Aller au contenu principal

Prise de sang : à chaque bovin son aiguille

Lors d’une prise de sang, l’aiguille est à usage unique. François Graftieaux, vétérinaire à Vire, et Pierre-Hugues Pitel, directeur du pôle santé animale de LABEO, décryptent cette pratique nécessaire à la rigueur sanitaire. Dans le cas contraire, les résultats peuvent apparaître faussés en bout de chaîne, au laboratoire d’analyse Franck Duncombe. Avec les PCR (analyse virologique), le sujet ne manque pas de piquant.

À travers les exigences de traçabilité et de qualité sanitaire, le métier d’éleveur a évolué. Les vétérinaires ont suivi cette tendance. « Nous sommes tous concernés. Nous avons changé de paradigme. Nos métiers demandent plus de rigueur, plus de paperasse », estime Pierre-Hugues Pitel, directeur du pôle santé animale de LABEO. «Quand j’étais vétérinaire praticien il y a 20 ans, utiliser la même aiguille lors des prises de sang était toléré. Les mentalités ont évolué. D’ailleurs perdre 15 secondes par vache pour changer d’aiguille n’a rien d’insurmontable. Aujourd’hui, si les problèmes sont rares, ils ne sont pas sans conséquence ».  

Un financement des collectivités publiques
La profession vétérinaire dispose d’un mandat sanitaire donné par l’administration. À ce titre, elle a donc des droits et des devoirs. Le tarif de la prise de sang est ainsi fixé par la préfecture. Au préalable, ce prix est négocié par les représentants des éleveurs, ceux des vétérinaires et l’administration. L’acte est donc facturé 2 € 90. Le matériel de prélèvement est fourni aux cabinets vétérinaires. Dans le Calvados, la facture avoisine les 35 000 € par an, financés par la collectivité. Chaque année, 300 000 analyses sont ainsi réalisées chaque année.

Des pratiques de plus en plus fiables
La grande sensibilité de la PCR renforce la nécessité absolue d’utiliser des aiguilles à usage unique lors les prélèvements.
L’échantillon ne doit pas être contaminé par le sang de l’animal précédent. Au final, certains résultats s’avèrent parfois incohérents. En bout de chaîne, le LABEO insiste sur cette bonne pratique. « Nous observons le virus dans le sang, mais avec des niveaux de contamination très faibles », explique Pierre-Hugues Pitel, directeur du pôle santé du laboratoire. Ce manque de rigueur augmente la facture finale. « Lorsque nous avons un doute, nous refaisons une analyse. C’est un coût pour l’éleveur, le GDS et la collectivité. Dans des cas extrêmes, nous pouvons aussi décider d’abattre des animaux pour de mauvaises raisons ». Des résultats aberrants provoquent également un audit de la chaîne d’analyse du laboratoire. Ce dernier doit alors vérifier ses pratiques pour déceler des contaminations possibles. Par exemple le rinçage efficace des automates.

Réaffirmer l’importance des bonnes pratiques de prélèvements
Les rares litiges se règlent à l’amiable. Ils sont devenus exceptionnels. De plus, la technologie évolue. Elle permet désormais de mener des tests génétiques pour vérifier l’origine du sang contenu dans les tubes de prélèvement.

Docteur François Graftieaux (vétérinaire à Vire) :
« une rigueur qui fait partie de notre métier »
« Quand je réalise des prises de sang pour les achats d’animaux, j’ai un lot d’aiguilles dans la poche droite. J’en change systématiquement lors de chaque prise de sang. Les aiguilles usagées terminent avec les autres déchets de soin, dans des poubelles jaunes collectées par le GDS. Sur les tubes remplis, je note les chiffres d’identification de la bête concernée », explique le docteur François Graftieaux. Pour ce vétérinaire, ce geste reste anodin. Le changement d’aiguilles répond à des exigences autant professionnelles qu’éthiques. Dans le cas contraire, le risque de fausser les analyses est avéré. Essuyer l’aiguille ne suffit pas. « C’est une ineptie. C’est la goutte restée à l’intérieur qui faussera l’analyse. Le changement d’aiguille, c’est comme une priorité à droite. C’est obligatoire. Les prises de sang sont une partie de notre boulot, nous en vivons aussi », souligne le vétérinaire.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche.
À Socopa Coutances, les frigos sont pleins, l'abattoir est saturé
Suite à l'appel à mobilisation de la FNB (Fédération nationale bovine), les responsables syndicaux de la Manche, FDSEA et JA, se…
Mathilde Audic a constaté les effets de la chaleur dans de nombreux élevages pendant et après l'épisode de canicule du début de l'été. 
Fortes chaleurs : "Chaque degré de température supplémentaire entraîne une augmentation de 10 % de la consommation d'oxygène par l'animal"
Mathilde Audic, vétérinaire à Coutances, livre son regard d'expert sur les effets des fortes chaleurs sur les animaux d'élevage…
Cette année, les Jeunes Agriculteurs de Messei accueillent la Fête de la terre, le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers.
Le programme de la Fête de la terre près de Flers
La 48e Fête de la terre se tiendra le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers. À cette…
Publicité