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Elevage
Pourquoi abaisser l’âge au vêlage de vos génisses laitières ?

La gestion de l’effectif d’animaux productifs est la meilleure stratégie pour répondre à un marché laitier, qui devient et deviendra de plus en plus fluctuant. Pour vous adapter à la demande du marché, il devient judicieux d’élever plus de génisses.

En abaissant l’âge au vêlage de vos génisses, vous réduisez le coût de production de vos génisses, et vous disposerez de plus d’animaux à vêler dès cet automne. Ceci vous permettra ainsi de “piloter” au mieux la demande en lait de l’hiver prochain. Mais comme toute stratégie, il est important de respecter quelques règles de conduite pour obtenir des génisses de qualité en vêlage précoce.

Abaissez l’âge au vêlage de vos génisses, pour réduire le coût du renouvellement
Si le coût de renouvellement en France se situe dans la moyenne de différents pays laitiers (encadré 1), il existe une forte et réelle disparité de ce coût dans les élevages du grand Ouest suivant l’âge au vêlage.
Le coût de renouvellement moyen pouvant être défini par la différence entre le coût de revient ou d’achat d’une génisse prête à vêler et la valorisation d’une réforme diminue avec les vêlages précoces, comme le démontre très bien le tableau 1.
Si le produit viande par génisse produite explique en partie la différence du coût du renouvellement suivant les classes d’âge au vêlage, l’essentiel de cette différence s’établit sur le coût de production par génisse produite. Nous relevons ainsi plus de 219 € d’écart du coût par génisse entre un vêlage précoce et un vêlage plus tardif, résultat d’un coût alimentaire (- 74 €) et de charges de structure (- 97 €) moindre pour le vêlage précoce.Abaissez l’âge au vêlage de vos génisses, pour réduire la consommation de fourrages grossiers
Comme vous pouvez le relever dans le tableau 2, la consommation de fourrages grossiers progresse avec l’âge au vêlage de la génisse. Ainsi avec des animaux nés en septembre, entre un vêlage à 25 mois et 35 mois, la quantité ingérée de fourrages grossiers est multipliée par 2 pour un vêlage tardif.
De plus, avec une proportion plus importante d’herbe pâturée avec le vêlage précoce, le coût des fourrages est moindre, et réduit d’autant le coût de production de la génisse malgré une consommation de concentrés supérieure de 270 kg brut.

Abaissez l’âge au vêlage de vos génisses, pour libérer des surfaces fourragères
L’abaissement de l’âge au vêlage de vos génisses dès cette année vous permettra également de libérer de la surface fourragère. Cette stratégie vous permettra ainsi de reconstituer des stocks fourragers, mis à mal suite aux conditions climatiques de l’année dernière, et surtout de disposer de stocks supplémentaires en maïs pour nourrir vos primipares supplémentaires.
Sur la base de 15 génisses élevées par an , nées en septembre, le passage de 35 à 25 mois permet de libérer environ 3,50 hectares. 3 ha 50 consacrés pour reconstituer des stocks, mais pourquoi pas 3 ha 50 pour augmenter la sole en céréales en 2009 ?Sélectionnez dès maintenant vos génisses à inséminer
A la période actuelle pour disposer de primipares supplémentaires dès cet automne, vous devez retenir que les femelles nées entre septembre et novembre 2006.
Puis, vous envisagerez l’insé-mination de ces génisses de 15 mois, avec un développement suffisant, dont le poids vif se situe entre 380 et 420 kg ou un tour de poitrine de l’ordre de 170 cm pour des génisses de race
Prim’Holstein (encadré 2). Attention, il n’existe pas de référence “tour de poitrine” pour des génisses d’autres races laitières.

Profitez d’abord de la croissance compensatrice de vos génisses au pâturage
Après avoir sélectionné les animaux aptes à être inséminés, il est maintenant indispensable de s’appuyer sur leur capacité à réaliser une croissance proche de 1 000 g par jour au lieu de 800 g habituellement retenue au pâturage.
Pour atteindre cet objectif de croissance avec de l’herbe pâturée, qui constitue le fourrage grossier le moins onéreux, et profiter pleinement de la croissance compensatrice de vos animaux, 2 conditions à réunir :
- avoir eu la possibilité de limiter la croissance de vos génisses entre 600 et 700 g par jour au cours de cet hiver ;
- et disposer de pâture de qualité à base de ray-grass anglais et trèfle blanc de préférence.
Nous disposons de nombreuses expérimentations où la valorisation de la croissance compensatrice a  été largement démontrée. Vous retrouverez, par exemple, dans le tableau 3 un essai, sur les performances de croissances hiver et printemps, mené à la station expérimentale des Trinottières en Maine et Loire au cours de l’hiver 2003-2004 sur 2 lots de génisses de 13-18 mois conduits en vêlage précoce.

Anticipez la conduite de vos prochaines génisses pour maintenir demain un vêlage précoce
Quelle que soit la date de naissance de vos génisses, le vêlage précoce devient possible (tableau 2), tout en retenant des repères (encadré 2) simples de poids vif pour vos femelles à âges types :
- 200 kg à 6 mois ou 30 % du poids adulte ;
- 380 à 420 kg à 15 mois ou 60 % du poids adulte ;
- et 600 kg avant vêlage ou 90 % du poids adulte.
Ces objectifs de poids nécessitent donc de maintenir une croissance d’au moins 750 g par jour de la naissance à l’insémination artificielle. Pour y parvenir, soyez attentif à l’alimentation de votre génisse, en distribuant d’abord des fourrages de qualité, et en privilégiant des concentrés à forte concentration énergétique. Un veau bien élevé, c’est une génisse qui vieillira mieux, favorable à une durée de vie productive plus longue et à la réduction du coût du renouvellement.

Thierry JEULIN
Chambre d’Agriculture de l’Orne
thierry.jeulin@orne.chambagri.fr
Pour le groupe des IngénieursLait des Chambres d’Agriculture de Normandie
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