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Face au changement climatique
Premières leçons des essais de prairies menés en Suisse normande

La Chambre régionale d’agriculture de Normandie teste des cultures de prairie plus résistantes au changement climatique. L’une des plateformes d’essais se situe à Donnay (14), au Gaec des Longchamps. Sept mélanges ont été implantés début septembre. Jeudi 27 mai 2021, un après-midi portes ouvertes était organisé.

ESSAIS SUR PRAIRIE
Les participants, dans le mélange Meac OH 330 M (fétuque des près, ray grass anglais, dactyle, trèfle blanc, fléole des prés, trèfle violet). S’il est « très résistant au sec » et « polyvalent », son coût d’implantation est de « 350 €/ha, à diluer sur plusieurs années », confie Pauline Jousseaume (à gauche).
© DR

Loïc Bailleul est associé du Gaec des Longchamps, Gaec familial à cinq, situé à Esson, dans le Calvados. Les éleveurs produisent 1 150 000 l de lait, comptent 320 ha de SAU, dont 78 ha de prairies. « Nous sommes dans la vallée de l’Orne, les terres sont superficielles et ont une faible réserve utile. L’été, on n’a jamais d’herbe. » L’exploitant est aussi trésorier de l’Association pour une agriculture normande autonome (Apana). La structure, qui regroupe des éleveurs en quête de partage d’expériences sur l’autonomie protéique, est animée par la Cran, en partenariat avec plusieurs organisations agricoles.

Mélanger graminées et légumineuses

« Le site du Gaec des Longchamps a été retenu, car il participe au GIEE légumineuses (normand). Cela permet de faire le lien entre la dynamique de groupe et les essais Chambre », justifie David Delbecque, animateur du groupe et responsable de l’antenne Chambre de Vire. La parcelle regroupe différentes espèces de prairies, pour tester leur résistance au changement climatique : excès d’eau, longues périodes de froid, pics de chaleur. Sept modalités mélangeant graminées et légumineuses ont été implantées, dont deux de la société Suisse Meac. Semis : le 4 septembre. Première fauche anticipée pour maîtriser le salissement : le 20 avril. Logiquement, la deuxième est prévue cinq à six semaines après, soit début juin. « On espère faire trois à quatre coupes, annonce Claire Caraes, référente fourrage à la Cran et responsable de la plateforme. À chaque fois, on analyse les valeurs alimentaires. » Les mélanges sont : 1) dactyle/luzerne ; 2) luzerne/trèfle violet/fétuque élevée/dactyle ; 3) fétuque élevée/luzerne ; 4) luzerne/trèfle blanc/trèfle violet ; 5) brome/trèfle violet/RGH diploïde. Et les deux mélanges suisses : 6) fétuque des près/ray grass anglais/dactyle/trèfle blanc/fléole des prés/trèfle violet (OH 330 M) ; 7) ray grass italien/trèfle violet (OH 200 T). Les essais sont implantés pour trois ans. D’autres plateformes ont été mises en place en Normandie.

Attention, dactyle envahissant

Jeudi 27 mai, l’heure était à la restitution des premiers enseignements. Pauline Jousseaume, référente Meac, a livré ses conseils : « une première fauche fin février début mars, permet de faire taler les plantes au maximum et de limiter les adventices, même s’il n’y a pas grand-chose à couper. L’évapotranspiration est énorme quand le soleil tape directement sur le sol. Si la terre est couverte, qu’on évite d’avoir des trous, le sol reste frais, les ray grass ne se mettent pas en dormance ». Selon Pauline Jousseaume, le mélange OH 330 M « pousse dans le Lot, en Charente. Il résiste très bien au sec. La fétuque des prés couvre le sol et limite l’évapotranspiration. Le dactyle assure la valeur alimentaire, mais attention à sa gestion, car il se développe vite. ». Claire Caraes corrobore : « la fétuque, contrairement au ray grass, pousse au-delà de 30°C. Il faut suivre le dactyle de près pour ne pas être envahi ». Quant au brome, « c’est une espèce séchante qui permet une meilleure pousse estivale, avec une très bonne appétence ». Les résultats sont à suivre sur les trois prochaines années.

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