Aller au contenu principal

Phytosanitaires
Prestataires : la réglementation fait le ménage

Depuis le 1er octobre, toutes les entreprises réalisant des prestations de pulvérisation, devront détenir un certificat d'entreprise. Une nouvelle réglementation qui risque d'éliminer du marché certains acteurs. Rencontre avec la FNEDT et la SARL Lecarpentier.

Au delà de la nouvelle obligation de certification d'entreprise, qui ne concerne que les prestataires, la complexité de la réglementation incite de plus en plus d'agriculteurs à déléguer les traitements.
Au delà de la nouvelle obligation de certification d'entreprise, qui ne concerne que les prestataires, la complexité de la réglementation incite de plus en plus d'agriculteurs à déléguer les traitements.
© (JC Gutner)

"Il y en a certainement beaucoup qui vont arrêter. Ceux qui ne faisaient que quelques dizaines d'hectares, ne vont pas s'embêter à obtenir un agrément d'entreprise", anticipe Wilfrid Lecarpentier, entrepreneur de travaux agricoles à Longues-sur-Mer, dans la Bessin. Car depuis le 1er octobre, toutes les entreprises réalisant des prestations d'application de produits phytosanitaires, doivent détenir un "certificat d'entreprise". Un nouveau sésame qui n'a rien d'une simple formalité administrative. Il oblige en effet à adopter des méthodes de travail très rigoureuses, et à passer par un organisme certificateur pour réaliser des audits réguliers. "Les  GAEC, EARL,  SCEA, ... qui réalisent des travaux de pulvérisation en diversification, devront en plus créer une société de prestation de service, inscrite au registre du commerce", signale Yolaine Villain, présidente de la commission environnement de la fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT).
Wilfrid Lecarpentier, dont l'entreprise a obtenu le fameux agrément, fait les comptes, "une prestation de pulvérisation, est facturée environ 15 EUR/ha, hors produits. Il faut une certaine surface de travail, pour que cela soit rentable d'entrer dans le processus de certification".

Saut réglementaire
"Le processus de certification d'entreprise est parfois une étape difficile. Certaines entreprises n'étaient déjà pas dans les clous de la dernière réglementation. Il faut alors passer de l'âge de pierre où rien n'est formalisé, à des pratiques où tout est enregistré, noté, consigné, transmis, avec une traçabilité parfaite", souffle Patrice Durand, directeur de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT). Le syndicat accompagne en effet les entreprises dans leurs démarches de certification (voir encadré).

Un métier à part entière
Au delà de cette nouvelle obligation de certification d'entreprise, qui concerne les prestataires de travaux, l'application de produits phytosanitaires continue de se professionnaliser. Plus la réglementation se durcit, et plus l'utilisation de produits phytosanitaires devient un métier à part entière. Une compétence qu'il est de plus en plus difficile de cumuler, avec d'autres métiers (tels que l'élevage), eux aussi de plus en plus pointus et soumis à une réglementation non moins stricte. Ajouté à cela la baisse de la main d'oeuvre familiale disponible, les agriculteurs sont de plus en plus tentés de procéder à un transfert de responsabilité et d'astreinte réglementaire, vers une entreprise extérieure. "La réglementation et l'opinion publique veulent que les phytosanitaires soient sous contrôle. Si on ne va pas vers une professionnalisation de ces pratiques, on va dans le mur", insiste Patrice Durand.

"Un an, c'était trop court"
"Nous estimons que d'ici mars 2014, une très grande majorité des entreprises concernées, seront certifiées, prévoit Yolaine Villain de la FNEDT. Il n'y a pas eu de période de rodage du dispositif, nous sommes en train de découvrir des choses et l'administration elle-même est en train de découvrir des choses. Je pense qu'il aurait fallu laisser six mois de plus aux professionnels. Un an c'était trop court. Les organismes certificateurs ont également bien du mal à suivre". La fédération des entrepreneurs fait avec cette urgence régelementaire pour accompagner au mieux les entreprises. "Nous accompagnons les entreprises qui entrent dans une démarche de certification", explique Patrice Durand, directeur de la FNEDT. La fédération a construit un site Internet dédié au sujet, avec un accompagnement en ligne. En Normandie, la fédération régionale délivre aussi un accompagnement plus personnalisé. La fédération normande a sélectionné un organisme certificateur pour ses adhérents. La Basse-Normandie est particulièrement en pointe sur ce sujet.

Site Internet : www.certificationphytosanitaire.com

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Christian et Catherine Duchemin vendent La Ferme du Val d’Odon à Alain Datin
Christian et Catherine Duchemin passent la main. Alain Datin, aussi directeur du négoce D2N, a pris la tête de La Ferme du Val d'…
L'abattoir ex-AIM renaît et abatterait jusqu’à 66 000 T de porc par an
L’avenir du site de l’abattoir de Sainte-Cécile s’écrit avec la Boucherie Saint-Michel, créée par Virginie Allaire-Arrivé et…
Un jeune agriculteur décède dans l’incendie d’un poulailler près de Sées
Mercredi 21 avril 2021, le feu s’est déclenché dans un bâtiment de volailles. L’éleveur, installé à Belfonds, dans l'Orne, est…
Inquiétude dans le Bessin après l’annonce d’un septième cas de tuberculose bovine
Les éleveurs du Bessin ont été invités à une réunion d’information sur la tuberculose bovine après la découverte d’un cas en…
BLAIREAU
Tuberculose bovine : la préfète signe l’arrêté de régulation des blaireaux
Mercredi 7 avril 2021, la préfète de l’Orne Françoise Tahéri a signé l’arrêté ordonnant les prélèvements de blaireaux dans les…
Un jeune agriculteur décède dans l’incendie d’un poulailler à Belfonds
Mercredi 21 avril, le feu s’est déclenché dans un bâtiment de volailles. L’éleveur, installé à Belfonds (61), est décédé…
Publicité