pas rester seul sur le bord de la route

Depuis janvier, la cellule Agri’Aide a instruit une quarantaine de dossiers supplémentaires par rapport à une année dite “normale”. Une traduction chiffrée du marasme agricole.

Mot clé du dispositif : la confidentialité dans le traitement du dossier dès le premier contact. “Et se renseigner n’engage en rien”, insiste Martine Moulin.
Mot clé du dispositif : la confidentialité dans le traitement du dossier dès le premier contact. “Et se renseigner n’engage en rien”, insiste Martine Moulin.
© TG

Il est des montées en puissance dont on se passerait bien. La cellule Agri’Aide, mise en place par l’UOAO (Union des Organisations Agricoles de l’Orne) et animée par la Chambre d’Agriculture, le mesure au quotidien.  “on va passer de 90 dossiers en année moyenne à 130 environ en 2010. Avec les clôtures comptables de mars, le phénomène s’est accéléré”, confirme Martine Moulin, l’élue professionnelle de l’UOAO déléguée auprès d’Agri’Aide. “Toutes les tranches d’âges sont concernées. A l’image de notre département, on retrouve principalement des exploitations laitières avec parfois de gros quotas et des investissements récents. La mise aux normes des bâtiments d’élevage combinée à la baisse du prix du lait se sont soldées pour certains par des situations catastrophiques”.

Une démarche volontaire dansle respect de la confidentialité
Raison supplémentaire pour Martine Moulin et Hélène Huguet, référente de la cellule (Chambre d’Agriculture), de ne pas baisser les bras. D’autant plus que le désengagement financier de l’Etat dans les dispositifs “agriculteur en difficulté” et “pré-retraite” a laissé un grand vide. Un vide que tente de combler Agri’Aide grâce au soutien financier du Conseil général et la participation de l’UOAO dont la MSA, le CER et l’ADASEA qui mettent à disposition du personnel. Mais ce ne sont pas les agents des différentes OPA (Organisations Professionnelle Agricole) qui repèrent les situations délicates et déclenchent une procédure.

Oser le premier contact
La démarche est exclusivement volontaire. Autre mot clé du dispositif : la confidentialité dans le traitement du dossier dès le premier contact. “Et se renseigner n’engage en rien”, insiste Martine Moulin. Prendre simplement contact. Une première étape psychologiquement difficile à franchir. D’ailleurs, pour un dossier instruit, combien d’autres en latence par peur de se manifester.  Une difficulté supplémentaire car redresser une situation économique et (ou) sociale s’apparente parfois à une course contre la montre. “Plus on intervient en amont, plus la marge de manœuvre est importante”, confirme Martine Moulin. Techniquement et socialement, Agri’Aide accompagne le demandeur selon les priorités. Diagnostic de l’exploitation et de la situation financière, élaboration si besoin d’un plan de redressement, accompagnement dans les négociations avec les principaux créanciers, accompagnement lors de procédures judiciaires (règlement amiable, redressement judiciaire...), accompagnement vers une cessation d’activité... Autant de démarches bien souvent trop lourdes à porter seul. “On étudie le dossier techniquement et on ne cache pas la vérité. Nous devons rester crédibles vis-à-vis de tous ceux qui nous font confiance”, conclut Martine Moulin. Ça se finit parfois bien : “nous avons de belles réussites à notre actif.” Mais l’issue, c’est parfois aussi le RSA (Revenu de Solidarité Active). “Tout mais pas ça !” penseront certains. Justement pas, en difficulté et isolé, on prend même le risque de passer à côtés de ses droits sociaux fondamentaux. Agri’Aide, c’est aussi pour éviter cela. Un RSA sur lequel Martine Moulin, épaulée par Olivier Borel (président de la FDSEA), s’est battue. Le mode de calcul se basait en effet sur le revenu de l’année N-2. Peu entraient dans les critères d’éligibilité. Après négociations entre la FDSEA et le Conseil général, son président Alain Lambert a décidé de baser les droits sur l’année N-1 et de revoir tous les dossiers retoqués en 2009.

Contact
Hélène Huguet
Chambre d’Agriculture
52, Bd du 1er Chasseurs
BP 036 61001 Alençon Cedex. Tél. 02 33 31 49 86 - Mail.
helene.huguet@orne.chambagri.fr

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