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Maîtres Laitiers du Cotentin
Pour une libéralisation "encadrée" des quotas

Assemblée générale dense avec en point de mire l'avenir des références, vue l'importante demande laitière.

Salle comble lors de l'assemblée générale se tenant mardi dernier à Valognes.
Salle comble lors de l'assemblée générale se tenant mardi dernier à Valognes.
© E.C
"C'est la première fois depuis 20 ans que nous n'avons pas une progression de nos ventes de produits frais, c'est d'ailleurs le fait majeur de cet exercice" annonce d'emblée Christophe Levavasseur, président des MLC. Côté finances, les explications des dirigeants et du commissaire aux comptes, tant pour le groupe que la coop, ont effacé toute ambiguité. "L'exercice 2006/2007, c'est une période de forts investissements avec des coûts suplémentaires et des charges nouvelles". Il est vrai que la nouvelle usine, en fin de construction, a demandé 110 millions d'euros, sans compter les investissements nécessaires dans les lignes de conditionnement déjà en fonctionnement. Pas d'inquiétude Pas d'inquiétude donc pour les finances malgré des lignes de résultats net en baisse. MLC et ses filiales ont un chiffre d'affaires 658 956 millions d'euros sur 2006/2007 dont 70% proviennent de l'activité négoce, 27% de la production (principalement les MLC), les 3% restants venant de l'activité "services". A la clé du groupe, un résultat courant de 3 millions 908 euros contre 6,5 l'année passée. "A noter que sur la baisse de 2,6 millions du résultat, deux proviennent de l'activité MLC". Les capitaux propres, eux, réflètent une bonne santé de l'entreprise avec 66 millions d'euro, soit +42% en six ans; la capacité d'autofinancement s'élevant à plus de 20 millions d'euros. "La collecte de la coopérative s'élève à 277 573 733 litres, soit +1,50%, livrés par 1046 exploitations (plus de 265 000 litres en moyenne" indique J.Y. Duplenne, directeur de la production. Pour la campagne en cours, la situation est meilleure en août et septembre qu'au printemps. "Sur la première décade, nous sommes à +3,28%". L'occasion de souligner les efforts réalisés par les producteurs sur l'avancement des vêlages. Quels droits à produire ? Le président des MLC a mis en exergue le retournement de situation pour la production. "Nous avons de la demande. Reste à savoir si elle est structurelle ou conjoncturelle. En clair, comment préparer l'avenir ?" Dans la salle, les producteurs ont mis en relief l'inadéquation entre les pénalités enregistrées pour dépassement et les sous-réalisations, avec en point de mire une question, "quels droits à produire pour la campagne en cours ?" Reste que produire, c'est bien, encore faut-il en avoir les moyens. Les récoltes de 2007 ne resteront pas dans les annales, de plus la France a un déficit de génisses d'élevage; le président de la FDSEA manchoise, Pascal Férey, indiquant, "il nous manque 100 000 laitières sur le territoire". Christophe Levavasseur tient à ce que l'interprofession laitière tienne compte, rapidement, des souhaits émis par les éleveurs. "Même si le taux de de mutualisation national évolue vers les 6/7% (contre 4 actuellement), il ne répondra pas à toutes les attentes. Les règles de gestion françaises sont-elles encore adaptées ? Il faut supprimer les pénalités pour cette année et bien voir que chaque litre non produit en France et une perte pour la filière nationale". Tour à tour, producteurs et invités se sont succédés au micro pour émettre leurs opinions. P. Férey indique notamment, "la France doit faire son quota et tout son quota". Le président de la FDSEA reste prudent sur la libéralisation des références. "En 1992, lors de la première PAC, nous avons vu que certaines productions en augmentation faisaient baisser sérieusement les prix. Bref, la libéralisation complète risque d'emmener les producteurs dans le mur". Ludovic Blin (Jeunes Agriculteurs) réclame de son côté une évolution rapide du système quota, tout en restant encadré. En final, Jean-François Fortin, directeur des MLC, a parlé du nouvel outil de la coopérative. "Il va être exceptionnel en sortant des produits nouveaux mais aussi à une cadence de production importante. L'investissement n'a pas d'égal en France par rapport au litrage transformé".
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