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Maïs
Pour préserver la qualité sanitaire du maïs, soigner la gestion des résidus

Le respect des limites réglementaires et des valeurs européennes recommandées sur la qualité sanitaire des maïs est une condition d’accès au marché.

Il convient donc d’être proactif et vigilant pour maîtriser la qualité sanitaire des maïs au champ.

Le règlement européen en vigueur
Les limites maximales réglementaires à respecter pour trois fusariotoxines pour le maïs grain et les produits à base de maïs destinés à l’alimentation humaine sont entrées en vigueur depuis le 1er octobre 2007. La Commission européenne a adopté les modifications des limites maximales réglementaires des mycotoxines (DON, zéaralénone, fumonisines) détaillées dans le tableau 1.
Le maïs brut destiné à être transformé par voie humide (production d’amidon) n’est pas concerné par ce règlement car l’amidon et les produits dérivés de l’amidon utilisés comme ingrédients alimentaires ne contiennent quasiment plus de mycotoxines. Les amidonniers devront toutefois vérifier que les co-produits sont conformes avec les teneurs maximales recommandées pour l’alimentation animale. Il convient par conséquent de rester vigilant.

Privilégier des récoltes précoces : 2009, une année propice
Les enquêtes parcellaires engagées par Arvalis - Institut du végétal et ses partenaires depuis 2003 ont permis de hiérarchiser les principaux facteurs de risque. Outre le climat qui demeure l’élément primordial, la précocité de la date de récolte et la gestion des résidus comptent parmi les quatre facteurs agronomiques essentiels pour l’obtention d’une qualité sanitaire satisfaisante. Le choix variétal et la gestion des foreurs étant les deux autres facteurs. La combinaison des facteurs de risque sur une parcelle permet d’évaluer le risque de contamination (tableau 2).
Le levier date de récolte est le premier à activer en privilégiant des récoltes précoces. L’année 2009 permet de mettre en œuvre cette recommandation de récolte précoce, avec l’essentiel des récoltes terminées courant octobre (selon les zones) et donc a priori une gestion du risque minimisée sur ce facteur-là. Les teneurs augmentent en effet de façon continue pour les trois mycotoxines au fur et à mesure du temps. Les semis précoces d’avril sont cette année particulièrement avantagés et devraient permettre d’avoir un bon compromis entre contrôle des coûts de séchage et qualité. Pour les situations plus tardives de mai, attention à ne pas trop retarder les récoltes trop au-delà de la mi novembre. L’évaluation du niveau de risque au moyen de la grille agronomique présentée ci-dessous et l’observation de l’état sanitaire des épis servent à étayer la décision selon le degré d’exigence du débouché envisagé.

Assurer la meilleure dégradation des résidus
La bonne gestion des résidus constitue une mesure de prophylaxie essentielle pour faciliter d’une part la dégradation des supports des formes de conservation des fusarioses et d’autre part la destruction des larves de foreurs qui séjournent dans les cannes.
Broyer finement les résidus rapidement après la récolte permet de détruire les supports sur lesquels se conservent les champignons qui contamineront les céréales suivantes blé ou maïs (F graminearum). Le risque est proportionnel au volume de résidus laissé en surface. C’est pourquoi il est recommandé d’enfouir par le labour (ou en non labour de broyer le plus finement et le plus promptement possible après la récolte) les résidus pour favoriser leur dégradation. En maïs après maïs, le broyage et l’enfouissement permettent aussi de limiter le risque d’helminthosporiose. Le broyage sous bec est généralement insuffisant, un re-broyage fin est préférable, et indispensable en non labour.
Broyer permet par ailleurs de détruire les larves de pyrale
qui véhiculent et favorisent le développement des autres champignons préjudiciables à la qualité sanitaire du maïs (F Moniliforme). Exposées au froid hivernal, aux prédateurs et aux parasites, les populations de larves sont naturellement détruites. Un broyage seul a une efficacité de 50 à 70 %. Un passage de cover-crop porte régulièrement l’effet à 70 % ou au-delà.

Des avantages agronomiques associés
Mélangés à la terre, les résidus se dégradent mieux et piègent de l’azote. La décomposition et l'humification des cannes de maïs facilitent les opérations de travail du sol qui suivent. Elles libèrent du carbone qui devient plus rapidement utilisable pour l'activité biologique des micro-organismes. La fertilité organique et la stabilité structurale du sol s'en trouvent améliorées. L'incorporation superficielle des résidus de récolte dans les premiers centimètres du sol est un moyen efficace pour piéger les nitrates à l'automne (20 à 30 kg N).

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