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Maîtres Laitiers du Cotentin
“Pour un prix au litre décent”

Les MLC tiennent plus que jamais la route avec un résultat en progression.

Christophe Levavasseur (au premier plan), président des MLC : “Nous avons vécu une année 2012 difficile. La confrontation avec la GMS n’a jamais été aussi dure”. (ec)
Christophe Levavasseur (au premier plan), président des MLC : “Nous avons vécu une année 2012 difficile. La confrontation avec la GMS n’a jamais été aussi dure”. (ec)
© ec

Lorsqu’à la fin des années 1970, la naissance des Maîtres Laitiers du Cotentin est annoncée, c’est le scepticisme qui l’emporte dans la filière transformateurs. A l’époque, l’ULN règne en maître absolu. Ses dirigeants ont même demandé aux coops formant les MLC de les rejoindre. En 2013, toujours fiers de leur indépendance et de leurs résultats (coopérative et filiale), les MLC s’inquiètent désormais sur la pérennité des exploitations. “Ce qui maintiendra les producteurs, c’est avant tout un prix du litre décent” soulignent de concert Christophe Levavasseur et Jean-François Fortin. “Nous sommes montés à 27/28 milliards de litres ; avec la sortie des quotas, dans le meilleur des cas nous n’atteindrons que 24 milliards”. La Normandie et particulièrement la Manche ont des atouts, “il s’agit désormais de bien motiver les jeunes générations qui acceptent moins bien les contraintes des productions animales sauf si elle est rémunérée à sa juste valeur”.

2012difficile
Lors de cette assemblée générale, se déroulant à Valognes la semaine dernière, le président des MLC, s’est aussi fait l’écho de préoccupations économiques en aval de la filière. “Nous avons vécu une année 2012 difficile. La confrontation avec la GMS n’a jamais été aussi dure ; l’intégralité de la baisse du prix du lait est passée dans les prix de vente. Il nous manque encore 3 à 4 points de marge malgré la productivité de l’usine de Sottevast et l’apport déterminant de France-Frais”. Justement, France-Frais, filiale de distribution prend de l’ampleur. “Elle valorise 27 % de nos fabrications car nous ne voulons pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Son chiffre d’affaires atteint 1 milliard 700 millions d’euros pour un résultat de 9,3 millions €”. La filiale en question va passer un nouveau cap, “des partenariats européens avec des entreprises qui font le même métier que nous sont en cours de négociation”. Et J.F. Fortin d’envoyer une flèche en direction d’Isigny/Sainte-Mère, “je préfère nettement que l’argent viennent de la coop pour progresser que des Chinois. Nous avons toujours réussi à garder notre indépendance et à apporter de la plus-value au département, non seulement en terme d’emploi mais aussi de débouchés extérieurs”.
Au chapitre des investissements, après l’usine de Sottevast, un site dédié aux AOC devrait prochainement voir le jour sur Méautis (près de Carentan). “Nous avons déjà quatre mois de retard sur le planning en raison de fouilles archéologiques”.
Côté chiffres, après le versement des compléments de prix mensuels et le respect des indicateurs CNIEL, le résultat de la coopérative “s’est un peu amélioré
à 1.002 K€”. Le chiffre d’affaires se monte à 301 M€ pour 360 millions de litres traités. L’excédent brut d’exploitation passe de 16,5 à 19,3 M€. “Nous
poursuivons un désendettement rapide”. Concrètement, après
les compléments mensuels (6,76 €/1 000 litres), le poste développement (1,04 €/1 000 l) et l’intérêt aux parts sociales (2,78 %), le prix moyen final s’établit pour la dernière campagne à 343,42 €/1 000 l.
Les MLC espèrent que pour la campagne engagée les hausses tarifaires demandées en juin vont finalement passer. “Nous tablons sur une possible rareté de la matière première pour aller vers ces hausses et répercuter la nécessaire augmentation du prix du lait et la hausse des charges industrielles”.
Les MLC ont toujours su garder une longueur d’avance en anticipant ; malgré un marché aval tendu, les dirigeants misent sur leurs trois atouts : regarder, anticiper et convoiter.

Les chiffres clés

Michel Mounier, directeur général de la coopérative, a présenté les chiffres de la dernière campagne. “La collecte a diminué de 10 millions de litres”. Une situation qui explique la légère baisse du chiffre d’affaires et les arbitrages à réaliser sur l’utilisation de la matière première.
Les fabrications de fromages frais ont connu une légère progression (116 600 t). Celles de crèmes fraîches et UHT on baissé d’environ 2 millions de litres (28 millions l).Pour le beurre, on note moins 100 t (1166 t). A l’inverse, les fromages à pâte pressée ont progressé de 200 tonnes (3 063 t). La baisse de la collecte a permis de limiter les fabrications de lait écrèmé pré-concentré à 848 t d’extrait sec.
A la clé, le résultat de la coop se situe à 1 001 645 euros tout en réalisant un programme d’investissements de 17 millions d’euros.

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