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Bertrand Maréchaux, Préfet de l'Orne
Pour que le monde agricole gagne en efficacité

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© TG

Quand un Préfet prend de nouvelles fonctions, qu’elle est la première chose
qu’il fait ?

C’est de partager son temps entre la visite des partenaires du Préfet. C’est-à-dire d’abord les élus locaux, les consulaires et les services de l’Etat. Cela dure environ une semaine durant laquelle on ne voit pratiquement pas les dossiers. On va de bureau en bureau et de rendez-vous en rendez-vous.

L’Orne correspond-il à l’image que vous vous en faisiez ?
C’est un département dont le caractère rural est certain mais pas du tout exclusif. Tout dépend si on place l’agroalimentaire dans l’agriculture ou l’industrie.

Y-a-t’il un style Maréchaux ? Vous êtes plutôt homme de terrain ou de dossier ?
Concernant le premier point, il faut demander aux autres. Sur le second, il est impossible de ne pas aller sur le terrain pour faire ce métier. Mais, aller sur le terrain sans connaître les dossiers, ça ne sert pas à grand chose.

Un Préfet ne reste jamais très longtemps en fonction dans un même département. Pourquoi un tel turn-over. N’est-ce pas pénalisant pour le fonctionnement des institutions ?
L’objectif affiché par le Ministère de l’Intérieur, c’est qu’un Préfet reste 3 ans. La réalité tourne plutôt aux alentours de 18 mois/2 ans. Alors, est-ce pénalisant ? Oui, bien sûr. Le corps préfectoral débouche sur d’autres fonctions qui toutes sont très liées aux décisions politiques. Les Préfets sont très présents dans les cabinets ministériels. C’est en grande partie ce qui explique ce turn-over.

Vous avez déclaré lors de la session Chambre d’Agriculture du 6 septembre dernier : “si l’indignation face au pouvoir public peut être un élément de cohésion syndicale !” En décodé, quel message vouliez-vous passer ?
Je pense que la dichotomie est encore très présente entre le syndicat majoritaire et les agriculteurs qui se retrouvent dans d’autres organisations ou nulle part. Cette dichotomie est malsaine. Alors il m’a amusé de constater, qu’un bref instant, ils étaient tous d’accord quand il fallait faire face à l’Etat.

Ce qui signifie que vous préfèreriez avoir en face de vous un interlocuteur unique, un seul syndicat agricole ?
Non mais sur des dossiers lourds, il est dommage qu’il soit difficile de réunir tout le monde ensemble. Le monde agricole y gagnerait en efficacité.

Un Préfet, c’est aussi un citoyen qui met un bulletin dans l’urne. Comment gérer sa fonction de grand commis de l’Etat si on n’est personnellement pas en phase avec la politique qui est menée ?
Quand le Préfet est chez lui, en famille, les volets fermés ou dans l’isoloir, il éprouve les mêmes sentiments que n’importe lequel de ses concitoyens.
Par contre, dans ses fonctions, il est tenu à un devoir de réserve et de loyauté. J’ai commencé ce métier en 1983. Pas une seule fois, ça ne m’a posé de questions. Dans le cas contraire, j’en tirerai les conséquences.

Mange-t-on VBF (Viande Bovine Française) ou VPF (Viande Porcine Française) à la cantine de la préfecture de l’Orne ?
Je ne sais pas. Le restaurant administratif, où vont déjeuner de nombreux fonctionnaires, dépend d’une association. Association, composée de représentants des différentes catégories de personnels, qui l’utilise et le gère. Il ne dépend pas de l’administration en tant que tel. 

Mais à la table du Préfet, quand c’est l’Etat qui invite ?
Concernant les cuisines du Préfet et les réceptions qui sont sous ma responsabilité, en tant que représentant de l’Etat, je veille à un approvisionnement en produits locaux.

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