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JA de la Manche
Préserver le foncier, c’est notre affaire

Deux tracteurs, une charrue, un combiné, il n’en fallait pas plus pour sonner le tocsin du foncier agricole, la semaine dernière, sur une parcelle en friche située à Gonneville.

© EC

Les Jeunes Agriculteurs de la Manche avaient prévenu voici trois semaines, “le foncier pour l’installation ou pour conforter la structure d’un jeune est l’une de nos priorités”. Après une brève enquête auprès des communautés de communes pour recenser d’éventuelles parcelles en friches, ils ont lancé une action la semaine dernière sur Gonneville, à proximité de l’aéroport de Cherbourg-Maupertus. En une heure, un ha de pelouse s’est retrouvé transformé en semis blé d’hiver sous une explosion de ciel bleu.

2 300 ha de moins en un an
Jean-Hugues Lorault, vice-président des JA, en charge du foncier avec Nicolas Lefèbvre, ne mâche pas ses mots. “Nous sommes ici, avec les JA du canton, sur une parcelle du Syndicat Mixte du Cotentin qui ne sert à rien. Depuis 10 ans, elle est en friche. En un an, la SAU du département a diminué de 2300 ha au profit de l’urbanisation”. Un handicap qui ne concerne pas que la Manche, entre 60 et 70 000 ha de terres disparaissent chaque année sur le sol français ; 120 000 si l’on y ajoute les forêts.
Luc Dufour, maire de Gonneville, est intervenu lors de la conférence de presse improvisée sur place. “Je ne comprends pas, personne ne nous a contacté. Vous faites un coup de pub, mais cela ne solutionne pas vos problèmes. J’estime que la concertation aurait été beaucoup plus efficace”. Les JA ont donc repris leur bâton de pèlerin pour expliquer de A à Z l’ensemble de la problématique foncière. “Si nous ne réagissons pas en faisant un coup d’éclat comme celui-ci, un risque existe : celui de voir les terres agricoles rétrécir comme une peau de chagrin”. Contacté, le président du Conseil général, Jean-François Le Grand regrette cette action. “Nous avons toujours été au côté des jeunes agriculteurs en les aidant financièrement lors de leur installation. De même, nous avons mis en place, voici quatre ans, de concert avec la Chambre d’agriculture, une structure sur la consommation du foncier agricole”.
La parcelle ensemencée, grâce aux graines données par la Fédération des Négociants de la Manche, sera récoltée l’été prochain. Les finances venant de la vente du blé seront données à une association caritative.

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