Aller au contenu principal

Culture
Prairies : à chaque utilisation, son espèce et sa variété

Avant d'implanter une prairie, mieux vaut savoir choisir ses espèces.

Au moment de l'implantation d'une prairie, on peut choisir plus de 15 espèces différentes de graminées et de légumineuses. La facilité d'exploitation, le rendement et sa répartition annuelle, tout comme la qualité alimentaire sont des critères dont il faut tenir compte pour ne pas se tromper d'espèces au moment du choix. Elles s'adaptent plus ou moins bien selon le sol, le climat voire le type d'animaux.
Il y a une très grande diversité d'espèces et de variétés disponibles sur le marché. C'est la raison pour laquelle au moment de choisir ses semences, l'éleveur doit faire preuve d'autant d'exigences qu'au moment du choix de ses paillettes d'insémination”, lance Bruno Osson, spécialiste des graminées fourragères au Gnis.
Quel est mon type de sol ? Quel est mon objectif d'utilisation ? Quelle sera la durée d'utilisation de ma prairie ? Quelle sera ma période de production ? Quel est le climat prédominant dans mes parcelles ? Quels seront les types d'animaux présents ?… Ce sont autant de questions qu'il faut se poser avant toute nouvelle implantation.Des espèces adaptées au sol
Il faut d'abord tenir compte de son type de sol (humide ou sain en hiver, frais ou séchant en été, acide ou basique…) et de l'utilisation de l'herbe : pâturage, pâturage alterné avec fauche ou alors exclusivement fauchage ou zéro pâturage. S'il n'est pas possible de modifier la texture de son sol, il peut arriver cependant que sa structure évolue dans le temps, que ce soit sous les effets du gel, du piétinement des animaux, du hersage, des inondations, voire du drainage.
Certaines espèces sont bien adaptées aux sols humides en hiver. C'est le cas des fétuques élevées, fétuques des près ou fléoles des prés… D'autres le sont beaucoup moins bien (ray-grass anglais ou ray-grass hybride). Des espèces résistent mieux aux conditions séchantes d'été. Il s'agit du dactyle, de la fétuque élevée de la luzerne ou du brome ; le ray-grass anglais se comportant moins bien dans ce type de milieu.
L'éleveur doit choisir ses espèces en fonction de la durée d'implantation de sa parcelle. “Toutes les espèces ne possèdent pas la même durée de vie”, explique Bruno Osson qui précise néanmoins que la durée de vie d'une graminée est généralement supérieure à trois ans, excepté pour le ray-grass d'Italie chez lequel elle peut varier de six mois à deux ans selon le type variétal.
Le ray-grass anglais, le dactyle ainsi que la fétuque élevée sont trois espèces pérennes qui peuvent même durer plus de cinq ans.L'influence du climat
Il faudra également se déterminer en fonction de la période de production prévue et du climat rencontré dans sa région, voire dans sa petite région naturelle.
Pour la période de production, “il s'agit bien aussi pour l'éleveur de produire du fourrage au moment où la prairie naturelle est déficiente”, souligne Bruno Osson en poursuivant : “la prairie temporaire doit produire quand la prairie naturelle produit moins ! Elle doit permettre l'étalement de la production d'herbe”.
Tout en assurant des rendements importants au printemps, des espèces produisent plus tôt dès que le sol porte (fétuque élevée, ray-grass d'Italie, ray-grass hybride…), d'autres espèces produisent en été quand il fait chaud et sec (luzerne, dactyle, fétuque élevée…), d'autres produisent en automne permettant ainsi de prolonger la période de pâturage et d'éviter de surpâturer (fétuque élevée, luzerne, dactyle, ray-grass d'Italie, ray-grass hybride…).
Le climat exerce également son influence sur le développement des espèces de graminées. Certaines d'entre-elles craignent les fortes gelées comme certains bromes ou le ray-grass d'Italie, d'autres ne supportent pas la sécheresse. Celles-ci peut faire disparaître la plante définitivement (c'est le cas pour la fétuque des prés, la fléole ou le ray-grass d'Italie), alors que d'autres espèces peuvent redémarrer avec le retour des pluies (ray-grass anglais, ray-grass hybride, dactyle ou fétuque élevée).
Enfin, le choix des espèces à semer doit tenir compte des types d'animaux que l'éleveur veut faire pâturer. La densité énergétique du fourrage peut être un facteur limitant chez certains animaux exigeants (vaches à haut potentiel et animaux culards notamment).
Pour vous aider à trouver les espèces adaptées à vos prairies, consultez le site du Gnis : www.prairies-gnis.org
Pour bien choisir ses variétés
Les sélectionneurs ont accompli un travail considérable pour mettre sur le marché des variétés performantes. Selon la facilité d'exploitation de la prairie, suivant le rendement souhaité ainsi que sa répartition sur l'année ou la qualité alimentaire du fourrage produit, l'éleveur a le choix entre plus de 15 espèces dont dix graminées et sept légumineuses regroupant plus de 400 variétés. Chaque variété inscrite au catalogue français est connue, répertoriée (variétés diploïdes ou tétraploïdes, variétés alternatives ou non…) et a été comparée à des variétés témoins pour tester ses potentialités (rendement, résistance au froid, aux maladies, prédisposition à refaire des épis, teneur en protéines...).
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

"Pour un éleveur, refaire les contrôles aujourd'hui, c'est synonyme de peur et de tremblements", note Jean-François Bar, éleveur laitier bio en Suisse Normande (illustration).
Les cas de tuberculose bovine se multiplient dans l'Orne et dans le Calvados
Alors que la campagne de prophylaxie bat son plein en Normandie, la découverte de cas de tuberculose bovine s'enchaîne dans le…
Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA de la Manche, et Xavier Hay, président de la FDSEA du Calvados, coorganisateurs.
[EN IMAGES] Congrès FNSEA 2026: l'heure est aux derniers préparatifs à Caen
La Normandie accueille les 31 mars, 1er et 2 avril 2026, le 80e congrès de la Fédération nationale des syndicats d'…
Rendez-vous les 18 et 19 avril prochains pour retrouver la Foire de Lisieux ! Guillaume Nuttens, Dominique Pépin et Emmanuelle Leroux vous attendant nombreux.
Foire annuelle : rendez-vous à Lisieux dans un peu plus de quinze jours !
La traditionnelle Foire de Lisieux est de retour samedi 18 et dimanche 19 avril 2026 à l'hippodrome de la ville. Un…
Maxence, Théophile, Sacha, Lilly, Joséphine, Louis, Antoine, Amandine, Romane, Eline et Etienne créent ensemble un mini festival à l'Abbaye de Montebourg le 30 mai.
Onze étudiants créent un mini festival à l'abbaye de Montebourg le 30 mai
Depuis plusieurs semaines, les élèves de première année de BTS ACS'AGRI (analyse, conduite et stratégie de l'entreprise …
La table ronde sur la communication positive autour du métier d'agriculteur a réuni Valentine Amette, jeune agricultrice ornaise, Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, Thierry Bizeul, directeur du lycée agricole de Sées, et Denis Génissel, éleveur dans l'Orne.
Communiquer positivement
Mardi 24 mars, la FDSEA de l'Orne a tenu son assemblée générale à la Halle aux Toiles d'Alençon. La table ronde a permis d'…
La nouvelle équipe des JA de l'Orne a été élue vendredi 20 mars 2026. 
Une nouvelle équipe à la tête des Jeunes Agriculteurs de l'Orne
Le 20 mars dernier, les Jeunes Agriculteurs de l'Orne ont procédé à l'élection de l'équipe départementale composée de 18 membres…
Publicité