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Commerce
Prix des céréales : des niveaux records

En juillet 2006, le prix du blé (rendu Rouen) cotait 115 € par tonne. Il a terminé la campagne à 157 € en juin 2007. Ce niveau était déjà élevé, en progression de 36 % sur la campagne précédente !

La hausse actuelle ramène les prix aux niveaux des années 80.
La hausse actuelle ramène les prix aux niveaux des années 80.
© DR
Défiant toutes les prévisions, à mi-juillet 2007, la cotation Rouen dépassait la barre des 180 €. Courant août, elle atteignait 220 €/t puis 240 €/t, 260 €/t ! Le record a été atteint début septembre avec une cotation à 285 € (400 $/t).
Aujourd’hui, la hausse semble interrompue. Le prix oscille autour de 250 € par tonne.
Cette hausse s’est effectuée parallèlement à la hausse sur le marché mondial (cotation Chicago).
Pour les agriculteurs, les prix d’acompte à la récolte approchent les 150 € par tonne (contre 110 € en 2006), avec la promesse de compléments de prix intéressants.
Début septembre, ceux qui ont pu stocker pouvaient écouler leur blé à 230 € par tonne.

Une récolte en hausse mais décevante
Le paradoxe de cette flambée des prix est que la récolte des céréales 2007 dans le monde est en progression sur 2006. Cependant les promesses d’une récolte très abondante se sont envolées sous le coup des caprices du climat.

Les stocks mondiaux au plus bas
Depuis 2000, la consommation mondiale de céréales est supérieure à la production, ce qui a nécessité de puiser dans les stocks. Ils ont atteint un niveau très bas. L’espoir de regonfler les stocks avec la récolte 2007 ne s’est pas concrétisé.

La demande en progression, surtout en Asie
En Asie, la demande en céréales est soutenue par les retombées de la forte croissance économique, qui distribue du pouvoir d’achat. La Chine est devenue le premier acheteur sur le marché mondial. En 2006, l’Inde a acheté beaucoup de blé sur le marché mondial. Ces pays ont recours aux céréales surtout pour nourrir leurs animaux et développer leur élevage. Ailleurs, c’est la hausse des revenus pétroliers qui permet des achats importants.

Les biocarburants : un impact controversé
La plupart des gouvernements aident la production de biocarburants sous des formes variées. De ce fait, la production de biocarburants augmente chaque année. Pour la récolte actuelle, 109 millions de tonnes de céréales seront utilisées de par le monde pour la fabrication de biocarburants, c’est presque 7 % de la production mondiale de céréales.
A lui seul, ce débouché a-t-il pu déstabiliser le marché mondial ? Certains le prétendent, d’autres comme la commissaire européenne à l’Agriculture le conteste. En Europe en 2006, la production de céréales pour l’éthanol représentait seulement 3 millions de tonnes (1 % de la production) et 8 MT d’oléagineux pour le diester, la plupart sur jachères.

L’Europe aujourd’hui liée au marché mondial
Avant la réforme du marché européen des céréales, les prix européens étaient le double des prix mondiaux : un doublement du cours mondial était alors sans effet sur le marché européen. Depuis les réformes de 1992 et 1999, le prix des céréales européennes est quasiment aligné sur le prix mondial. Toute flambée de celui ci se répercute en Europe.
Des hausses de prix des grandes cultures, nous en avons connu d’autres dans le passé. Bruxelles a toujours réussi à enrayer la hausse. Cette fois-ci, les stocks d’intervention sont vides : ils ont été remis sur le marché lors de la campagne 2006. Même l’annonce de la suspension des jachères l’année prochaine n’a pas enrayé la hausse. Il est vrai que Bruxelles ne dispose plus dans son arsenal de la taxe à l’exportation, taxe dissuasive qui a été supprimée à la demande des céréaliers...

Durable ou éphémère ?
La flambée des prix observés ces derniers mois sera-t-elle durable ? De la même manière que personne ne l’avait prévue, personne ne se hasarde à faire des pronostics. Si les cotations sont parties pour être élevées sur cette campagne de commercialisation, qu’en sera-t-il pour la ou les campagnes prochaines ?
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