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Préjugés et clichés agricoles : quand la jeunesse hausse la voix

Râleurs, pollueurs, isolés ou passionnés. C’est sur ces différents préjugés que 4 étudiantes et filles d’agriculteurs ont décidé de traiter les stéréotypes qui englobent la profession. Pour rétablir la vérité souvent faussée dans laquelle baigne l’agriculture, la jeunesse hausse la voix

« Nous voulions montrer aux personnes qui n’ont jamais mis les pieds dans une ferme, ce qu’est réellement le métier d’agriculteur », racontent les 4 jeunes filles. Chacune d’entre elles provient du milieu agricole.

Les raisons
Aujourd’hui, afin de faire tomber les masques et rétablir la vérité, elles ont décidé de réaliser un film court, pour tuer les aprioris qui entourent le métier. « Quand les préjugés ont la cotte » sera diffusé le 25 avril prochain, au lycée Nature de Coutances (50).
Râleurs, pollueurs ou bien passionné et travailleurs ? Quels sont les préjugés de la population concernant le noble métier d’agriculteur ? C’est ce qu’ont voulu développer Léa, Valérie, Sophie et Lucie, 4 étudiantes en deuxième année de BTS ACSE (Analyse de Conduite Stratégique de l’Entreprise agricole) au lycée Nature de Coutances (50). « Notre objectif était de réaliser un film sur les préjugés du monde agricole en général », déclare Valérie Leprieur. C’est lors des manifestations, lorsque la tension due à la conjoncture était à son comble, que l’idée naît dans l’esprit des jeunes femmes. « Nous nous sommes rendu compte, à cause des différentes remarques que l’on pouvait entendre, que le métier était victime de préjugés et de remarques souvent faussés. La méconnaissance de la filière et de l’évolution du métier nous ont poussés à faire quelque chose, notre film », expliquent-elles. Une voix et un regard différent donc grâce à ces 4 jeunes qui ont décidé d’agir. Le film se scinde en 3 grandes parties. Tout d’abord les réactions d’un panel de personnes dîtes « urbaines » sous forme de micro-trottoir. Ensuite, la réaction de quelques agriculteurs face aux avis des citadins et enfin, différents chiffres concernant les préjugés qui touchent le corps de métier.

Le film
C’est à Granville (50) que les étudiantes sont allées à la rencontre de la population locale. « Nous voulions réaliser notre micro-trottoir sur un lieu plutôt touristique et moins rural », soulignent-elles. Après les démarches nécessaires pour le droit d’image, les futures agricultrices ont interrogé une dizaine de personnes. « À quoi vous fait penser le mot agriculteur ? Parmi une liste d’adjectifs, lesquels choisiriez-vous afin de définir l’agriculteur ? » Des questions choisies méticuleusement par les étudiantes. Ces dernières se sont improvisées journalistes le temps de la réalisation des témoignages et sont allées directement chercher l’information auprès des habitants de Granville (cette 1ère vision est le pilier de base du projet). La deuxième partie du film fera un focus sur le portrait de 6 à 8 agriculteurs. Face caméra, ils regarderont ce micro-trottoir et réagiront par rapport aux réactions des citadins manchois. Pour conclure ce court-métrage, les jeunes filles se sont procuré quelques chiffres (MSA) qui répondent aux préjugés infondés dont souffre la profession. Mais alors, les Français ont-ils une image péjorative de leur agriculture ? La question est légitime.

Réactions
« C’est souvent l’image de l’agriculteur/pollueur qui revient », témoignent-elles. Trop souvent pointée du doigt par le/la jardinier(e) qui utilise 10 fois plus de pesticide pour son potager, cette image est de plus alourdie par le bien-être animal qui n’est soi-disant « pas à la hauteur ». Dénoncés par des L 214 avec qui la discussion n’est pas envisageable ou des personnes n’ayant jamais visité une exploitation, le métier est étouffé par des préjugés impactants. Mais bien heureusement, les étudiantes se sont rendu compte que ces idées reçues ne touchent pas la plupart de la population urbaine. « Nous avons plutôt était surprises. Les réactions étaient, pour la plupart, très bonnes. Grâce à une liste de mots (passants du péjoratif au mélioratif), les personnes interrogées ont plutôt choisi des termes mettant en valeur l’agriculture tels que passionnés ou travailleurs, etc.».

La jeunesse
Les jeunes s’impliquent de plus en plus. Communiquer est devenu pour eux, un des principaux devoirs pour défendre et exalter la profession.
« Nous souhaitons toutes nous installer. On se demande vers quelle agriculture nous allons. Défendre le métier aux yeux de tous fait partie de notre travail aujourd’hui. Les générations antérieures le font peut-être moins, c’est à nous de prendre cela en mains », soulignent-elles. Les jeunes femmes souhaitent que ce court-métrage puisse être utilisé lors de formations et si possible, diffusé à grande échelle. « Le film sera peut-être posté sur les réseaux sociaux et sur YouTube ». Pour les 4 étudiantes, ce film doit rappeler aux agriculteurs ce que pense la population extérieure, mais doit aussi montrer à cette population, les préjugés erronés et la méconnaissance du métier. Un projet ambitieux et jeune, la relève ne se repose pas sur ses lauriers.

Un projet ambitieux
« C’est un projet qui a pris beaucoup d’ampleur », expliquent-elles. C’est en novembre dernier que la réalisation du film commence. « C’est une énorme charge de travail pour nous ». Les filles ont monté 6 dossiers différents et ont comparé 3 vidéastes pour la réalisation du film. « Beaucoup de stress au niveau du financement. Nous avons dû trouver des sponsors pour nous aider, ce qui n’est pas une chose aisée. Nous arrivons à la fin du projet, ça fait du bien », soufflent les jeunes femmes.

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